Les sorties albums du vendredi 18 septembre 2026 sont dominées par la pop de Miley, Carly Rae Jepsen, beabadoobee et Tove Lo. Beck, Neil Young et Anthrax occupent le terrain rock, tandis que Camille et Agnes Obel défendent des disques plus intimes. Une semaine dense, sans grand renfort du rap ou de la K-pop, mais avec plusieurs retours attendus et quelques changements de cap.
Sorties albums du 18 septembre 2026 : la pop voit grand
Miley Cyrus ouvre ce vendredi 18 septembre avec Bass Persuades, son dixième album studio, publié par Atlantic Records. La chanteuse se présente désormais sous le seul nom de Miley. Le geste pourrait sentir la réunion de service consacrée au « nouveau chapitre ». Il accompagne pourtant une période précise, un an après Something Beautiful. Miley présente ce disque comme un récit construit autour de l’amour, dans ses formes calmes comme dans ses zones moins confortables. Cette sortie marque aussi son retour aux concerts d’envergure, avec deux dates annoncées au Hollywood Bowl en octobre. L’attention médiatique sera donc massive, avant même que les chansons puissent réellement se défendre. Bass Persuades place Miley au centre d’un vendredi déjà très encombré.
Carly Rae Jepsen répond avec Day and Night, un double album de 24 titres publié par Interscope. Le disque oppose une partie diurne, nourrie d’instruments organiques et d’influences psychédéliques, à un versant nocturne plus électronique. La construction prolonge son goût pour les albums miroirs, déjà visible avec The Loneliest Time et The Loveliest Time. Ce format généreux ressemble presque à un refus de choisir. Tove Lo préfère concentrer le trouble dans Estrus, son sixième album. La chanteuse suédoise y poursuit son observation très directe du désir, de l’obsession et de la honte. Les premiers morceaux annoncent une pop électronique plus nerveuse que polie. Deux manières, finalement, de remplir la piste de danse sans prétendre que tout va bien.
Beabadoobee et Beck remettent les guitares au premier plan
Beabadoobee publie Pylon, son quatrième album, chez Dirty Hit et Interscope. Les quatorze titres ramènent les guitares vers le grunge, l’emo et le rock alternatif des années 1990. Après les contours plus doux de This Is How Tomorrow Moves, le son se fait plus dense et plus frontal. Hayley Williams, Chino Moreno des Deftones, Brendan Yates et Evan Stephens Hall figurent parmi les invités annoncés. Cette distribution pourrait vite tourner au défilé de badges crédibles. Elle sert surtout un disque dans lequel Beatrice Laus entend parler de célébrité, d’isolement et du passage peu reposant à l’âge adulte. Pylon ne cherche donc pas à effacer ses références. Il les utilise comme une matière présente, avec davantage de bruit dans les amplis.
Beck choisit une autre forme de dépouillement avec Ride Lonesome, son premier album entièrement inédit depuis Hyperspace en 2019. Publié par Capitol Records, le disque retrouve le producteur Nigel Godrich et les arrangements de David Campbell. Les douze chansons reviennent vers le folk, la country et les paysages mélancoliques de Sea Change. La solitude n’y sert pas de décoration beige pour salon calme. Elle traverse un album écrit dans le sillage de son divorce et marqué par le temps qui passe. Les orchestrations restent amples, mais la voix paraît volontairement exposée. Beck ne rejoue pas exactement son disque de 2002. Il en retrouve plutôt la température, devenue plus froide avec les années.
Camille, Agnes Obel et les vétérans refusent le même tempo
Camille revient avec The Sound of Milk, son premier album original depuis Ouï en 2017. Publié par Because Music, ce triple disque a été construit sur une période de quinze ans. Ses trois parties suivent la naissance, l’enfance puis l’adolescence de ses deux enfants. Le premier volume assemble notamment des voix de bébés et des sons domestiques, sans instrumentation traditionnelle. Le quotidien familial devient ici une matière musicale, pas un décor attendrissant posé autour des chansons. Camille travaille les bruits, les répétitions et le passage du temps avec la précision qui marque ses précédents albums. Le projet arrive après son travail avec Clément Ducol sur la musique d’Emilia Pérez. Mais The Sound of Milk ramène nettement la chanteuse vers son propre laboratoire vocal.
Agnes Obel publie de son côté The Meaning of Flowers chez Deutsche Grammophon, six ans après Myopia. Le disque compte douze titres et conserve le piano au centre de son écriture. Les premiers extraits, dont Laymelli, installent une tension douce, faite de silences, de cordes et de voix retenues. À l’autre extrémité du volume sonore, Anthrax revient avec Cursum Perficio, son premier album studio depuis dix ans. Le titre latin signifie que le voyage touche à son terme, mais le groupe a écarté l’idée d’un album d’adieu. Neil Young and the Chrome Hearts publient également Second Song chez Reprise, leur deuxième disque de 2026. Ses sept morceaux mêlent nouvelles compositions et deux chansons remontant aux années 1960. Le 18 septembre ne tranche donc pas entre nouveauté et mémoire : il laisse simplement plusieurs générations se disputer les enceintes.
Sources :
- Pitchfork — « Miley Cyrus Rebrands as Miley, Reveals New Album Bass Persuades », septembre 2026.
- Vogue — « Making Records, Being a Mom, Writing for Broadway—Carly Rae Jepsen Is All In », 16 septembre 2026.
- Dirty Hit — Page officielle de Pylon, date de sortie : 18 septembre 2026.
- The Guardian — « Beabadoobee: Pylon review », 17 septembre 2026.
- The Guardian — Entretien avec Tove Lo autour d’Estrus, 13 septembre 2026.
- Beck — Page officielle de Ride Lonesome, Capitol Records.
- Pitchfork — « Neil Young and the Chrome Hearts Return With New Album Second Song », août 2026.
- The Guardian — Entretien avec Camille sur The Sound of Milk, 24 juin 2026.
- Agnes Obel — Site officiel de The Meaning of Flowers.
- Deutsche Grammophon — Présentation de The Meaning of Flowers, août 2026.
- Louder — Chronique de Cursum Perficio d’Anthrax, septembre 2026.




















