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Paris Fashion Week 2026 : les défilés les plus attendus

Une mannequi sort d'une voiture berline durant une Paris Fashion Week.

La Paris Fashion Week se tiendra du 28 septembre au 6 octobre 2026 à Paris pour présenter les collections femme printemps-été 2027. Parmi les 68 défilés annoncés, Dior, Chanel, Saint Laurent, Louis Vuitton, Balenciaga, Loewe, Celine, Miu Miu, Hermès et Maison Margiela concentrent une large part de l’attention. Ces dix défilés Paris Fashion Week septembre 2026 ne forment pas un classement. Ils posent dix questions sur la direction prise par les grandes maisons après une saison de changements artistiques.

Défilés Paris Fashion Week septembre 2026 : Dior et Chanel après les débuts

Le défilé Dior sera observé comme la troisième grande étape du travail de Jonathan Anderson sur la femme, après le prêt-à-porter d’octobre 2025 et la collection de mars 2026. Cette dernière avait installé une serre et un bassin artificiel dans le jardin des Tuileries. Les vêtements y perdaient une partie de leur structure : veste Bar réduite en cardigan, costumes imprimés sur de la soie plissée, manteaux noués comme des robes de chambre. La couture de juillet a prolongé ce mouvement avec des drapés, des plis et une taille moins contrainte. L’enjeu de septembre est désormais de savoir si cette légèreté peut devenir un langage stable. Anderson doit aussi faire cohabiter ses propres obsessions avec une maison dont les archives attirent facilement le créateur dans une salle remplie de références. Trop de Dior ferait exercice d’héritage. Trop d’Anderson laisserait la question inverse ouverte, ce qui occupera agréablement les premiers rangs pendant quelques minutes.

Chez Chanel, Matthieu Blazy n’a plus à réussir son arrivée, mais à organiser la suite. Son défilé de mars 2026 au Grand Palais présentait la collection comme un travail en cours, dans un décor évoquant des jeux de construction. Le tweed, les perles, le Lurex et le silicone y formaient moins un catalogue de codes qu’une matière à manipuler. Sa couture de juillet a encore allégé le tailleur et écarté plusieurs effets trop opulents. Le prochain défilé devra montrer si cette approche peut tenir sans dépendre de la surprise du changement. Il faudra regarder les épaules, les longueurs, la manière dont le tweed bouge et la place laissée au corps. Chanel reste une maison où un bouton, une chaîne ou une camélia peuvent rapidement faire tout le travail de reconnaissance. Blazy devra donc continuer à rendre ces signes visibles sans les laisser conduire seuls.

des mannequins se changent durant la Paris Fashion Week.
des mannequins se changent durant la Paris Fashion Week. – @GOOD timing 2026

Saint Laurent, Louis Vuitton, Balenciaga et Loewe face à leurs propres systèmes

Saint Laurent arrive avec une identité parfaitement lisible sous Anthony Vaccarello. En mars, le créateur a marqué les soixante ans du Smoking par une longue séquence de costumes noirs, fluides et portés à même la peau. Des robes en dentelle recouverte de silicone et des imperméables brillants introduisaient ensuite une tension plus physique. La question n’est donc pas de reconnaître Saint Laurent, opération qui prend rarement plus de trois secondes. Elle consiste à voir jusqu’où Vaccarello peut pousser la répétition sans transformer la rigueur en formule. Louis Vuitton rencontre le problème opposé avec Nicolas Ghesquière. Son défilé de mars, présenté dans un paysage couvert de mousse, associait grands manteaux protecteurs, volumes de berger, fourrures végétales et motifs animaliers. En septembre, l’enjeu sera de relier cette recherche de volumes à une garde-robe plus nette, sans réduire Louis Vuitton à quelques sacs circulant devant un décor très coûteux.

Chez Balenciaga, Pierpaolo Piccioli doit encore préciser la distance prise avec la décennie Demna. Sa collection de mars associait volumes de couture, drapés, robes découpées, blousons de cuir et éléments plus sportifs. Le créateur a expliqué vouloir retrouver les valeurs de Cristóbal Balenciaga plutôt que reproduire littéralement ses archives. La formule devra maintenant se vérifier dans la coupe, le mouvement et le rapport entre le vêtement et le corps. Loewe avance dans une direction plus expérimentale avec Jack McCollough et Lazaro Hernandez. En mars, les deux créateurs ont présenté des robes imprimées en trois dimensions et moulées dans du latex, des manteaux gonflés et des parkas évoquant des objets flottants. Le défilé de septembre dira si cette jubilation technique produit une silhouette durable ou seulement de très bonnes images. Une pompe en forme de pince de homard amuse un atelier ; elle ne constitue pas encore une politique de collection.

Cartons d'invitation pour la Paris Fashion Week.
Cartons d’invitation pour la Paris Fashion Week. – @GOOD timing 2026

Celine, Miu Miu, Hermès et Maison Margiela : rendre le désir concret

Michael Rider a déjà donné à Celine une direction plus souple que celle de la rupture spectaculaire. En mars, il a resserré les silhouettes autour de manteaux étroits, de vestes courtes, de pantalons raccourcis et de cabans français. Les foulards, les bijoux accumulés et les sacs d’allure ancienne maintenaient un vocabulaire bourgeois, sans figer l’ensemble dans la reconstitution. Le défi consiste maintenant à dépasser la synthèse entre les différents chapitres récents de Celine. Miu Miu se trouve dans une situation presque inverse : la maison de Miuccia Prada continue d’imposer des gestes de stylisme que le reste du marché reprend très vite. Son défilé de mars, au Palais d’Iéna transformé en terrain végétal, associait costumes patinés, robes transparentes, détails de lingerie, chaussures épaisses et bandeaux fins. La collection printemps-été 2027 devra préserver cette ambiguïté entre vêtement sage, détail déplacé et corps exposé. Le risque, chez Miu Miu, n’est pas de manquer une tendance, mais d’être copiée avant même d’avoir terminé de l’installer.

Hermès ne joue ni le changement de direction artistique ni la reconstruction d’une identité. Nadège Vanhée dirige le prêt-à-porter féminin depuis 2014 et travaille par déplacements progressifs. En mars, dans la caserne de la Garde républicaine, elle avait fait sortir les mannequins d’une ouverture circulaire au-dessus d’un sol couvert de mousse. Manteaux de cuir fluides, minirobes zippées, shorts en agneau brillant et hautes bottes composaient une silhouette plus nerveuse que l’image policée souvent accolée à Hermès. Maison Margiela, elle, revient au calendrier parisien après avoir présenté sa collection automne-hiver 2026 à Shanghai. Glenn Martens y avait mêlé prêt-à-porter et pièces Artisanal dans un terminal de conteneurs, avec des tissus marqués, des surfaces vieillies et des vêtements construits autour de la mémoire de leur fabrication. Le retour à Paris devra montrer comment cette densité peut passer du laboratoire au vestiaire sans devenir une démonstration de procédés. Les lieux exacts, les décors, les distributions et les bandes-son des prochains défilés n’étant pas encore tous publics, mieux vaut attendre les invitations avant de décrire la lumière. C’est moins spectaculaire que la divination, mais légèrement plus fiable.

Un lieu de défilé durant la Paris Fashion Week.
Un lieu de défilé durant la Paris Fashion Week – @GOOD timing 2026

Paris Fashion Week : Collections prêt-à-porter printemps-été 2027 – du 28 septembre au 6 octobre 2026

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