My Path sort le 27 février 2026 (Green Piste Records). La Cafetera Roja y remet au centre son vieux talisman : cette cafetière écarlate posée au milieu de la table, brasero portable et drapeau de fortune. Un objet simple, presque obstiné, qui dit mieux que n’importe quel discours ce que le groupe continue de vendre, au sens noble : de la chaleur, du collectif, du mouvement.
Barcelone, les langues, la scène
L’histoire de La Cafetera Roja ressemble moins à une légende qu’à une scène banale : au début des années 2000, ils jouent dans les rues de Barcelone ; un bar, une cafetière “pile en face”, un nom choisi sur le coin d’une table. Depuis, l’emblème tient : convivialité, énergie, moments partagés. Et surtout une manière de parler en plusieurs langues comme on traverse une ville (anglais, espagnol, catalan, allemand), sans choisir un camp.
Le morceau-manifeste La Kfet pose le décor : “multicultural”, “todo bienvenido”, le micro à la main. La Cafetera Roja persiste à refuser les étiquettes, et l’on comprend pourquoi : leur musique se nourrit des frottements, pas des cases. Ça peut virer au rap, retomber sur un refrain pop, filer vers une énergie plus rock, s’autoriser une ballade (Again and again) ou un détour annoncé comme “flamenco 2.0” (Brillando). Le point fixe, c’est le “live” : la scène comme prise électrique, leur lieu de recharge.
Riom, le corps, la politique douce
Ce disque marque aussi un retour au corps. Après des années de route, ils parlent désormais gainage, diète, longévité : non pas pour se discipliner, mais pour durer. Même contraste côté époque : hier TomTom et la promo faite sur scène, aujourd’hui l’ombre de TikTok qui donne des sueurs froides. La modernité comme obligation administrative.
Pour composer My Path, ils se sont retrouvés à Riom, à La Puce a l’Oreille, en résidence : quatre semaines à trier des démos, resserrer l’étau sur les chansons, puis poser les textes. Pour la première fois, un regard extérieur s’invite : l’arrangeur/réalisateur Mathis Akengin, décrit comme un “regard plus moderne”. La pochette, elle, est signée Mona-Lumir Fabiani : des collages qui mélangent “immeubles autrichiens”, “monuments barcelonais”, “terril stéphanois”, comme une Tour de Babel en papier découpé.
Reste le fond, moins décoratif qu’il n’y paraît. Dans You and I, ils glissent une consigne nette — “support the locals don’t buy in the mall” — et l’idée revient : la fête, oui, mais pas comme alibi. Ils se présentent comme un “groupe de lovers” qui prône l’amour “comme façon de résister”, loin du cynisme. C’est leur fragilité et leur force : faire de la chaleur une politique, tout en sachant qu’à force d’être brandie, elle finit toujours par être mise à l’épreuve.
La Cafetera Roja : My Path (Green Piste Records) – Sortie le 27 février 2026
Concert le 11 mars 2026 à La Boule Noire (Paris) et tournée française – Site officiel






