Avec Squid, la maison Zoologist transforme le parfum marin en plongée sombre. Encre noire, sel, encens et ambre gris composent une mer sans sable chaud ni crème solaire.
Squid de Zoologist, un parfum marin sans plage
Squid de Zoologist est lancé en 2019 et composé par la parfumeuse Céline Barel. Cet extrait de parfum s’inscrit dans le bestiaire de la maison Zoologist. L’animal n’y sert pas seulement à décorer le flacon. Il impose un milieu, une lumière et une manière de bouger. Squid descend ainsi sous la surface au lieu de longer la côte. Le parfum marin devient sombre, dense et presque fermé. Il ne cherche ni la fraîcheur facile ni le souvenir de vacances. Pour une fois, la mer n’a pas réservé de transat.
L’ouverture associe poivre rose, salicylate solaire et encens. Le premier apporte une vibration sèche. Le second laisse passer une lumière étrange, plus blanche que chaleureuse. L’encens la brouille aussitôt avec une fumée froide. Squid ne sent donc pas immédiatement l’eau. Il installe plutôt l’air lourd d’un espace immergé. La sensation évoque un faisceau lumineux traversant une eau noire. Le soleil existe encore, mais il a manifestement raté la plage.

De l’encre, du sel et une lumière engloutie
Le cœur de Squid repose sur un accord d’encre noire, un accord salé et de l’opoponax. Le sel ne produit pas une simple impression de peau séchée après la baignade. Il paraît plus minéral, plus compact et légèrement métallique. L’encre ajoute une matière sombre, à la fois liquide et poudreuse. Elle ne reproduit pas littéralement celle d’un stylo renversé. Elle suggère plutôt une couleur devenue odeur. L’opoponax apporte une épaisseur résineuse à cet ensemble marin. La composition avance ainsi entre eau froide, fumée et matière noire.
Sur la peau, cette architecture peut paraître abstraite. Squid ne propose pas une reproduction réaliste du large. Il construit une scène mentale avec quelques signes précis. Une coque humide. Du métal salé. Une fumée qui ne devrait pas brûler sous l’eau. Puis cette encre qui trouble tout sans rendre le parfum illisible. L’effet rappelle moins une carte postale qu’une séquence de cinéma tournée en lumière bleue. Aucun dauphin ne vient heureusement détendre l’atmosphère.

Un parfum marin habillé en noir
La base réunit un accord d’ambre gris, du benjoin et des muscs. Zoologist précise que l’ambre gris et les muscs employés sont synthétiques et que Squid ne contient aucune matière animale. Cette base apporte une chaleur trouble après la froideur du départ. Le benjoin arrondit la composition sans la transformer en parfum gourmand. Les muscs prolongent son aspect enveloppant. L’accord d’ambre gris maintient la tension saline. La mer devient alors moins noire, mais plus charnelle. Squid finit par révéler une douceur qu’il avait soigneusement cachée.
Squid convient à une allure qui accepte une certaine distance. Il fonctionne mieux avec une laine noire, un cuir mat ou une chemise sombre qu’avec l’uniforme blanc des vacances. Son décor serait une ville portuaire sous la pluie, pas une terrasse à Saint-Tropez. Musicalement, il tient davantage du drone, de l’ambient obscur ou d’un morceau de post-rock que d’un refrain estival. Sa présence n’est pas franchement sociable. Elle attire pourtant parce qu’elle ne se livre pas immédiatement. Porter Squid revient à choisir la mer pour sa profondeur plutôt que pour ses loisirs. C’est moins aimable qu’un parfum aquatique classique, et beaucoup plus intéressant à regarder vivre.

Zoologist : Squid, extrait de parfum 60 ml – 200 $ US – Voir Squid sur le site de Zoologist
Sources :
- Zoologist – Zoologist Squid Deluxe Bottle
- Fragrantica – Squid Zoologist Perfumes perfume – a fragrance for women and men – 2019




















