Créée à Paris par Marc Briant-Terlet et Kim Mazzilli, la marque de cosmétiques Horace a d’abord vendu les produits d’autres maisons sur son site, ouvert en 2015. Elle a lancé ses propres soins en novembre 2016. En septembre 2026, son répertoire affiche 21 adresses en France et au Royaume-Uni. Entre les deux, Horace a dû apprendre à parler du soin masculin en ligne, puis à le vendre en face à face.
La marque Horace commence par des questions
En septembre 2026, Horace affiche 21 adresses en France et au Royaume-Uni. Le chiffre donne la mesure du chemin parcouru par cette marque de cosmétiques partie d’un site parisien. En 2015, Marc Briant-Terlet et Kim Mazzilli n’y vendent pas encore leurs propres soins. Leur sélection réunit des produits d’autres marques, difficiles à trouver ou à choisir selon eux. Horace est alors un commerce en ligne autant qu’un lieu de conseil. Les deux fondateurs publient des guides pour expliquer à quoi sert un nettoyant ou comment choisir un soin. Le produit doit avoir un nom compréhensible. La question du client mérite une réponse claire.
Marc Briant-Terlet raconte à l’époque répondre lui-même aux commentaires et aux messages reçus par le site. Cette proximité devient une méthode de travail. Les fondateurs demandent aux acheteurs ce qu’ils utilisent et ce qui leur manque. Ils disposent ainsi d’une conversation que les rayons de grande surface ne permettent guère. Kim Mazzilli explique qu’ils ont commencé par distribuer d’autres marques pendant que leurs formules étaient développées avec des laboratoires français.
Les premiers produits portent sur deux gestes ordinaires : nettoyer et hydrater le visage. Horace évite de leur donner des noms qui exigeraient un mode d’emploi avant même d’ouvrir le flacon. Ce choix répond aussi à une façon de montrer les hommes. Dans ses textes et ses images, la marque dit vouloir s’éloigner des corps uniformes et des promesses de virilité. Ce discours reste celui d’une entreprise qui vend des soins. Il marque néanmoins une différence avec les codes publicitaires que Marc Briant-Terlet critiquait dès les débuts du site. Chez Horace, le soin du visage peut tenir dans une phrase simple. C’est aussi une manière de rendre l’achat moins embarrassant.

Des cosmétiques Horace développés avec des laboratoires
Passer de la sélection à la fabrication change la nature du travail. Horace doit désormais décider de la texture, du parfum, du flacon et du prix. La marque travaille avec des laboratoires partenaires français pour développer et produire ses soins. Elle ne publie pas pour autant une adresse d’usine précise pour chaque référence. Il serait donc trompeur de situer toute la fabrication dans un atelier unique. Horace affirme que ses soins et ses parfums sont fabriqués en France. La formulation et la production mobilisent des partenaires extérieurs. Le rôle de la marque se joue dans les choix qu’elle leur soumet et dans les produits qu’elle retient.
La conversation avec les clients continue après le lancement des premiers flacons. Dans un entretien publié en 2025, Marc Briant-Terlet décrit l’envoi de prototypes à des personnes concernées par le besoin auquel répond un soin. Il évoque un fichier de plus de 6 000 clients et des essais auprès de groupes de 25 personnes. Ce sont ses chiffres et sa description du processus. Ils montrent, au moins, ce que Horace cherche à conserver de son premier modèle en ligne : des retours directs avant la mise en vente. Une formule ne se décide pas seulement à partir d’un argument de campagne. Elle passe aussi par ceux qui devront l’appliquer chaque matin. Le dialogue initial devient une partie du développement des produits.
La gamme s’est depuis étendue au corps, aux cheveux, au rasage et au parfum comme son excellent Ibiza’ 87. Ces catégories disent quelque chose de la place prise par Horace dans la salle de bains, sans qu’il soit nécessaire d’aligner les références. La marque affirme privilégier des emballages sans suremballage inutile. Elle indique aussi avoir obtenu la certification B Corp en 2025. La question concrète reste celle de la fabrication à plus grande échelle. À mesure que les points de vente se multiplient, Horace doit approvisionner davantage de rayons. Le flacon demeure le même objet ; les opérations derrière lui changent de taille.

De la page produit à la rue Vieille du Temple
Avant sa première boutique permanente, Horace teste la vente physique à Paris. Un magasin éphémère ouvre rue des Filles du Calvaire à l’automne 2019. Les soins peuvent enfin être vus, sentis et essayés ailleurs que sur un écran. La première boutique permanente suit en juin 2020, au 68 rue Vieille du Temple, dans le Marais, à Paris. Son ouverture intervient après le début de la pandémie, qui a retardé le projet selon Marc Briant-Terlet. Le changement dépasse la présence d’une caisse et d’un stock. Les questions posées par message se posent désormais devant les produits. Le conseil en ligne prend une voix, une adresse et des horaires.
Aujourd’hui, le site de Horace recense 21 adresses : 19 en France et deux au Royaume-Uni. Ce répertoire inclut notamment un espace aux Galeries Lafayette à Paris. La marque vend également sur son site et par d’autres circuits de distribution. Son parcours ne se résume plus à la vente directe qui accompagnait ses débuts. Ouvrir une adresse permet de rencontrer des acheteurs qui ne seraient jamais venus chercher un soin sur Horace.com. Cela impose aussi de tenir une boutique, de former des équipes et de choisir où s’installer.
Le mouvement ramène Horace à sa question de départ. Comment aider quelqu’un à choisir un soin sans lui faire sentir qu’il devrait déjà tout savoir ? En 2015, la réponse passait par des guides et des messages. En 2026, elle passe aussi par le comptoir d’une boutique à Paris, à Lyon ou à Londres. Marc Briant-Terlet et Kim Mazzilli ont fait d’un site de sélection une marque de cosmétiques, puis un réseau de vente. Ce passage donne davantage de visibilité aux flacons et davantage de poids aux décisions de fabrication. Il rend aussi la promesse de simplicité plus difficile à tenir partout de la même façon. C’est désormais à cette échelle que la marque Horace se mesure.

Horace : Site officiel
Sources :
- Grazia – « Les hommes sont plus ouverts qu’on ne le croit aux produits de beauté »
- Le Figaro – Qui se cache derrière Horace, site sauvant la peau des hommes de la grise mine ?
- Maddyness – L’histoire d’Horace, la marque cosmétique devenue une référence en 6 ans
- AnOther Magazine – Horace, the Inclusive Men’s Beauty Brand That Conquered France
- Horace – On ouvre un nouveau pop-up à Paris !
- Horace – Boutiques Horace
- Horace – Certification B Corp




















