Bois de Vincennes, début juin. La poussière fine sur les chaussures, les basses qui testent la patience des arbres centenaires, et cette lumière de fin d’après-midi qui transforme n’importe quelle clairière en décor de film. We Love Green pose ses dates du 5 au 7 juin 2026 pour une quinzième édition qui porte le poids de son histoire tout en regardant vers l’avant. Première édition après le rachat du festival par le duo AEG et Combat, ce millésime 2026 avait donc quelque chose à prouver. L’affiche répond à la question : oui, le cap est tenu.
Depuis sa création en 2011, We Love Green, LE rendez-vous indépendant a su fédérer jusqu’à 100 000 passionnés, s’imposant comme le baromètre des tendances musicales mondiales. Le festival a révélé au grand public des artistes devenus incontournables comme PNL et Aya Nakamura, ou encore Tyler The Creator avant qu’il ne reçoive un Grammy. Quinze ans plus tard, la formule reste la même : cinq scènes, un cadre naturel, une programmation qui mélange les familles musicales sans trop demander la permission, et un engagement écologique qui ne s’arrête pas à la communication.
Vendredi 5 juin : l’ouverture en grand
Le vendredi démarre avec Gorillaz en façade, comme un néon au-dessus du portail. Le projet musical de Damon Albarn et Jamie Hewlett fera le show en ouverture du festival. Le groupe s’apprêtant à sortir un nouvel album le 27 février 2026, ça promet une setlist fraîche et imprévisible. Difficile de rêver mieux comme acte d’ouverture.
Autour de cette tête d’affiche, la journée construit son propre tempo. Little Simz, artiste londonienne dont la discographie est devenue une référence en matière de rap britannique exigeant. Feu! Chatterton, dont les textes portent une certaine idée de la langue française dans TOUS les festivals. Dijon, indie nerveuse et efficace. Sébastien Tellier, qui joue le charme à l’ancienne avec une régularité désarmante. ¥ØU$UK€ ¥UK1MAT$U, dont la typographie fait déjà du bruit avant même d’entendre une note. Sudan Archives, Tatyana Jane, Jim Legxacy, DJ Gigola complètent un plateau de milieu d’affiche qui tient la route sans chercher à épater.
Les tréfonds de la programmation joue son rôle de sas : Yoa, Luvcat, Qendresa, Max Baby, Adés The Planet, Etta Marcus, Laze : des noms faits pour les gens qui entrent encore leurs gobelets vides et une attention pas tout à fait au top, mais qui repartent en ayant découvert pleins de choses nouvelles. Bref, la bonne attitude!
Samedi 6 juin : le grand mélange
Le samedi, We Love Green fait ce qu’il sait faire depuis quinze ans : assembler des univers qui ne se croisent normalement pas, et faire en sorte que ça fonctionne.
Theodora, l’artiste féminine française la plus écoutée du moment, fera son retour à We Love Green après son passage l’an dernier, mais cette fois sur la grande scène. À ses côtés, Addison Rae incarne une pop internationale décomplexée et efficace. Mac DeMarco traîne sa nonchalance au milieu comme à son habitude, Oklou apporte le contrechamp électronique, Hayley Williams (qui n’avait pas encore annoncé de date française sur sa tournée) arrive en signal lumineux, et Disiz assure l’ancrage rap français.
Pour la nuit et ses environs : KI/KI, Overmono, DJ Heartstring, puis les trajectoires plus obliques de Marguerite, LB aka Labat, NeS, Jeune Morty, Toccororo, Lancey Foux, Six Sex, Bamby, Erin LeCount, Olympe4000, Loukeman, Alewya, Blu Samu, Jetlag Gang, Dawa Collectif & Mikano, TTristana, Any Young Mechanic. Une journée faite pour passer d’un chapiteau à une clairière en se demandant qui a décidé du tempo… puis en cessant de se poser la question.
Dimanche 7 juin : fermeture en douceur
Le dimanche, c’est The XX qui ferme la porte. Le trio britannique est de retour en France après plusieurs années d’absence, et leur musique — minimaliste, nocturne, précise — tombe juste pour clore un week-end. Un nom qui tient plus du retour de silhouette que du coup d’éclat. La fin de festival n’ayant finalement pas besoin d’exploser.
Charlotte Cardin et Marina amènent le chant net et les grandes mélodies. Charlotte de Witte et Dom Dolla poussent la foule vers le sol en fin de soirée. Ethel Cain étire l’ombre sur la fin d’après-midi. Role Model fait le lien pop. Soulwax remet du muscle là où il faut. Autour : BB Trickz, Kettama, Rusowsky, Ninajirachi, Danyl, aupinard, Bambounou b2b HAAi, Yasmine Hamdan, Kumo 99, Deki Alem, Suze Ijó & Kamma. Le bois absorbe les derniers échos.
Au-delà de la musique
Ce serait réducteur de résumer We Love Green à son affiche musicale. La scène Think Tank réaffirme sa ligne éditoriale sociale : les débats porteront sur le techno-fascisme, les mécanismes de résistance, l’urgence écologique (pour ceux qui ne sont toujours pas au courant que la planète se réchauffe… ou les malins qui l’ont inclus dans leurs business plan). Les intervenants ? La journaliste Salomé Saqué, Féris Barkat de Banlieue Climat, Camille Etienne, ou encore Asma Mhalla et François Saltiel. Une nouvelle scène comedy s’ajoute au programme, avec des humoristes engagés qui ont trouvé par le rire une nouvelle manière d’éveiller les consciences. Et côté gastronomie, les chefs étoilés cuisinent avec les jeunes pousses, toujours en mode végétal.
Welovegreen : 5, 6 et 7 juin 2026 – Bois de Vincennes, Paris 12e – Site officiel
Photo : @JulietteVlr







