Dans I Want Your Sex, en salle le 29 juillet 2026, Olivia Wilde incarne Erika Tracy, artiste dominante dont Arianne Phillips et Monica Chamberlain construisent le pouvoir en cuir, dentelle rouge, latex et talons. Face à Cooper Hoffman, le costume distribue les rôles avant même que Gregg Araki ouvre le jeu du désir.
Une patronne avant le premier mot
I Want Your Sex est sorti en France le 29 juillet 2026. Gregg Araki y confie à Olivia Wilde le rôle d’Erika Tracy, artiste reconnue qui engage Elliot Bell, joué par Cooper Hoffman. Elle choisit bientôt son jeune assistant comme « muse sexuelle ». Le rapport de force est annoncé dès leur premier face-à-face. Elliot se présente dans un tee-shirt Waste Management, vêtement banal, un peu flottant, presque défensif. Erika lui oppose du cuir brillant, un décolleté profond et des talons aiguilles. Arianne Phillips et Monica Chamberlain ne cherchent pas ici la discrétion crédible d’un bureau. Elles donnent à la future patronne une silhouette qui a déjà rédigé le contrat.
Ce costume ne protège pas Erika du regard : il en organise la circulation. Le corset maintient le buste, le cuir prend la lumière et le talon impose un rythme sec à la marche. Chaque élément réduit la part du hasard. Dans son espace de travail, la lingerie n’est donc pas un écart au règlement. Elle devient le règlement. Le bureau, la galerie et la scène sexuelle parlent alors la même langue visuelle. Araki explique avoir inversé les genres du scénario initial au fil du développement du film.
Le vestiaire d’Erika Tracy transforme Elliot
L’évolution la plus nette ne se produit pas d’abord sur Erika, mais sur le corps d’Elliot. Au début, son tee-shirt de service le place du côté de l’employé remplaçable. Plus tard, il se réveille vêtu d’un soutien-gorge et d’une culotte de dentelle rose. Le gag est frontal, mais le geste est précis. Erika ne se contente plus de lui donner des ordres. Elle choisit le cadre dans lequel son corps sera vu. L’assistant devient une surface de projection, exactement comme les œuvres et les modèles qui peuplent son univers. La « muse sexuelle » n’est plus une formule : elle possède enfin son uniforme.
Face à cette transformation, Erika conserve une ligne beaucoup plus stable. Une chemise blanche s’ouvre sur une brassière de dentelle rouge, prolongée par une ceinture et une jupe de cuir noir. La scène joue sur des couches que le personnage contrôle elle-même. Rien ne tombe par accident. Le rouge à lèvres reprend la couleur de la lingerie, tandis que l’eye-liner durcit le regard. La micro-frange et les mèches blond miel découpent aussi le visage au lieu de l’adoucir. L’exposition du corps ne produit donc pas de fragilité automatique. Erika montre beaucoup, mais garde la main sur le moment, l’angle et le destinataire.
Du rouge pour la galerie, du latex pour le fantasme
Le vestiaire change d’échelle lorsque le pouvoir intime devient spectacle public. Pour l’ouverture d’une exposition, Erika porte une tenue rouge asymétrique. La coupe casse la symétrie sans relâcher la silhouette. La couleur, elle, refuse l’arrière-plan. Au milieu des artistes et des assistants habillés de façon plus bohème, Erika reste le point fixe de l’image. Elle ne ressemble ni à une galeriste neutre ni à une créatrice absorbée par son travail. Elle se présente comme une œuvre dont elle conserve le cartel, l’éclairage et le prix.
Un autre look pousse cette logique jusqu’au personnage fabriqué. Combinaison de latex noir lacée, carré platine et pointes rose vif : Erika devient presque une image découpée dans le décor pop d’Araki. La coiffure change, mais pas la fonction. Elle peut modifier sa surface sans céder sa position. Son vestiaire ne raconte donc pas une émancipation progressive ; il montre un contrôle qui cherche à rester intact. La véritable bascule se lit sur Elliot, progressivement habillé, exposé et remodelé par le désir de sa patronne. Quand le film met ce pouvoir à l’épreuve, les vêtements ont déjà posé le problème. Erika Tracy ne s’habille pas seulement pour être regardée : elle s’habille pour décider qui le sera.
I Want Your Sex de Gregg Araki avec Olivia Wilde, Cooper Hoffman et Charli XCX – Sorti le 29 juillet 2026






















