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Rock en Seine 2026 : Deftones referme un samedi de punk, de metal et de boue

Amy Taylor chante sur scène avec Amyl and The Sniffers à Rock en Seine 2026.

Le samedi 29 août 2026, Rock en Seine a durci le ton au Domaine national de Saint-Cloud. Man/Woman/Chainsaw, Clipse, Amyl & The Sniffers et Turnstile ont préparé le terrain avant le concert de Deftones, tête d’affiche de cette quatrième journée. Sous la pluie, puis dans la boue, le festival a retrouvé les guitares que certains lui réclamaient avec une certaine insistance.

Rock en Seine 2026 : Man/Woman/Chainsaw dérègle l’après-midi, Clipse coupe net

À 18 h 50, Man/Woman/Chainsaw prend place sur la scène Roc-On Volkswagen. Le sextuor londonien arrive avec Cannonball, premier album sorti le 7 août, encore chaud du pressage. La pluie qui a détrempé le Domaine national de Saint-Cloud a cessé, et le soleil frappe désormais les musiciens de face. Pas exactement la lumière naturelle d’une cave londonienne. Guitares, batterie, claviers et violon s’agrègent, se heurtent, puis dégagent soudain une mélodie claire. Only Girl, Canyons et Goddamn, Lizard Man! résument assez bien cette méthode fondée sur la collision. Face à ce rock volontairement désordonné, certains n’entendent qu’une cacophonie tandis que d’autres acceptent de se laisser bousculer. Le son n’est ps très bon, on reconnait difficilement les titres de leur album. Mais bon, ce partage est presque le meilleur signe possible : Man/Woman/Chainsaw ne vient pas poliment occuper l’affiche. C’est clair!

À 19 h 45, Clipse déplace les codes vers la scène Boursobank. Après les instruments qui débordent, le duo formé par les frères Pusha T et Malice remet les voix et les mots au premier plan. Leur retour s’appuie sur Let God Sort Em Out, publié en 2025, seize ans après leur précédent album. Le concert commence par Chains & Whips, morceau récompensé aux Grammy Awards 2026 dans la catégorie meilleure performance rap. P.O.V. et Popular Demand (Popeyes) suivent, avant une setlist qui croise largement le nouvel album et les titres plus anciens. Momma I’m So Sorry, Keys Open Doors et Mr. Me Too ramènent le duo vers Hell Hath No Fury. Grindin’ reste le passage obligé, avec ce rythme minimal que quelques secondes suffisent à reconnaître. Au milieu d’un samedi saturé de guitares, Clipse ne constitue pas une pause mais une autre manière de frapper.

Amyl & The Sniffers et Turnstile : la foule passe au contact

À 20 h 45, Amyl & The Sniffers revient sur la Grande Scène, trois ans après son précédent passage à Rock en Seine. Amy Taylor apparaît avec une chevelure volumineuse qui renvoie directement aux figures du rock des années 1970. Elle saute, se balance et traverse la scène sans laisser longtemps le regard se poser. Control ouvre le concert, rapidement suivi par Do It Do It et U Should Not Be Doing That. La setlist accorde une large place à Cartoon Darkness, sorti en octobre 2024, sans oublier Security ou Guided by Angels. Entre deux morceaux, Amy Taylor rappelle son opposition aux violences et aux discriminations, tandis que les accélérations du guitariste Declan Mehrtens déclenchent des applaudissements nourris. Le concert oscille entre moments euphoriques et une une partie centrale répétitive et moins tendue. La dernière ligne droite remet tout le monde d’accord, ou presque, avec des pogos organisés autour des flaques de boue. Parfois aussi dedans, d’ailleurs… Fuck les Dr Martens trop propres…

À 21 h 45, Turnstile enchaîne sur la scène Boursobank, sans véritable sas de décompression. La scène connaît alors la plus forte affluence de la journée. Le groupe de Baltimore défend toujours Never Enough, album paru en 2025 et tout juste prolongé par une version remixée. BIRDS, Real Thing et ENDLESS ouvrent un set qui conserve la brièveté et l’impact du hardcore. Brendan Yates bondit, les guitares serrent le rythme et la foule répond par un mouvement continu. Une prestation plus frontale que lors de la tournée précédente, resserrée et sans temps mort. Mais aussi trop de blancs et une fin qui retombe au moment où le concert devrait achever le travail. Bref, avec Turnstile, quelques secondes de relâchement deviennent immédiatement visibles.

Deftones à Rock en Seine 2026 : la puissance, enfin la nuit

À 22 h 55, Deftones entre sur la Grande Scène. Le groupe de Sacramento n’avait plus joué sur cette scène de Rock en Seine depuis quinze ans. Il revient cette fois en tête d’affiche, devant une foule considérable et déjà bien rincé par la journée. Le riff de Be Quiet and Drive (Far Away) lance le concert et provoque une réaction immédiate. Swerve City, Around the Fur et Cherry Waves suivent dans une ouverture qui puise directement dans plusieurs périodes du groupe. Derrière les musiciens, des vidéos animées mêlent paysages abstraits et silhouettes irréelles. Ces images, coréalisées par Chino Moreno, donnent au concert une profondeur que les écrans géants ne consacrent pas toujours aux musiciens eux-mêmes. Les spectateurs les plus éloignés peuvent admirer le décor ; pour observer les mouvements de Chino Moreno, il faut parfois se contenter de deviner.

Le son ne reste pas parfaitement net et la voix de Chino Moreno manque de précision pendant les premiers titres. Elle gagne ensuite en assurance. Le chanteur retrouve ce passage constant entre lignes aériennes et cris tendus qui constitue toujours la signature physique de Deftones. Quatre morceaux de Private Music, paru en 2025, s’insèrent dans le programme : my mind is a mountain, locked club, infinite source et milk of the madonna. Le groupe ne transforme donc pas le concert en tournée des souvenirs correctement repassés. My Own Summer (Shove It) arrive tard dans le set, avant un rappel formé par Change (In the House of Flies) et 7 Words. Après environ une heure et quart, les dernières notes tombent peu après minuit, avec assez de volume pour prolonger le concert dans les oreilles. Deftones referme ce samedi sans réinventer sa formule, mais en rappelant qu’une vieille mécanique peut encore secouer le parc lorsqu’elle reste correctement réglée.


Festival Rock en Seine 2026 – à Saint Cloud –  du 26 au 30 août 2026 – Site officiel

Photos : Olivier Hoffschir, Antoine Jaussaud

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