Accueil / Mode / Hodakova : comment Ellen Hodakova Larsson transforme les objets en vêtements

Hodakova : comment Ellen Hodakova Larsson transforme les objets en vêtements

Logo HODAKOVA gravé en noir sur une plaque de fer, entouré de cuillères en argent

Fondée à Stockholm en 2021 par Ellen Hodakova Larsson, Hodakova transforme des matières et des objets existants en vêtements. Ses ceintures assemblées, ses cuillères métalliques et ses formes empruntées à la maison ont donné un visage précis à son travail du réemploi. Lauréate du prix LVMH en 2024, la marque figure au calendrier de la Fashion Week de Paris ce 28 septembre 2026, avec un défilé printemps-été 2027 prévu à 18 heures.

Hodakova : partir de ce qui existe déjà

Chez Hodakova, une ceinture ne sert pas forcément à tenir un pantalon. Alignées, ses boucles peuvent dessiner une jupe. Une série de cuillères métalliques peut couvrir un haut et changer sa surface. L’objet conserve assez de sa forme pour être reconnu. Il cesse pourtant de remplir sa fonction première. C’est dans cet écart que travaille Ellen Hodakova Larsson. La créatrice suédoise a fondé Hodakova en 2021 et maintient son atelier à Stockholm.

Ce geste impose des limites concrètes. Une boucle a un poids, une cuillère une rigidité, une pièce déjà portée des dimensions qu’il faut accepter ou modifier. Hodakova ne cache pas toujours l’origine de ses matériaux sous une finition lisse. Elle laisse au regard le temps d’identifier ce qu’ils étaient. Le vêtement peut alors produire un léger trouble : on voit une silhouette, puis on reconnaît un objet familier. Le réemploi devient une question de construction autant que de provenance. Il donne aux pièces leur allure parfois stricte, parfois presque absurde. Et il rend leur fabrication moins facile à répéter à l’identique.

Des vêtements entre garde-robe et sculpture

Cette manière de faire a trouvé sa place sur les podiums parisiens. Le prix LVMH attribué à Ellen Hodakova Larsson en septembre 2024 a accru sa visibilité. Les ceintures et les cuillères figuraient déjà parmi les pièces remarquées à cette occasion. Mais Hodakova ne se réduit pas à la surprise de reconnaître un objet. La marque travaille aussi le tailleur, les manteaux, les pantalons et les robes. La coupe peut rester nette tandis qu’un détail dérègle l’ensemble. Le regard hésite alors entre une tenue à porter et une construction à observer. C’est cette hésitation qui rend la silhouette identifiable.

Pour sa collection printemps-été 2026, présentée au musée Bourdelle à Paris, Hodakova a fait entrer d’autres éléments domestiques dans le vêtement. Le musée cite notamment des parapluies, des livres, du linge de maison et du chaume. Certaines robes empruntaient ainsi leur volume à un matériau utilisé d’ordinaire pour couvrir les toits. Quelques mois plus tard, le défilé automne-hiver 2026-2027 ramenait la maison au centre du propos. Meubles, tapis et vêtements y partageaient le même espace visuel. Le travail devenait plus intime, mais certaines pièces s’éloignaient aussi du prêt-à-porter courant.

Trois silhouettes du défilé Hodakova réunies en triptyque, dont une tenue noire à lanières et une robe aux reflets dorés.
Trois silhouettes Hodakova réunies dans un montage de défilé. – @Hodakova

Ce que Hodakova doit encore résoudre

Ellen Hodakova Larsson assure toujours la direction artistique de la marque. Hodakova vend désormais des vêtements et des accessoires, tandis que ses défilés continuent d’explorer des formes plus difficiles à porter. Ces deux usages ne demandent pas les mêmes réponses à un atelier. Une jupe construite autour d’un objet trouvé peut marquer un défilé. La proposer à plusieurs tailles et en plusieurs exemplaires pose une autre question. Le réemploi oblige à regarder les matières disponibles, leur état et la façon de les assembler. Hodakova a fait de cette contrainte une méthode visible. Son développement dira quelle place cette méthode peut garder dans une garde-robe suivie de saison en saison

Le défilé printemps-été 2027, inscrit au calendrier parisien du 28 septembre 2026 à 18 heures, arrive à ce point précis de son histoire. La marque n’a plus seulement à faire découvrir son geste. Il faut voir ce qu’elle en fait lorsqu’on le connaît déjà. Une ceinture transformée peut encore surprendre, mais elle peut aussi devenir un signe attendu. Les collections récentes ont élargi le vocabulaire de Hodakova vers le mobilier, le textile domestique et le travail de la coupe. Cette ouverture évite de réduire la marque à une seule trouvaille. Elle ne règle pas entièrement la question de l’usage quotidien de certaines pièces. Hodakova tient aujourd’hui une idée forte ; cette idée devient aussi une exigence à laquelle chaque nouveau vêtement doit répondre.

Cate Blanchett porte un haut Hodakova composé de cuillères argentées et un pantalon noir devant le décor de Borderlands.
Cate Blanchett porte un haut de cuillères signé Hodakova lors d’un événement consacré à Borderlands.

Sources