Björk ouvre Echolalia à la National Gallery of Iceland, à Reykjavík, du 31 mai au 20 septembre 2026. L’exposition réunit trois installations audiovisuelles de grande échelle, dont Ancestress et Sorrowful Soil, deux œuvres liées à l’album Fossora. Une nouvelle pièce donne aussi un aperçu d’un prochain projet musical. À côté, James Merry, collaborateur de longue date de Björk, présente Metamorphlings.
Björk Echolalia, le musée comme chambre d’écho
À Reykjavík, Björk ne revient pas seulement au pays. Elle rentre dans un musée, avec tout son matériel habituel : voix, paysages, deuil, technologie, costumes improbables et nature… Echolalia occupe les trois premières salles de la National Gallery of Iceland. L’institution annonce trois chansons présentées pour la première fois. Deux viennent de Fossora, paru en 2022 : Ancestress et Sorrowful Soil. La troisième est une œuvre nouvelle, tirée du prochain album de la chanteuse, encore sans titre. Effectivement, Echolalia n’est pas annoncé comme le titre de l’album. C’est le nom de l’exposition, ce qui évite déjà quelques emballements de forum.
Ancestress est présenté comme une lamentation autour du cycle de la vie. L’œuvre se déroule dans une vallée isolée en Islande, sous forme de procession avec musiciens et danseurs. Sorrowful Soil, lui, prend la forme d’un requiem choral en neuf parties. Trente haut-parleurs diffusent chacun une voix du Hamrahlíð Choir, dirigé par Þorgerður Ingólfsdóttir. Le dispositif transforme la salle en caisse de résonance, pas en simple salle d’écoute améliorée. On entre, on se déplace, la voix change de place. Björk a souvent fait du son un décor. Ici, le décor répond.
Fossora, deuil, chœur et prochain album
Le cœur de Echolalia reste donc très lié à Fossora, disque traversé par la terre, les racines, les champignons et la disparition de la mère de Björk. La National Gallery of Iceland précise que Ancestress et Sorrowful Soil ont été composés et arrangés en hommage à sa mère. L’exposition ne se contente pas d’accrocher des clips au mur, ce qui serait la version paresseuse du musée pop. Elle reprend ces morceaux comme des oeuvres physiques. Le chœur devient architecture. La vallée devient scène. La procession devient forme. Chez Björk, même le deuil finit par avoir une scénographie. Mais ici, l’ampleur sert le sujet, pas seulement le goût du dispositif.
La partie la plus surveillée est évidemment la pièce nouvelle. Selon la National Gallery of Iceland, elle est dérivée du prochain album de Björk. Mixmag rapporte que l’artiste a clarifié sur Instagram qu’elle partagerait une version d’une nouvelle chanson dans l’une des salles. L’album est attendu en 2027.
James Merry, masques et métamorphoses
En parallèle, la quatrième salle accueille Metamorphlings, exposition consacrée à James Merry. La National Gallery of Iceland la présente comme la première rétrospective muséale de son travail. Plus de 80 œuvres y sont réunies. On y trouve des masques, de la broderie, du métal, de l’impression 3D, des bijoux et des dispositifs numériques. Merry travaille depuis longtemps avec Björk, notamment autour de la transformation du visage et du corps. Ses pièces ont vécu sur scène, dans la mode, dans la performance. Le musée les arrête enfin quelques minutes.
L’ensemble inscrit Echolalia dans un moment plus large. Le Reykjavík Arts Festival annonce l’ouverture le 30 mai à 18 h, puis des horaires quotidiens de 10 h à 17 h. On a signalé aussi la présence de Björk à l’ouverture, vêtue par Bottega Veneta, partenaire du projet. Le 12 août 2026, Björk doit prolonger l’affaire avec un événement Echolalia lié à l’éclipse solaire. Björk et Arca y joueront des DJ sets, avec Ronja Jóhannsdóttir et Sideproject également annoncés. Voilà donc le programme : un musée, trente haut-parleurs, des masques, une éclipse. Pour une fois, “immersif” veut peut-être dire quelque chose.
Björk : Echolalia – National Gallery of Iceland, Reykjavík, Islande – du 31 mai au 20 septembre 2026 – Site officiel






















