Sam Smith publie Hazel Eyes le 21 août 2026 chez Capitol. Ce cinquième album ramène l’artiste britannique vers une pop intime après le spectacle chargé de Gloria et le choc mondial d’Unholy. De In the Lonely Hour à cette nouvelle accalmie, le parcours tient sur une voix immédiatement reconnue, des chansons d’amour très contrôlées et une transformation publique nettement moins sage.
Sam Smith : une voix entrée par la piste de danse
Le 21 août 2026, Sam Smith a donc dévoilé Hazel Eyes, disque aux teintes brunes et au son resserré. Pour comprendre ce calme, il faut revenir à un morceau qui ne l’était guère. En 2012, Latch installe cette voix sur une production de Disclosure. Sam Smith étire les syllabes et passe d’un grave souple à un falsetto déjà très assuré. L’artiste n’a alors ni album ni contrat avec une grande maison de disques. Avec Jimmy Napes, rencontré après une installation à Londres, Sam Smith a pourtant déjà commencé à écrire. La ballade Lay Me Down déplace bientôt cette voix du club vers un piano, un micro et beaucoup d’espace vide.
In the Lonely Hour, paru en mai 2014, transforme un amour non partagé en ligne directrice. Sur Stay With Me, quelques accords de piano, des claquements de mains et un chœur suffisent à construire le décor. Sam Smith chante près du micro, puis ouvre brusquement la voix lorsque le refrain réclame sa dose de gospel. L’album atteint la première place au Royaume-Uni et la deuxième aux États-Unis. Aux Grammy Awards 2015, Sam Smith repart avec quatre récompenses, dont celles du meilleur nouvel artiste et de l’enregistrement de l’année. La même année, une hémorragie des cordes vocales impose une opération et plusieurs semaines de silence. Writing’s on the Wall, composé avec Jimmy Napes pour le film Spectre, reçoit ensuite l’Oscar de la meilleure chanson originale en février 2016.

Le chagrin comme méthode, puis comme piège
The Thrill of It All, sorti en 2017, ne dynamite pas. Too Good at Goodbyes remet le piano, les chœurs et la rupture au centre des affaires. L’album entre directement à la première place des ventes britanniques. Sur HIM, Sam Smith utilise la forme du cantique pour parler de foi, de jugement et d’amour entre hommes. Ailleurs, les productions restent lisses et la voix porte presque seule le poids des chansons. Cette maîtrise impressionne, mais elle finit aussi par réduire les risques. Promises, enregistré avec Calvin Harris en 2018, replace Sam Smith sur une pulsation house et atteint la première place britannique. Love Goes, en 2020, tente de réunir ballades et dance-pop, sans toujours éviter cette impression de tristesse soigneusement repassée.
La fracture la plus risquée se joue d’abord hors des albums. En septembre 2019, Sam Smith annonce utiliser les pronoms anglais they et them. Quelques mois auparavant, une conversation avec Jameela Jamil avait déjà lié les difficultés vécues avec le corps aux questions de genre. Dans un entretien accordé à British GQ en 2022, Sam Smith explique avoir quitté l’école avec du maquillage, des couleurs et de grandes fleurs, avant de voir cette flamboyance se réduire à Londres. L’image des débuts repose effectivement sur des costumes sombres, des chemises sages et des poses assez fixes. Le clip de How Do You Sleep?, en 2019, montre au contraire Sam Smith en talons, au milieu d’une chorégraphie précise. Le corps ne sert plus seulement à soutenir une voix : il danse, se cambre et occupe l’image. Les chansons ne suivent pas toutes immédiatement…

Après Unholy, le scandale puis l’accalmie
Unholy, duo avec Kim Petras publié en septembre 2022, fait sauter ce dernier verrou. La production empile chœur déformé, basse comprimée et percussion métallique dans un morceau bref, conçu pour frapper sans trop se poser de questions. Le titre offre à Sam Smith un premier numéro un aux États-Unis. Il reçoit aussi le Grammy de la meilleure performance pop en duo ou en groupe en 2023. Lors de la cérémonie, lumière rouge, haut-de-forme à cornes et flammes fournissent aux commentateurs conservateurs leur exercice d’indignation hebdomadaire. Gloria, publié en janvier 2023, développe ce mélange de désir, de gospel et de dance-pop. Le disque reste inégal : derrière l’efficacité d’Unholy, certaines chansons retrouvent une pop beaucoup plus prudente. Le costume noir gonflable dessiné par HARRI pour les Brit Awards, puis les critiques visant les clips, montrent surtout que le corps de Sam Smith est désormais observé avec une insistance rarement appliquée aux silhouettes plus conformes.
Hazel Eyes choisit le mouvement inverse. Il s’agit du premier album que Sam Smith crédite également comme coproducteur. Simon Aldred, déjà présent sur le premier disque, accompagne cette méthode de travail plus libre et moins dépendante des sessions pop minutées. Certaines paroles ont été écrites au comptoir de Julius’, bar gay historique du West Village à New York. Des séances avec les Dap-Kings se sont prolongées tard dans la nuit, loin du planning très raisonnable des studios habituels. Les chansons parlent cette fois d’un amour partagé, inspiré notamment par la relation avec le créateur Christian Cowan. La voix se rapproche des instruments, avec davantage de folk, de blues et de soul, sans abandonner son goût pour les grands sentiments. La tournée To Be Free suit ce resserrement avec quelques villes et des salles plus petites, après les décors massifs et les changements de costumes de Gloria. Le Financial Times a relevé le retour de certains réflexes très confortables de la pop adulte, et le reproche tient : Sam Smith change plus facilement de décor que de nature.
Sam Smith : Hazel Eyes (Capitol) – Sorti le 21 août 2026
Sources :
- The Guardian – ‘It was lonely being a young queer artist’: Sam Smith on finding health, happiness – and their hazel-eyed fiance – 2026
- Sam Smith – site officiel – Sam Smith | Official Site – 2026
- The Fader – Cover Story: Sam Smith – 2014
- Official Charts – Sam Smith’s Top 20 Official biggest songs in the UK: Ranked and revealed – 2023
- Grammy Awards – Sam Smith
- Oscars – The 88th Academy Awards – 2016
- British GQ – Sam Smith on Unholy, the message behind their new music and becoming confident in their own skin – 2022
- Associated Press – Air apparent: Sam Smith goes viral with Brit Awards outfit – 2023
- Financial Times – Sam Smith returns to their Radio 2-friendly roots with Hazel Eyes – album review – 2026




















