Les sorties albums du vendredi 31 juillet 2026 sont dominées par Petal, le nouvel album d’Ariana Grande. Mais Shaboozey, Arca, Davido, DOMi & JD BECK, The Durutti Column, Trashcan Sinatras et Shearwater donnent à cette semaine un spectre plus large, entre pop, country, électro, afrobeats, jazz et rock indépendant.
Sorties albums du 31 juillet 2026 : Ariana Grande prend la lumière
Le vendredi 31 juillet 2026 oppose moins Ariana Grande à Shaboozey et Arca qu’il ne montre trois façons d’occuper la place. Avec Petal, Ariana Grande signe la sortie la plus exposée de la semaine. Son huitième album paraît chez Republic, deux ans après Eternal Sunshine. Grande l’a coécrit et coproduit avec Ilya Salmanzadeh, partenaire déjà ancien de sa pop. Les douze titres préfèrent une tension contenue aux démonstrations vocales permanentes. Des nappes électroniques, des harmonies fantomatiques et un vernis années 1980 installent une lumière froide. Hate That I Made You Love Me avait annoncé cette colère tenue à distance. Petal ne renonce pas au format pop, il en baisse très nettement la température.
Shaboozey prend l’autre route avec The Outlaw Cherie Lee & Other Western Tales. Ce quatrième album sort chez American Dogwood après Where I’ve Been, Isn’t Where I’m Going, publié en 2024. Le disque déroule vingt morceaux autour de Cherie Lee, une héroïne contrainte de remettre son monde en question. Jamie Foxx et Sam Elliott interviennent comme narrateurs. Kehlani, Gunna et Leon Bridges figurent parmi les invités. Violons, ballades country, scènes de saloon et traces de hip-hop alimentent ce western sonore. Shaboozey passe ainsi du journal personnel au récit construit. Le disque ne traite pas le western comme un simple accessoire de clip, ce qui est déjà une (bonne) décision.
Arca, Davido et DOMi & JD BECK déplacent le centre
Arca attaque la journée par son bord le plus instable. XXXXX paraît chez XL Recordings, près de cinq ans après le dernier volet de sa série KiCk. L’album compte seize titres et n’a été précédé par aucun single. Il a même été annoncé onze jours avant sa sortie. D’abord envisagé comme une mixtape, le projet s’enfonce dans le glitch, l’IDM sombre et une musique de club largement démontée. Des éléments classiques et pop traversent cette matière sans vraiment la calmer. Arca retrouve ici le frottement entre la voix, la machine et le corps. Face à une pop souvent polie jusqu’à l’effacement, XXXXX laisse volontairement les angles dépasser.
Davido n’est pas non plus très chaud patate pour le petit format avec Oriadé. Son sixième album rassemble treize morceaux en trente-six minutes. Il paraît sous Davido Music Worldwide, avec une licence accordée à Sony Music Entertainment UK. Le titre associe les mots yoruba liés à la tête, au destin et à la couronne. Davido présente ce disque comme un retour vers des bases africaines, sans chercher à lisser l’afrobeats pour l’exportation. Black Sherif, Leon Thomas, Mayorkun, Fola et Llona participent au projet. Aya Nakamura apparaît sur Yaya. Sa présence offre un point d’entrée français, mais Oriadé n’attend pas cette validation pour trouver sa place.
DOMi & JD BECK referment ce bloc avec WHO ASKED?, publié par APESHIT et Blue Note Records. Il s’agit du deuxième album du duo formé par la claviériste française DOMi Louna et le batteur texan JD Beck. Le disque a été fabriqué pendant plus de deux ans, principalement dans leur studio à Dallas. Les compositions ont d’abord été écrites sur logiciel de notation avant d’être jouées. Le duo chante désormais sur la majorité des morceaux. Cordes, bois et cuivres rejoignent les claviers et la batterie dans des arrangements très serrés. La virtuosité reste là, mais elle sert davantage les chansons que la démonstration. Le jazz gagne rarement à rester sous une cloche, et DOMi & JD BECK semblent avoir trouvé la poignée.
Le rock revient sans refaire la photo de classe
Le vendredi appartient aussi à The Durutti Column. Renascent sort chez London Records et marque le premier album de compositions inédites du groupe depuis A Paean to Wilson en 2010. Vini Reilly retrouve le percussionniste Bruce Mitchell et le musicien-producteur Keir Stewart. Une partie des séances s’est tenue par petites touches, jusque dans la cuisine de Reilly. Les onze morceaux conservent cette guitare claire qui semble avancer dans une pièce presque vide. Des nappes, un piano discret et des rythmes retenus occupent l’arrière-plan. Liars place même la voix très bas dans le mix, comme si elle hésitait à rester. Renascent ne transforme donc pas le retour en conférence de presse permanente.
À une échelle voisine, Trashcan Sinatras et Shearwater organisent deux retours sans tapage inutile. Trashcan Sinatras publie Ever the Optimist, son septième album et le premier depuis dix ans. Ses onze titres sortent sur TCS Recordings. Produit par Paul Savage, le disque accueille Tracyanne Campbell et Green Gartside sur deux morceaux distincts. Shearwater publie de son côté The New World sur son propre label Polyborus, avec Secretly Distribution. Ce premier album autoproduit par le groupe réunit neuf titres issus de quatre années de travail. Jonathan Meiburg y intègre notamment des prises de son réalisées pendant ses recherches en Antarctique.
Sources :
- Pitchfork — « 9 New Albums You Should Listen to Now: Ariana Grande, the Durutti Column, and More », 31 juillet 2026.
- Pitchfork — « Ariana Grande Announces New Album Petal », 28 avril 2026.
- Pitchfork — « Shaboozey Returns With New Album The Outlaw Cherie Lee & Other Western Tales », 20 avril 2026.
- Stereogum — « Arca Announces New Album XXXXX », 20 juillet 2026.
- Apple Music — Oriadé de Davido, 31 juillet 2026.
- Blue Note Records — « DOMi & JD BECK: WHO ASKED? », 31 juillet 2026.
- Pitchfork — « The Durutti Column Announce First Album in 16 Years », 27 mai 2026.
- Trashcan Sinatras — « Ever the Optimist », 15 avril 2026.
- Shearwater — « Our New Album The New World Launches July 31 », 11 mai 2026.






















