Accueil / Musique / Nothing Compares 2 Live / Rock en Seine 2026 : Slowdive, Mogwai, Interpol et The Cure ferment le festival à Saint-Cloud

Rock en Seine 2026 : Slowdive, Mogwai, Interpol et The Cure ferment le festival à Saint-Cloud

Robert Smith, chanteur du groupe The Cure, en concert lors du festival Rock en Seine à Saint Cloud le 3à août 2026

Rock en Seine 2026 s’est achevé dimanche 30 août au Domaine national de Saint-Cloud avec Slowdive, Mogwai, Interpol et The Cure. Cette dernière journée a fait glisser le festival des guitares brumeuses de l’après-midi vers les chansons noires de Robert Smith, devant une Grande Scène saturée par la foule.

Rock en Seine 2026 : Slowdive et Mogwai épaississent le son

À 16 h 25, Slowdive occupe la Grande Scène en plein après-midi. Pas exactement l’abri naturel d’un groupe habitué aux lumières basses et aux guitares qui avancent masquées. Une diffusion de « Deep Blue Day » de Brian Eno précède l’arrivée des musiciens. « Star Roving » ouvre ensuite le concert avec une attaque assez franche pour remplir l’espace. On note quand même une clarté du son, la voix de Rachel Goswell et les couches de guitares posées par Neil Halstead et Christian Savill. La sélection accorde cinq titres à Souvlaki, parmi lesquels « Machine Gun », « Alison » et « When the Sun Hits ». « Sugar for the Pill » et « kisses » rappellent que Slowdive ne vit pas seulement de ses années 1990. Le groupe ne cherche pas le mouvement de foule : il étire les morceaux, laisse les voix flotter et termine avec « 40 Days ». Devant une scène de festival, cette retenue pourrait disparaître dans le décor. Elle tient pourtant sans forcer le trait.

Mogwai choisit une méthode plus physique à 19 h 40 sur la Scène BoursoBank. Le concert dure environ une heure et dix minutes. Il commence avec « God Gets You Back », suivi de « Hi Chaos », deux titres de The Bad Fire, paru en janvier 2025. « Fanzine Made of Flesh », tiré du même album, arrivera plus tard. Les Écossais partent de motifs simples, les répètent, puis augmentent la pression jusqu’à faire de la saturation une matière presque solide. « Auto Rock », « Remurdered » et « We’re No Here » organisent cette montée… Le dernier morceau, « Mogwai Fear Satan », dépasse les seize minutes et referme le set dans un déluge de guitares. Une partie du public commence pourtant à quitter la zone pour gagner la Grande Scène avant The Cure. Cruauté très ordinaire des festivals.

Interpol, d’abord impeccable, enfin vivant

Interpol arrive sur la Grande Scène avec un album sorti deux jours plus tôt. This Mirror Weighs a Ton fournit le titre d’ouverture et trois autres morceaux : « See Out Loud », « Iron City » et « Wings on Fire ». Le groupe ne transforme donc pas Rock en Seine en simple réunion d’anciens élèves de 2002. Il installe ses nouvelles chansons au milieu de « Evil », « C’mere » et « NYC ». Paul Banks reste caché derrière ses lunettes noires et cette voix qui semble toujours annoncer une mauvaise nouvelle avec beaucoup de politesse. Daniel Kessler découpe les morceaux avec ses lignes de guitare sèches. Sam Fogarino maintient une pulsation stricte. Tout est propre, aligné, presque trop bien rangé.

Une première partie distante. Les morceaux avancent, mais la tension reste enfermée dans leur construction. Le contrôle, chez Interpol, est une qualité. Poussé aussi loin, il devient parfois une vitre. « Obstacle 1 » provoque un premier réveil, sans encore casser cette impression de disque joué grandeur nature. Le déclic intervient dans la dernière ligne droite. « Pioneer to the Falls » et « The New » ouvrent davantage les instruments, avant « Slow Hands » et « PDA ». Le groupe gagne enfin en volume, la foule répond et le concert trouve l’urgence qu’il retenait jusque-là. Quatre morceaux suffisent pour changer la température, pas tout à fait pour effacer l’attente.

Paul Banks du groupe Interpol en concert sur la grande scène du festival Rock en Seine 2026 à Saint Cloud le 30 août 2026
Interpol – Rock en Seine 2026 – Photo DR

The Cure referme la nuit sans décor inutile

À quelques minutes de 20 h 55, l’accès à la Grande Scène devient difficile avec une foule débordant jusque sur les chemins voisins, avec des points de circulation très encombrés. Environ 40 000 personnes sont annoncées pour cette journée complète. The Cure revient à Rock en Seine sept ans après son précédent passage. Robert Smith entre vêtu de noir et observe longuement le public avant de commencer. « Alone », tiré de Songs of a Lost World, ouvre le concert sans chercher l’effet immédiat. « Pictures of You », « High » et « Lovesong » installent ensuite une suite de mélodies beaucoup moins fragiles qu’elles en ont l’air. La voix de Robert Smith reste nette, soutenue par la basse de Simon Gallup, les claviers de Roger O’Donnell et une batterie tenue sans lourdeur. Aucun dispositif énorme ne vient détourner l’attention. Après presque un demi-siècle de carrière, les chansons ont appris à travailler seules.

Le premier mouvement du concert traverse « Fascination Street », « Push », « In Between Days » et « Just Like Heaven » avant de revenir vers les premiers albums avec « Secrets », « Play for Today » et « A Forest ». Gabriel Cooper rejoint le groupe au saxophone sur « A Night Like This ». « From the Edge of the Deep Green Sea » puis « Endsong » ferment cette partie dans une tension plus sombre. Le rappel change volontairement de couleur. « Lullaby », « The Walk », « Mint Car », « The Lovecats » et « Friday I’m in Love » ramènent le versant pop de The Cure. La profondeur y perd parfois un peu, mais le public gagne les refrains qu’il attendait. « Close to Me » et « Why Can’t I Be You? » prolongent cette sortie plus légère. Après trente morceaux et environ deux heures vingt de concert, « Boys Don’t Cry » met fin à Rock en Seine 2026. La nuit avait commencé dans le brouillard de Slowdive. Elle se termine sur une chanson que plusieurs générations connaissent dès les premières secondes.


Festival Rock en Seine 2026 – à Saint Cloud –  du 26 au 30 août 2026 – Site officiel

Étiquetté :