Temples, groupe psyché britannique formé à Kettering, revient avec Bliss, cinquième album annoncé pour le 26 juin 2026. Après Sun Structures, Volcano, Hot Motion et Exotico, le groupe mené par James Bagshaw déplace son rock psychédélique vers des textures électroniques et une pulsation plus club. L’affaire est simple : Temples ne renie pas ses guitares, mais essaie de les sortir du salon vintage.
Temples groupe psyché : la jolie cage des débuts
Temples arrive au début des années 2010 avec une silhouette immédiatement reconnaissable. Cheveux longs, guitares claires, voix haut perchée, claviers brumeux, pochettes aux couleurs passées. Le décor est planté avant même que le premier refrain ne démarre. Le groupe vient de Kettering, dans le Northamptonshire, loin des cartes postales habituelles du rock anglais. Cela lui donne presque un avantage. Pas de capitale à mythifier, pas de scène à réciter. Juste une chambre, des instruments, des sons qui tournent en rond jusqu’à trouver une forme. Sun Structures, premier album sorti en 2014 chez Heavenly Recordings, installe Temples dans le revival psychédélique britannique avec “Shelter Song”, “Keep In The Dark” ou “Mesmerise”.
Ce premier disque fonctionne parce qu’il ne cache pas ses références. On entend la pop sixties, le rock psyché anglais, les harmonies qui brillent comme des ampoules trop chaudes. Temples ne prétend pas inventer un langage. Nous sommes quand même très loin de Pink Floyd. Le groupe polit un vocabulaire ancien avec une précision presque maniaque. C’est beau, mais c’est aussi très cadré. Le psychédélisme, chez Temples, n’a jamais vraiment eu les chaussures pleines de boue.
Albums charnières, miroirs et excès de lumière
Avec Volcano, sorti en 2017, Temples cherche plus grand. Les synthés prennent davantage de place, les arrangements montent en couleur, les chansons regardent vers une pop plus large. Le groupe ne change pas de peau, il ajoute des couches. Cela donne un disque plus dense, parfois plus brillant, avec ce petit risque bien connu : quand tout scintille, plus rien ne dépasse vraiment. Temples garde pourtant son sens de la mélodie. Il sait faire tourner une ligne de basse, suspendre un refrain. Le mécanisme reste élégant, mais commence aussi à montrer ses limites.
Hot Motion, en 2019, remet un peu de nerf dans l’histoire. Les guitares reviennent plus frontales, le son paraît moins poudré, l’allure plus rock. Ce n’est pas une rupture, plutôt un réajustement. Temples comprend qu’un groupe psyché peut vite devenir son propre frein. Il pousse donc le volume, raccourcit certaines ombres, garde la structure pop au centre. Puis vient Exotico, en 2023, produit par Sean Ono Lennon et mixé par Dave Fridmann. Là, le groupe choisit le grand format : île imaginaire, collage psychédélique, krautrock, dream-pop, production large. L’évasion est belle, mais toujours très contrôlée.
Bliss, ou comment sortir du rétro sans jeter les fleurs
Bliss arrive donc comme une tentative de renouvellement. Le nouvel album est annoncé pour le 26 juin 2026, avec “Jet Stream Heart” comme premier single. Le morceau avance sur une pulsation plus électronique, avec un goût plus net pour la dance music des années 1990 et 2000. Pas d’inquiétudes à avoir, Temples garde les guitares. Mais, elles ne sont plus seulement là pour dessiner des volutes psyché. Elles frottent contre des boucles, des basses plus fermes, des claviers moins décoratifs. Le groupe parle moins à la collection de vinyles qu’au sol d’une salle sombre. C’est une bonne direction. Un groupe qui a longtemps regardé les lampes orange peut bien finir par regarder le stroboscope.
Temples : Bliss (temples / V2 records) – Sortie le 26 juin 2026






















