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Queens of the Stone Age : l’avis de la presse sur Perfecth

Josh Homme en chemise blanche, cigarette à la bouche, dans une salle de contrôle du clip Where the Goth Girls At.

Sorti le 30 octobre 2026 chez Matador Records, Perfecth est le neuvième album studio de Queens of the Stone Age. Trois ans après In Times New Roman…, Josh Homme et son groupe ralentissent le tempo. Guitares acoustiques, arrangements orchestraux, rythmes souples et mélancolie prennent davantage de place. De NME à Rolling Stone, la presse musicale salue cette évolution, tout en discutant ses limites. Une question traverse les critiques : que reste-t-il de Queens of the Stone Age lorsque la puissance des guitares cesse d’être une priorité ?

Perfecth : l’avis de la presse musique sur le nouvel album de Queens of the Stone Age

Avec Perfecth, Queens of the Stone Age déjoue les attentes de ceux qui espéraient retrouver les guitares écrasantes de Songs for the Deaf. Le changement n’a pas échappé à la presse britannique. Pour NME, Andrew Trendell décrit un album particulièrement intime, porté par un groupe qui semble entrer dans une troisième période de sa carrière. Kerrang! partage cet enthousiasme, notamment devant la diversité des neuf morceaux. Le magazine relève une formation capable de passer d’une ballade acoustique sombre à un groove proche des Rolling Stones. Exclaim! va plus loin, saluant la qualité des arrangements et l’abandon d’une partie des guitares saturées. Le groupe aurait gagné en profondeur ce qu’il a perdu en brutalité. Une manière de rappeler que le rock ne se mesure pas uniquement au volume des amplificateurs.

Rolling Stone se montre plus réservé. Dans sa critique publiée le 30 octobre, Jon Dolan observe un disque davantage destiné aux chambres sombres qu’aux grandes salles de concert. Il apprécie la sincérité des chansons, mais trouve surtout convaincants les moments où le groupe retrouve son mordant. musicOMH défend au contraire cette orientation plus contemplative, sans passer sous silence ses faiblesses. Le magazine juge notamment Mono trop sinueux pour laisser une impression durable. C’est précisément l’un des titres que NME considère parmi les plus intéressants. Le désaccord résume assez bien la réception de Perfecth. Pour certains, Queens of the Stone Age découvre une nouvelle liberté ; pour d’autres, le groupe prend parfois le risque de confondre retenue et manque de tension.

Des guitares moins violentes, une voix qui prend toute la place

Le disque commence avec It’s Only Love, loin des entrées en matière musclées auxquelles Queens of the Stone Age a habitué son public. Une guitare acoustique installe une atmosphère inquiète. Un bruit de train traverse l’enregistrement, détail relevé par Rolling Stone et musicOMH. Les arrangements gagnent progressivement en ampleur, sans chercher l’explosion immédiate. La voix de Josh Homme reste au centre, loin des défilés de mode, plus fragile et moins agressive que sur certains disques précédents. Sur Insignificant Other, le mouvement change complètement. La basse dessine un groove souple, les guitares se font plus discrètes et les références au rock des années 1970 remontent à la surface. Le morceau avance avec une nonchalance presque insolente, alors que ses paroles évoquent la disparition d’une relation.

Le contraste devient encore plus marqué avec Where The Goth Girls At?. La batterie retrouve une frappe autoritaire et les guitares reprennent leur place, sur un rythme volontiers bancal. Mono préfère jouer avec l’espace sonore, passant d’un mixage monophonique à une ouverture stéréophonique plus large. L’effet traduit musicalement une sensation de désorientation. Avec From The Cliff, le groupe bascule vers une écriture acoustique plus délicate, construite autour de la mélodie et de la voix. Easy Street, accompagné notamment par Nikki Lane, introduit des claquements de mains, des harmonies vocales et une légèreté trompeuse. Sur Phantom Limb, les arrangements se resserrent autour d’une mélancolie plus nue. La conclusion, Run Away From The Mob, conserve longtemps cette retenue avant de laisser les instruments reprendre de l’ampleur dans sa dernière partie.

Josh Homme chante dans un microphone sur la scène de KEXP, sous un éclairage rouge.
Josh Homme lors d’une prestation enregistrée pour la radio américaine KEXP. @KEXP

Des Catacombes de Paris aux studios de Los Angeles

Pour comprendre Perfecth, il faut revenir à un épisode assez particulier de l’histoire du groupe. En juillet 2024, Queens of the Stone Age enregistrait une performance dans les Catacombes de Paris. Le concert, ensuite publié sous le titre Alive in the Catacombs, imposait une autre manière d’interpréter son répertoire. Dans cet espace souterrain, les arrangements acoustiques, les cordes et la résonance naturelle remplaçaient une partie de la puissance électrique habituelle. L’expérience a manifestement laissé des traces. Les critiques de NME et de The Arts Desk retrouvent dans Perfecth cette atmosphère théâtrale, presque funéraire. La comparaison est particulièrement sensible sur It’s Only Love. Les musiciens semblent davantage intéressés par ce qui circule entre les notes que par la nécessité de remplir chaque seconde.

La fabrication de l’album répond également à cette volonté d’ouverture. Produit par Josh Homme et Michael Shuman, le disque a été enregistré au cours de sessions menées notamment à La Nouvelle-Orléans et Los Angeles. Le groupe réunit également Troy Van Leeuwen, Dean Fertita et Jon Theodore. Plutôt que d’imposer une seule direction sonore, les musiciens ont laissé les morceaux adopter différentes formes. Josh Homme expliquait dans la présentation publiée par Matador Records : « Every song sounds like it’s from a different world. » « Chaque chanson semble venir d’un monde différent. » Cette diversité explique certaines ruptures de ton, mais aussi le caractère parfois dispersé du disque. La méthode produit de belles surprises, particulièrement lorsque les instruments semblent se répondre sans chercher à occuper tout l’espace. Elle n’empêche pas quelques morceaux de manquer de netteté, comme le relèvent plusieurs critiques.

Perfecth, un troisième acte pour Queens of the Stone Age

Le contraste avec In Times New Roman…, publié en 2023, mérite qu’on s’y arrête. Ce précédent album conservait une part importante du rock anguleux et nerveux associé au groupe. Perfecth ne renie pas cet héritage, mais déplace le centre de gravité vers la mélodie et l’introspection. Il renoue aussi avec certaines préoccupations de …Like Clockwork, paru en 2013, notamment cette manière de faire cohabiter noirceur, arrangements élaborés et fragilité vocale. La présence de Sunday ajoute une autre dimension à ce parcours. Le morceau provient à l’origine de Post Pop Depression, l’album réalisé avec Iggy Pop en 2016. Cette nouvelle version permet au groupe de retrouver le jeu de références à David Bowie qui traverse une partie de son travail. Même lorsqu’il ralentit, Josh Homme n’abandonne pas complètement ses vieux fantômes musicaux.

Le chanteur présente désormais cette période comme un troisième acte. Dans un entretien accordé à NME le 30 octobre 2026, il revient sur l’importance de l’expérience parisienne : « I think the Catacombs have changed us forever, and so there is no going back – there’s only forward. » « Je pense que les Catacombes nous ont changés pour toujours. Il n’y a donc pas de retour en arrière possible, seulement une voie vers l’avant. » Cette déclaration éclaire un disque marqué par la maladie, les ruptures et les interrogations personnelles, sans suffire à expliquer chaque chanson. Homme continue d’utiliser l’humour noir, les personnages inquiétants et les arrangements de travers. Simplement, la démonstration de force n’occupe plus toute la pièce. La tournée nord-américaine annoncée pour le printemps 2027, avec les Pixies sur plusieurs dates, permettra de voir comment ces morceaux trouveront leur place sur scène. Entre les grands riffs du passé et ces chansons plus dépouillées, Queens of the Stone Age doit désormais faire cohabiter deux manières de jouer. Dans Perfecth, la guitare électrique n’a pas disparu : elle attend souvent derrière la porte, tandis que la voix essaie de finir sa phrase.

Josh Homme, chanteur de Queens of the Stone Age, défile dans un costume sombre à fines rayures lors du défilé Ann Demeulemeester printemps-été 2027 à Paris.
Josh Homme, leader de Queens of the Stone Age, sur le podium d’Ann Demeulemeester à la Paris Fashion Week.

Queens Of The Stone Age : Perfecth (Queens of the Stone age / Matador) – Sorti le 30 octobre 2026

Sources :

  • NME – Queens Of The Stone Age – ‘Perfecth’ review: the desert rock dons adventure into love for their third act – 2026
  • Rolling Stone – On the New Queens of the Stone Age Album, Josh Homme Picks Up the Pieces – 2026
  • Kerrang! – Album review: Queens Of The Stone Age – Perfecth – 2026
  • musicOMH – Queens Of The Stone Age – Perfecth – 2026
  • Exclaim! – Queens of the Stone Age Are Resurrecthed from Riffage on ‘Perfecth’ – 2026
  • The Arts Desk – Queens of The Stone Age return with intimate, vulnerable ninth album ‘Perfecth’ – 2026
  • NME – Queens Of The Stone Age: “The goal of music for us is to be able to play things that are difficult to say” – 2026
  • Matador Records – Queens of the Stone Age – Perfecth – 2026
  • Consequence – Queens of the Stone Age Announce Spring 2027 US Tour with Pixies – 2026