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Jacques Marie Mage Fellini : histoire, design et style d’une lunette de collection

Jacques Marie Mage Fellini, monture optique et solaire en acétate épais, design rectangulaire, histoire de cinéma, style de collection et culture du regard : ce modèle de la maison de lunettes fondée par Jérôme Mage joue moins l’accessoire léger que l’objet posé sur le visage. La Fellini parle de forme, de matière, de lumière et de rareté. Elle porte un nom lourd. Elle ne fait pas semblant de l’ignorer.

Jacques Marie Mage Fellini, une monture qui choisit le volume

La Jacques Marie Mage Fellini est une monture rectangulaire à la présence très affirmée. La marque la décrit comme une paire à la coupe medium, des branches sculpturales et les rivets frontaux en forme de flèche caractéristique à Jacques Marie Mage. Le modèle existe comme monture optique, avec des variantes solaires selon les versions. Rien de très fragile. L’acétate est épais, visible, presque architectural. Le visage n’est pas simplement équipé. Il est encadré.

Techniquement, nous avons à faire avec une fabrication en acétate de cellulose durci de 10 mm pour certaines variantes, des branches doublement laminées, une charnière à neuf barillets et un fil métallique interne gravé. Ces détails ne sont pas là pour faire joli. Ils expliquent le poids visuel de la Fellini. C’est net, les verres gardent une forme tendue, les branches prolongent la ligne vers la tempe. La lunette ne cherche pas la transparence polie. Elle assume le bloc, l’angle, le bord. Une certaine idée du raffinement, donc, mais avec les épaules carrées.

Le cinéma dans le nom, pas seulement sur l’étui

Le nom Fellini indique clairement la piste. Jacques Marie Mage présente la monture comme inspirée par l’un des grands cinéastes de l’histoire du cinéma. Federico Fellini, né à Rimini en 1920 et mort à Rome en 1993, a construit un cinéma de rêves, de corps, de souvenirs, de grotesque tendre et de décors mentaux. La lunette ne raconte évidemment pas La Dolce Vita à elle seule. Ce serait pratique, et assez faux. Mais elle reprend quelque chose de cet imaginaire : la ligne large, le goût de l’excès contenu, la silhouette qui semble déjà prête pour un gros plan. Le nom fait le programme. La monture doit suivre.

C’est là que la Fellini devient intéressante pour un lecteur qui ne collectionne pas les lunettes. Elle montre comment une paire de lunettes peut fabriquer une attitude. Les verres protègent ou corrigent, selon la version, mais la monture fait autre chose. Elle met une distance. Elle durcit le regard. Elle ajoute un bord au visage, comme un cadre noir autour d’une image. Sur une table, elle a déjà l’air d’un accessoire de plateau. Sur le nez, elle ne disparaît pas. Ce n’est pas toujours confortable pour la discrétion. Mais la discrétion, ici, n’a pas vraiment été invitée.

Une lunette de collection, pas une simple paire de soleil

Jacques Marie Mage a construit une partie de son langage sur les petites séries, les matériaux denses et la fabrication soignée. La page officielle de la Fellini indique une production limitée à 500 pièces pour certaines versions, avec certificat numéroté et signature d’artisan. On n’achète plus seulement une monture pour l’été ou pour lire un menu en terrasse. On entre dans une logique d’objet conservé, rangé dans son étui, sorti avec un peu de cérémonie. Oui, c’est très sérieux pour deux verres et deux branches. Mais le marché de la lunette aime désormais ce sérieux. Il a même appris à le vendre.

Dans le catalogue Jacques Marie Mage, la Fellini se distingue par sa netteté rectangulaire et son équilibre entre masse et tenue. D’autres modèles de la maison jouent davantage l’arrondi, l’aviateur, la référence vintage ou la silhouette plus extravagante. La Fellini, elle, reste frontale. Elle ne flotte pas autour du visage. Elle le taille. Sa force vient de cette tension entre la ligne classique et l’épaisseur presque dramatique. On comprend pourquoi elle peut parler à ceux qui voient la lunette comme une pièce de design. Pas seulement comme une protection solaire. Pas seulement comme une correction. Un petit objet pour organiser le regard, et parfois le rendre un peu moins disponible.


Jacques Marie Mage : La Fellini – Site officiel

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