Olivia Rodrigo publie en juin 2026 son troisième album, You Seem Pretty Sad for a Girl So in Love. À 23 ans, la chanteuse américaine prolonge le fil de SOUR et GUTS : une pop de rupture, de nerfs, de guitares, de phrases qui claquent. Née chez Disney, installée chez Geffen, Olivia Rodrigo avance désormais avec une chose rare dans la pop actuelle : une écriture immédiatement reconnaissable.
Olivia Rodrigo, des plateaux Disney aux chansons qui mordent
Olivia Rodrigo naît le 20 février 2003 à Murrieta, en Californie, et grandit dans le sud de l’État. Le début est simple. Américaine, chanteuse, autrice-compositrice, actrice. La suite l’est moins. Avant les guitares, les robes de scène et les refrains de rupture, il y a les plateaux Disney. Bizaardvark la montre dans le rôle de Paige Olvera, aux côtés de Madison Hu. Puis High School Musical: The Musical: The Series l’installe dans un décor très propre, celui des casiers, des répétitions et des chansons d’école filmées comme des évènements. Disney aime les visages lisses. Olivia Rodrigo, elle, va vite trouver comment salir un peu le cadre.
Dans High School Musical: The Musical: The Series, elle n’est pas seulement une interprète placée devant une caméra. Disney signale qu’elle écrit et interprète “All I Want”, puis signe aussi “The Rose Song” pour son personnage Nini. C’est là que quelque chose bouge. La jeune actrice commence à faire entendre une écriture plus intime que le décor qui l’entoure. Le piano paraît poli, mais les phrases ne le sont pas toujours. Il y a déjà cette manière de chanter comme si la chambre était un tribunal. Une main sur le clavier, l’autre sur la plaie. Le passage par Disney devient alors moins une origine embarrassante qu’un tremplin. Une usine à lumière, certes, mais aussi un bon endroit pour apprendre où placer le couteau.
De SOUR à GUTS, l’art de faire du chagrin un bruit
Le basculement arrive avec SOUR, publié en 2021 chez Geffen. Le disque part d’un territoire très balisé, le chagrin adolescent, mais Olivia Rodrigo refuse vite la simple carte postale lacrymale. “drivers license” ouvre la porte, puis l’album déroule autre chose qu’un journal intime écrit sur joli papier avec Minnie en couv. Il y a des ballades au bord de la rupture. Il y a aussi des accès de colère, des guitares pop-punk, une ironie aussi. La Recording Academy rappelle que SOUR lui vaut sept nominations aux Grammy Awards 2022 et trois victoires, dont meilleur nouvel artiste et meilleur album vocal pop. Le conte de fées existe, donc. Mais, en version Euphoria. Enfin, presque. Il ne faut pas exagérer non plus.
Avec GUTS, sorti en septembre 2023, Olivia Rodrigo durcit le geste. Elle travaille encore avec Dan Nigro, son partenaire de studio. Le disque garde le goût du drame, mais il le découpe plus franchement. “vampire” avance comme une scène de confrontation. “bad idea right?” joue la mauvaise décision avec un sourire presque trop lucide. “all-american bitch” transforme la fille bien élevée en machine à sarcasmes. Sur scène, cette musique prend une forme plus physique : cris, guitares, robes courtes, bottes, regards caméra. La pop teen est encore là, mais elle a changé de posture. Elle ne veut plus seulement être crue. Elle veut être entendue quand elle tape du pied.
Un troisième album, des fantômes rock et une pop plus adulte
En juin 2026, Olivia Rodrigo revient avec You Seem Pretty Sad for a Girl So in Love, son troisième album studio. Le titre est long. Presque trop long. C’est déjà une manière de casser la série courte de SOUR et GUTS, deux mots secs, quatre lettres, pas de gras. Le disque sort le 12 juin 2026 et compte 13 titres. Dan Nigro reste dans le paysage. La nouveauté la plus visible tient à la couleur : plus de new wave, plus de tensions post-punk, moins de réflexe pop-punk pur. Robert Smith, chanteur de The Cure, apparaît sur “What’s Wrong with Me”. Là, au moins, le fantôme a la bonne coiffure.
Ce virage ne tombe pas du plafond. En 2025, Olivia Rodrigo invite David Byrne au Governors Ball pour reprendre “Burning Down the House”, puis Robert Smith à Glastonbury pour chanter The Cure sur la scène anglaise, avec “Just Like Heaven” et “Friday I’m In Love”. Elle ne cite pas le rock alternatif comme une décoration de boutique. Elle l’amène sur scène, devant son public, au milieu de sa propre machine pop. La méthode a ses limites, bien sûr. Elle peut devenir un jeu de références bien rangées. Mais chez Olivia Rodrigo, ces références servent surtout à épaissir le personnage : une fille de Disney qui regarde les anciens newaveux, les mélancoliques anglais et les guitares sales sans se déguiser en archiviste.
Olivia Rodrigo : You Seem Pretty Sad for a Girl So in Love (Olivia Rodrigo / Geffen records) – Sorti le 12 juin 2026






















