Sorti le 17 avril 2026 chez ZRP, War Machine marque le retour de The Lanskies après plus de dix ans de silence discographique. Le groupe de Saint-Lô, remarqué dès les années 2010 par Les Inrockuptibles et revenu sur scène en 2025, livre un quatrième album de onze titres entre post-punk, indie-pop et réflexes new wave.
War Machine, d’abord une affaire de nerfs
The Lanskies sont de retour ! Dès les premiers titres, War Machine avance sur une ligne tendue. La batterie frappe droit. La basse serre l’espace. Les guitares ne cherchent pas la brume, elles découpent. La voix de Lewis Evans garde ce mélange de nervosité et d’élan qui a longtemps servi de signature au groupe. On entend un disque fait pour bouger, mais pas pour sourire poliment. La pulsation insiste, la mélodie passe, puis revient avec un air de vieux réflexe très bien entretenu. Vous avez compris : War Machine ne fait pas semblant d’arriver en chaussons.
Le premier single, “Sexy Teacher”, pose ce programme sans détour. C’est un morceau à tension répétitive, taillé pour le live, avec un croisement entre énergie rock-électro et mécanique new wave. Un titre qui pousse tout droit, avec peu d’ornements inutiles et un goût certain pour l’impact immédiat. “Strawberry Lane”, mis en avant ensuite, ouvre une zone plus sombre, plus intérieure, avec piano et texture post-punk. Le contraste est utile. Il évite au disque de tourner au simple exercice de relance électrique. “Jacky”, de son côté, laisse entrer une nervure plus nocturne, plus fragile aussi. Rien de très décoratif. Tant mieux pour le disque.
Une fabrication rapide, et cela s’entend
Le point de départ du retour ? Début 2025, The Lanskies remontent sur scène à la demande du Normandy pour la dernière soirée “Début de Siècle” avant travaux. Ce concert agit comme déclencheur. La reformation s’organise autour de Lewis Evans et Florian von Künssberg, rejoints par Antoine Cadot, Alex Paul puis Anthony Cox. Les premières maquettes arrivent au printemps 2025. Le passage en studio suit à l’automne. Ce tempo rapide compte. Il donne au disque une sensation d’élan presque brut, comme si le groupe avait préféré l’instinct au brainstorming. On a connu des méthodes plus bavardes.
L’album a été enregistré au Studio de la Chouette, puis mixé par Clive Martin (Queen, The Cure, Les Wampas, Les Négresses Vertes ou encore Stereophonics). Ce nom n’est pas anodin dans l’histoire du groupe : Martin était déjà lié à Hot Wave, et son retour au mixage donne une forme de continuité technique à cette relance. Le mastering a été confié à Christophe Menenteau. Le résultat : un son dense, frontal, propre sans devenir lisse. La production connaît le chemin. Elle ne traîne pas. Elle ne cherche pas non plus à faire oublier d’où vient le groupe, ce qui est souvent plus intelligent que l’inverse.
Le disque relance la machine, sans effacer ses habitudes
Le mérite principal de War Machine est là. The Lanskies ne jouent pas au groupe revenu de tout. Ils rejouent leur langue musicale en la resserrant. Le disque convoque des repères souvent cités autour d’eux, de la new wave au post-punk dansant, avec une place nette pour la pop nerveuse britannique. La vieille étiquette de “Hot Wave” continue de planer au-dessus du groupe. Elle n’explique pas tout, mais elle aide à comprendre ce mélange de sueur, de tension et d’efficacité mélodique. Le groupe n’a pas renié cette zone.
Onze titres. Pas de dispersion spectaculaire. Pas de rupture destinée à montrer que tout le monde a beaucoup écouté beaucoup de choses pendant dix ans. Le disque travaille surtout la continuité sous tension. Cela peut aussi devenir sa limite. À force de discipline, certains passages privilégient l’allure à la surprise. Le morceau fait son travail, sans insister davantage. Mais ce choix a sa logique. Un groupe qui revient après une aussi longue absence n’a pas forcément intérêt à déplacer tous les meubles d’un coup, surtout quand il sait encore comment faire circuler l’électricité dans une chanson.
Une pochette, des clips, une tournée : le retour circule déjà
Autour de l’album, The Lanskies ont aussi soigné l’image avec un triptyque vidéo réalisé par Jonathan Perrut autour de “Sexy Teacher”, “Strawberry Lane” et “Jacky”. La logique est narrative plus que promotionnelle : un enchaînement de clips qui se répondent, avec un pub nommé “War Machine” comme lieu de refuge, de bascule ou de débordement collectif. La pochette conçue avec Gaël Périer pousse la même idée. Une ville nocturne. Une pieuvre rose géante. Un bar éclairé dans le décor. L’image a le bon goût d’être un peu absurde et un peu inquiétante à la fois. Elle remplit correctement sa fonction.
La sortie de War Machine le 17 avril 2026 coïncide avec le Record Store Day, avec une édition vinyle collector annoncée pour l’occasion. En parallèle, le groupe a repris la route et une release party annoncée au Big Band Café, tandis qu’OÜI FM a accompagné la sortie par une interview et une session acoustique. C’est peut-être là que The Lanskies sont les plus convaincants. Dans cette façon de réapparaître sans demander à être excusés par le temps perdu. Le bar au centre de la pochette reste allumé. Le reste, pour l’instant, bouge encore.
The Lanskies : War Machine (ZRP) – Sortie le 17 avril 2026
Sources :
- Les Inrockuptibles – The Lanskies, rock poids coq – 2014
- Les Inrockuptibles – The Lanskies : le clip dansant de “48 Hours” – 2013
- OÜI FM – The Lanskies annoncent leur grand retour avec “War Machine” après 10 ans d’absence – 2026
- OÜI FM – Réécoutez l’interview et la session acoustique de The Lanskies – 2026
- Rock Made in France – Le titre du jour : Sexy teacher de The Lanskies – 2026
- Qobuz – War Machine par The Lanskies – 2026
- Ce que pensent les hommes – THE LANSKIES – Nouveau clip “SEXY TEACHER” Disponible – 2026
- Ce que pensent les hommes – Nouvel album “War Machine” – Disponible le 17 avril – 2026






