Suki Waterhouse revient dans l’actualité musicale avec Loveland, album annoncé pour le 10 juillet 2026. Du chemin qui l’a menée de la mode britannique à une indie pop brumeuse, entre campagnes Burberry, scènes de tournée, guitares molles et chansons de rupture qui préfèrent le flou aux grandes déclarations. Retour sur la mannequin chanteuse ou vice versa.
Suki Waterhouse : de la mode aux chansons
Suki Waterhouse arrive d’abord par l’image. La mode la repère tôt, à Londres. Vogue UK rappelle qu’elle est repérée à 16 ans, puis devient à 19 ans le visage lingerie de Marks & Spencer, photographiée par Rankin. Rien de très underground, donc. Plutôt l’entrée classique par la grande vitrine, les campagnes, les essayages, les cheveux décoiffés juste ce qu’il faut. Elle travaille ensuite dans cet espace où le vêtement parle avant la personne. La moue, la frange, le manteau, le flash… Chez elle, la mode n’est pas un décor ajouté après coup. C’est son premier langage.
Burberry joue un rôle visible dans cette première période. Suki Waterhouse marche notamment pour Burberry pendant la Fashion Week de Londres en septembre 2014. Elle apparaît aussi dans l’univers beauté de la maison britannique, avec la campagne Burberry Kisses de 2015. Le décor est net : Londres, trenchs, lèvres rouges, lumière froide, aristocratie pop en version campagne. C’est élégant, parfois un peu trop bien peigné pour être totalement dangereux. Mais Waterhouse y gagne autre chose qu’une ligne de CV. Elle apprend à fabriquer une présence sans la surcharger. Plus tard, quand elle montera sur scène, cette économie-là restera. Un mouvement de tête, une robe courte, une guitare, et l’air de ne pas trop appuyer.
Une carrière musicale entre indie pop et mélancolie
La musique de Suki Waterhouse n’arrive pas comme une rupture brutale. En 2017, Good Looking sort chez Sub Pop, avec une lenteur vaporeuse, une voix basse, des accords qui semblent flotter dans une chambre. Le morceau deviendra viral plus tard, notamment sur TikTok en 2022, ce qui est une manière très contemporaine de voir une chanson ancienne revenir frapper à la porte. Avant cela, elle avait déjà sorti Brutally en 2016. Pas de grand geste tapageur. Pas de manifeste. Juste une écriture sentimentale, un peu nocturne, qui regarde l’amour comme une photo mal développée. La chanson ne cherche pas à écraser. Elle s’infiltre.
Son premier album, I Can’t Let Go, sort en 2022 chez Sub Pop. Sub Pop n’a pas vraiment bâti son histoire sur les caprices de célébrités venues chanter trois refrains entre deux shootings. L’album installe Waterhouse dans un registre plus sérieux, mais pas pesant. On y trouve une pop indépendante, des guitares rêveuses, des refrains qui avancent sans forcer la porte. Il y a des chansons qui regardent en arrière, comme si chaque histoire sentimentale avait laissé une lumière allumée quelque part. Waterhouse y chante souvent depuis l’après-coup. Elle ne dramatise pas tout. Elle laisse traîner les traces.
En 2024, Memoir of a Sparklemuffin élargit le terrain. Sub Pop présente le disque comme un double album traversé par la folk americana, le rock alternatif des années 1990, l’indie du début des années 2000 et une pop plus artisanale. Le titre vient d’une araignée paon australienne, détail à la fois joli, étrange et légèrement ridicule, donc assez adapté. Le disque compte 18 titres dans son édition initiale. C’est beaucoup. Par moments, cette profusion donne l’impression d’un carnet où tout n’a pas été trié. Mais c’est aussi ce qui rend Waterhouse intéressante : elle ne cherche pas encore la ligne parfaite. Elle accepte les détours, les chansons moins lisses, les images un peu kitsch.
Le style Suki Waterhouse, entre robe légère et guitare lourde
Le style de Suki Waterhouse fonctionne parce qu’il ne sépare jamais complètement la mode et la musique. Sur scène, elle prolonge un imaginaire déjà visible dans ses années mode : robes courtes, bottes, franges, transparences, brillance fatiguée. Vogue a décrit son vestiaire récent comme marqué par un esprit glam rock des années 1970, faux manteaux de fourrure, jeans très évasés, rhinestones et références bohèmes. Le piège serait d’en faire une simple nostalgique. Ce serait trop facile, et un peu paresseux. Waterhouse ne rejoue pas les seventies comme un musée. Elle les utilise comme un filtre, mais avec assez de distance pour éviter le déguisement complet.
Son passage dans Daisy Jones & The Six a renforcé ce lien entre image musicale et garde-robe. Dans la série Prime Video lancée en mars 2023, elle incarne Karen Sirko, claviériste d’un groupe de rock fictif. Le rôle tombe presque trop bien : clavier, scène, silhouettes seventies, tension de groupe, regards sous les projecteurs. Mais il serait faux de dire que la série invente Suki Waterhouse chanteuse. Elle lui donne surtout un cadre populaire où le public peut enfin relier les pièces. La musicienne existait déjà. La série ajoute du décor, des amplis, des vestes, un peu de fumée.
Suki Waterhouse : Loveland (Confidence reccords / Island / Univresal music) – Sortie le 10 juillet 2026






















