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ZAYN, Konnakol : Retour prudent

Sorti le 17 avril 2026 via Mercury Records, Konnakol est le cinquième album studio de ZAYN. Après Room Under the Stairs en 2024, plus dépouillé, le chanteur revient à une pop R&B plus dense, plus lisse, plus calculée. Le titre du disque renvoie à une technique vocale percussive de la musique carnatique. L’enjeu est clair : remettre ses racines sud-asiatiques au centre sans lâcher l’appareil pop qui tient encore sa carrière.

ZAYN Konnakol remet du vernis sur de vieilles lignes

Le disque ouvre sur “Nusrat” et pose tout de suite son programme. Une voix haute, souple, couverte d’effets. Des rythmes qui veulent bouger un peu plus que d’habitude. Des signes sud-asiatiques glissés dans la matière sans démonstration pesante. ZAYN ne renverse pas sa table. Il déplace quelques objets. La méthode est prudente. Le résultat aussi. Konnakol préfère l’inflexion au choc.

Le problème, c’est que cette prudence finit par faire système. La production lisse, gonfle, protège. La voix reste belle, mais rarement nue. Chaque morceau semble validé par une administration intérieure très rigoureuse. Rien ne déborde vraiment. Les chansons passent proprement, parfois trop. On comprend l’intention. On cherche encore l’accident utile. Le disque avance avec sérieux, ce qui n’est pas toujours une qualité musicale.

Un titre chargé, un geste réel, une portée mesurée

Le mot Konnakol n’est pas là pour faire exotique. ZAYN l’a présenté comme un axe du disque, lié à sa compréhension de ses racines et à une idée du son antérieur aux mots. Sur ce point, le projet tient debout. L’album essaie bien de relier une mémoire culturelle à une pop contemporaine. Il y a un geste. Dans le paysage de la pop grand public, c’est déjà quelque chose. Mais bon, ce n’est pas exactement une révolution.

Le disque compte quinze titres pour environ quarante-cinq minutes. Il présente un ensemble où cohabitent morceaux de deuil amoureux, poussées électroniques et allusions plus franches à cet ancrage sud-asiatique. On entend cette volonté de synthèse. On entend aussi ses limites. ZAYN veut faire tenir plusieurs récits dans la même pièce. La pièce tient. Elle n’est pas très vaste. Certains titres ouvrent une fenêtre. D’autres remettent simplement les rideaux en place.

Ce que l’album tient, ce qu’il ne pousse pas assez loin

Les meilleurs moments arrivent par détail. Un motif vocal. Un décalage rythmique. Une manière de poser la voix autrement. L’ouverture avec “Nusrat” donne une couleur et évite au disque de flotter dans une pop sans sol. Quelques morceaux laissent entrevoir un disque plus singulier, plus nerveux, plus ancré. C’est là que Konnakol devient intéressant. Pas quand il explique. Quand il laisse entendre. Cela lui arrive, mais par intermittence.

Le reste est plus familier. Les textes restent souvent génériques. La mélancolie est rangée, éclairée, encadrée. La sensualité aussi. Tout est à sa place, avec cette application un peu triste des albums qui veulent être impeccables. Pitchfork parle d’un album qui n’est que “slightly more realized”. La formule est sèche. Elle tient assez bien. Konnakol relance ZAYN sans vraiment le déplacer.

Dans la carrière de ZAYN, un disque qui entrouvre plus qu’il ne tranche

Après le détour plus rustique de Room Under the Stairs, ce retour à une pop plus construite pouvait ressembler à un repli. Ce n’est pas tout à fait le cas. Konnakol essaie de raccorder deux versions de ZAYN : le chanteur pop très produit et l’artiste qui veut inscrire plus nettement son héritage dans ses formes. Cette tension donne au disque un peu de relief. Elle l’empêche d’être un simple exercice de maintien. De peu, parfois. Mais de peu suffit à faire une différence.

Bref, on va saluer l’ancrage sud-asiatique plus visible. Mais ZAYN n’ose pas aller jusqu’au bout de son propre projet. Les deux lectures cohabitent sans peine. Elles décrivent le même objet. Konnakol est un album de retour, pas un album de bascule. Il entrouvre une porte. Puis il vérifie encore le cadre, les gonds, la peinture, l’alignement général. On a connu des gestes plus brusques.


ZAYN : Konnakol (Drop Zed Music / Mercury records) – Sortie le 17 avril 2026

Sources

  • Rolling Stone UKZayn begins countdown to new album ‘Konnakol’ – 2026
  • Apple MusicKONNAKOL – Album par ZAYN – 2026
  • PitchforkKONNAKOL – 2026
  • Dawn ImagesZayn Malik says KONNAKOL is his most South Asian album yet – 2026