Le 28 septembre 2026, Ellen Hodakova Larsson a présenté le défilé Hodakova printemps-été 2027 à Paris. Filets récupérés, cordages, vêtements mouillés et yeux peints sur les paupières composent une collection marine. Les comptes rendus publiés depuis précisent aussi son inquiétude face au dérèglement climatique.
Défilé Hodakova : un regard qui trompe
Le défilé Hodakova du 28 septembre 2026 se tient à l’Institut suédois, dans le Marais parisien, dans son jardin couvert. Le cadre accueille une collection tournée vers la mer. Mais un autre détail retient d’abord l’attention : le regard des mannequins. Vogue France décrit des yeux peints sur leurs paupières presque closes. Le visage semble regarder alors que les yeux sont baissés. Le procédé donne aux silhouettes une présence étrange, légèrement figée. Il installe le trompe-l’œil avant même que les matières livrent leurs secrets.
Vogue France rapproche ce maquillage des images de Man Ray. Le magazine évoque notamment Kiki de Montparnasse, photographiée avec les paupières peintes. Cette référence permet de lire le défilé au-delà du seul thème marin. Un œil dessiné produit l’apparence d’un regard. De même, une surface familière peut dissimuler une autre fabrication. On peut lire la collection à partir de cette incertitude. On reconnaît une forme, puis on doit revoir sa première impression.
Des matières marines qui changent le vêtement
Les premières silhouettes reposent sur des formes simples. Un trench, une robe et un costume ouvrent ce vestiaire marin. Leur tissu ciré présente une surface qui paraît vieillie. L’intérêt tient au décalage entre cette matière et la netteté des coupes. Plus loin, les toiles rappellent les voiles de bateau. Leurs grandes coutures rendent visible le travail de construction. Des cordages épais sont également travaillés comme de la maille.
Le Monde précise l’origine de plusieurs éléments transformés par la créatrice. Des filets de pêche viennent du port de Stockholm. Ils côtoient des cordages assemblés en vêtements près du corps. D’anciens sacs filtrants de machines à laver deviennent aussi cape ou jupe. La récupération détermine ce qu’il est possible de couper, d’assembler et de porter. C’est là, à notre lecture, que la collection dépasse l’exercice de thème. Les matériaux imposent leurs contraintes.

Le sel au sol, l’eau sur le corps
Le podium est recouvert de sel marin. La bande-son renvoie notamment au Grand Bleu, le film de Luc Besson sorti en 1988. L’eau intervient également dans le traitement de certains vêtements. Mouillés, ils gagnent en transparence et changent d’aspect sur le corps. La mer agit donc sur plusieurs registres du défilé. Elle fournit des matières, mais aussi une manière de les montrer. Cette mise en scène donne une dimension physique au sujet. Le sel et l’humidité prolongent le travail des textiles.
Numéro Netherlands décrit les dernières silhouettes luisantes, avec du sel visible sur la peau. Il rapporte la diffusion de Just Like a Woman par Nina Simone avant le finale. Ces détails donnent une tonalité plus inquiète à l’ensemble. Dans son compte rendu, Achtung relie explicitement la collection à l’anxiété climatique de la créatrice. Le thème marin ne relève donc pas seulement d’une envie d’été. On peut y voir une préoccupation traduite en gestes de fabrication concrets. Récupérer, assembler, mouiller…

Sources
- Vogue France – Chez Hodakova, les mannequins défilent les yeux fermés, clin d’œil à Man Ray
- L’Officiel – Chez Hodakova, une mode échouée entre terre et mer
- Achtung – Paris S/S 2027 Highlights Part 1
- Le Monde – Art du recyclage et vestiaire déroutant à la fashion week de Paris
- Vogue – Hodakova Spring 2027 Ready-to-Wear Collection
- Numéro Netherlands – Paris Fashion Week Spring/Summer 2027: Day 1




















