Canine publie Liminal, son troisième album, le 11 septembre 2026. Magali Cotta y mêle électro-pop, instruments acoustiques et voix transformées autour des états qui suivent un choc. Elle présentera ce nouveau disque sur la scène du CENTQUATRE-PARIS le 27 novembre 2026.
Canine avec Liminal, le disque du seuil
Magali Cotta a construit Canine en réunissant des pratiques longtemps séparées. Elle a étudié le piano classique, appris le chant jazz et fait du théâtre dès son enfance. Cette formation explique en partie une musique qui ne tient jamais tranquillement dans une seule case. Le projet Canine prend forme en 2016, avant la sortie de Dune en 2019. Sa voix grave et souvent transformée brouille alors les repères d’âge et de genre. Les chœurs, les machines et les mouvements des corps occupent déjà une place centrale. Source, paru en 2022, déplace ensuite le combat vers un espace plus intime. Avec Liminal, Canine ne choisit pas entre ces deux directions : elle les place dans la même pièce et ferme doucement la porte.
Le titre désigne cet état intermédiaire qui suit un bouleversement. Une rupture, un deuil, une naissance ou une rencontre peuvent faire disparaître les anciens repères sans fournir immédiatement les suivants. Les onze chansons de Liminal avancent dans cet espace instable. Le communiqué de presse convoque La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix pour présenter cette femme en mouvement, révoltée et multiple. La référence n’est pas exactement discrète, mais elle correspond au goût de Canine pour les images larges. Echoes porte l’idéalisme, Spider fait remonter une peur enfantine et Linked s’abandonne au sentiment amoureux. Beast reste sur ses gardes tandis que Tsunami approche l’inquiétude et l’éblouissement liés à la naissance. L’intime ne sert donc pas de refuge : il devient le lieu où les secousses extérieures viennent laisser leurs traces.
Dans le laboratoire sonore de Liminal
Une partie de Liminal a été réalisée dans le home studio parisien de Magali Cotta. Les synthétiseurs y occupent beaucoup de place, mais ils ne travaillent pas seuls. Un Mellotron relie les morceaux par ses sons enregistrés sur bandes, à mi-chemin entre mécanique ancienne et manipulation électronique. Canine ajoute du piano, de la contrebasse et de la batterie à cette architecture de machines. Un chœur de chanteuses apporte une matière plus physique, faite de souffles, de doublures et de voix superposées. Magali Cotta écrit, compose et façonne ainsi un disque largement tenu depuis son propre poste de commande. Elle le produit sous l’entité Tin Nin Nin Nin, son label. L’autonomie est réelle, même si l’album sait ouvrir les fenêtres et laisser entrer d’autres musiciennes.
La voix reste l’instrument le plus mobile de Liminal. Elle devient androgyne et presque abstraite sur certains passages, puis retrouve ailleurs un grain plus direct. Ce jeu évite au disque de choisir entre personnage et confession. Les pulsations techno de Spider et de Tomorrows croisent les rythmes plus souples de Beast et de Kids. Swallows avance comme une procession lente, soutenue par un mouvement proche de la valse. Le morceau est né, selon Canine, d’un sentiment d’impuissance devant « le tumulte du monde », mais cherche aussi ce qui peut encore relier les êtres. Aphex Twin et Kraftwerk apparaissent parmi les influences électroniques revendiquées, quand Julie London et Nina Simone comptent pour la charge émotionnelle. Liminal ne tente pas d’imiter ces références : il les fait circuler dans une musique où une contrebasse peut rencontrer une machine sans remplir de formulaire.
Canine prépare son concert au CENTQUATRE-PARIS
Chez Canine, un album ne reste jamais longtemps enfermé dans un casque. Depuis ses débuts, le projet associe la musique à la danse, à la vidéo et à une mise en scène pensée comme un ensemble. Magali Cotta se présente au centre de cette construction, entourée d’une équipe majoritairement féminine. Les voix deviennent des personnages et les corps prolongent les changements de rythme. La scène permet aussi de rendre visible ce que le studio accumule par couches. Pour Liminal, Canine annonce un nouveau spectacle immersif conçu autour des chansons de l’album. Le mot peut couvrir beaucoup de choses dans les programmes culturels, parfois jusqu’à un projecteur posé de travers. Dans son cas, il s’inscrit toutefois dans un travail scénique déjà fondé sur le mouvement, l’image et la démultiplication.
Canine jouera Liminal au CENTQUATRE-PARIS le vendredi 27 novembre 2026 à 20 h 30. Le concert se tiendra au 5 rue Curial, dans le 19e arrondissement de Paris. Une première partie est annoncée, sans nom encore précisé par la salle. La représentation doit durer environ une heure et vingt minutes. Le public sera accueilli dans une configuration assis-debout, cohérente avec une musique qui alterne suspension et poussées rythmiques. Les tarifs annoncés vont de 10 à 28 euros. Ce concert parisien donnera sa forme complète à un album pensé autant pour l’écoute que pour l’espace. Il permettra surtout de voir comment Canine transforme cet état incertain, entre chute et reprise, en gestes, en lumière et en son.
Canine : Liminal (Tin Nin Nin Nin) – Sorti le 11 septembre 2026
En concert au 104 (Paris), le vendredi 27 novembre 2026 à 20 h 30
Photo : Nicko Guihal
Sources
- CENTQUATRE-PARIS – Canine – Liminal – 2026
- Numéro – Qui est Canine, la voix acérée et mystique de l’électro-pop française ? – 2022
- Centre Pompidou – Canine – 2022
- Apple Music – Liminal – Album par Canine – 2026
- L’EssentiART – Liminal, le meilleur album de Canine – 2026




















