Catherine Ringer est morte à 68 ans, a annoncé sa famille à l’Agence France-Presse mardi 15 septembre 2026. Chanteuse des Rita Mitsouko avec Fred Chichin, elle avait construit une carrière entre rock, chanson, funk, théâtre et danse. Le lieu et les circonstances de son décès n’ont pas été précisés au moment de cette publication.
Mort de Catherine Ringer : une voix immédiatement physique
La famille de Catherine Ringer a annoncé sa mort à l’Agence France-Presse le 15 septembre 2026. La chanteuse avait 68 ans. À cette heure, aucun détail public n’a été donné sur le lieu ou les circonstances de son décès. Née le 18 octobre 1957 à Suresnes, Catherine Ringer s’était d’abord formée par la scène, la danse et le théâtre. Dans les années 1970, elle travaille notamment avec Michael Lonsdale, Marc’O et la chorégraphe Marcia Moretto. Elle participe aussi à N’Shima, une œuvre de Iannis Xenakis présentée au Théâtre de la Ville à Paris. Ces expériences lui apprennent à faire passer une chanson par le visage, les bras et les jambes. Chez Catherine Ringer, la voix n’est jamais restée sagement derrière le micro.
Sur scène, son corps suivait chaque rupture de rythme. Les épaules partaient d’un côté, les mains découpaient l’air, les yeux changeaient brusquement de cible. Elle pouvait attaquer une phrase avec une voix grave, presque parlée, puis monter dans l’aigu sans prévenir. Elle utilisait aussi les rires, les cris, les accents et les silences. Sa diction conservait les consonnes, même lorsque les synthétiseurs et les guitares occupaient tout l’espace. Cette manière de chanter venait autant du théâtre que du rock ou de la chanson française. Elle permettait de passer du comique à l’inquiétude dans le même morceau.
Avec Fred Chichin, la pop comme atelier
Catherine Ringer rencontre Fred Chichin en 1979 pendant les répétitions d’un spectacle musical. Ils forment plusieurs projets avant de choisir le duo et le nom Rita Mitsouko. Leurs premiers concerts passent par de petites salles parisiennes, dont le Gibus. Ils travaillent chez eux, enregistrent, arrangent et manipulent les sons dans leur propre studio. Leur premier album, Rita Mitsouko, paraît en 1984. Marcia Baïla, écrit en hommage à Marcia Moretto, devient un succès national en 1985. La chanson parle de la mort avec une ligne de basse dansante, des claviers nerveux et une voix qui semble refuser l’immobilité. Le clip de Philippe Gautier réunit peintures, danseurs, couleurs saturées, récupération et costumes empruntés notamment à Jean Paul Gaultier et Thierry Mugler.
Ce succès ne transforme pas les Rita Mitsouko en groupe à formule. Avec le producteur Tony Visconti, Catherine Ringer et Fred Chichin enregistrent The No Comprendo, publié en 1986. Andy, C’est comme ça et Les Histoires d’A. montrent une écriture où le funk, le rock, les machines et les mélodies françaises se frottent sans demander un arbitre. Le clip de C’est comme ça, réalisé par Jean-Baptiste Mondino, prolonge ce travail sur les corps et les images. Jean-Luc Godard filme une partie de la fabrication de l’album pour Soigne ta droite. Les Rita Mitsouko poursuivent avec Marc & Robert en 1988, auquel participent Ron et Russell Mael de Sparks. Système D, en 1993, accueille ensuite Iggy Pop sur My Love Is Bad, avant Cool Frénésie en 2000 et La Femme trombone en 2002. Dans chaque disque, Catherine Ringer change de registre sans perdre cette diction coupante qui rend immédiatement reconnaissable une syllabe, parfois avant même la mélodie.
Continuer seule, sans effacer les Rita Mitsouko
En 2007, les Rita Mitsouko publient Variéty, produit avec Mark Plati. Fred Chichin meurt d’un cancer le 28 novembre de la même année, alors que la tournée vient d’être interrompue. Sa disparition met fin au duo, mais pas au travail déjà engagé. En 2008, Catherine Ringer reprend la scène sous l’intitulé Catherine Ringer chante Les Rita Mitsouko and more. Le choix est précis : elle garde les chansons, mais ne remplace pas Fred Chichin. Sur scène, sa voix porte désormais les deux côtés du répertoire, le dialogue et son absence. Son fils Raoul Chichin l’accompagne à la guitare sur plusieurs tournées, sans jouer au double du père. Continuer devient alors un geste musical très concret : reprendre les morceaux, modifier les arrangements et retourner devant le public.
Ring n’ Roll, son premier album studio sous son seul nom, paraît en 2011. Elle y retrouve Mark Plati et aborde directement le manque dans des chansons comme Malheur et Prends-moi. Cette période lui vaut la Victoire de la musique de l’artiste interprète féminine en 2012. Elle rejoint ensuite Eduardo Makaroff et Christoph H. Müller, membres de Gotan Project, pour l’album A New Tango Song Book de Plaza Francia en 2014. En 2017, Chroniques et Fantaisies remet au premier plan ses personnages, son goût du récit et ses changements de ton. Catherine Ringer repart en 2019 avec le spectacle Catherine Ringer chante les Rita Mitsouko, présenté notamment à la Philharmonie de Paris. L’enregistrement de ces concerts paraît en 2020, avec une voix plus grave par endroits, mais toujours mobile et physique. Elle ne rejoue pas alors les Rita Mitsouko comme on dépoussière une vitrine : les chansons retrouvent des muscles, des couleurs et un peu de désordre.
Sources
- Le Parisien – Catherine Ringer, la chanteuse des Rita Mitsouko, est morte – 2026
- Le Monde – Dadaïstes et rebelles, c’était comme ça les Rita Mitsouko – 2019
- Le Monde – Catherine Ringer : c’est comme ça – 2011
- RTL – Catherine Ringer raconte les secrets de l’album culte « The No Comprendo » – 2020
- Philharmonie de Paris – Catherine Ringer chante les Rita Mitsouko – 2019
- Catherine Ringer – Bandcamp – Chroniques et fantaisies – 2017




















