Sorti le 23 octobre 2026 chez LLOUD et RCA Records, Press Play marque le retour en solo de LISA, membre de BLACKPINK, après Alter Ego. Six morceaux, seize minutes, du rap, des basses lourdes et plusieurs références au cinéma. La presse musicale reconnaît l’efficacité des productions, mais reste divisée sur la cohérence du disque. Derrière cette énergie, LISA cherche encore à imposer une identité musicale qui lui appartienne vraiment.
Press Play de LISA : ce que pense la presse musicale
La réception de Press Play révèle un désaccord assez net. Pour le magazine espagnol LOS40, LISA retrouve une énergie rap convaincante tout en affirmant ses origines thaïlandaises. Le site américain Ratings Game Music reconnaît lui aussi la qualité des productions et l’efficacité des mélodies. Mais la journaliste Emma Platt regrette que les six morceaux ne forment pas un ensemble suffisamment distinct de ses précédents enregistrements. Roman Kamshin, pour Showbiz by PS, se montre plus sévère. Il décrit un EP qui multiplie les démonstrations d’assurance sans renouveler véritablement ses idées musicales. The Kraze défend au contraire un projet cohérent, construit comme une succession de scènes cinématographiques.
Un morceau échappe pourtant en partie aux désaccords : « Tarantino ». Ratings Game Music y entend l’une des meilleures interprétations vocales de LISA, portée par des arrangements qui empruntent au rock. Showbiz by PS souligne également l’efficacité de sa batterie et son atmosphère de film d’action. LOS40 se montre moins enthousiaste, estimant que les références à Quentin Tarantino prennent parfois trop de place. Le constat résume assez bien les limites du disque. LISA possède le sens du rythme, de l’attitude et de l’image, mais ses chansons peinent parfois à dépasser leur concept initial. Ce n’est pas exactement un manque de moyens. Plutôt une difficulté à transformer chaque idée de départ en composition réellement marquante.
Du rap, des basses épaisses et beaucoup de cinéma
« SaWaDiKa » ouvre l’EP avec des percussions sèches, une basse insistante et un refrain construit autour d’une salutation thaïlandaise. Le titre affirme les origines de LISA sans abandonner les codes du hip-hop international. LOS40 apprécie cette direction, tout en regrettant les répétitions du refrain. « V12 », produit par Dem Jointz, ralentit légèrement la cadence et laisse davantage d’espace aux graves. La voix devient plus posée, mais les paroles reviennent aux voitures de luxe et aux signes extérieurs de réussite. Avec « Cobra », produit par Johnny Goldstein, LISA retrouve l’énergie des clubs du début des années 2000. Le morceau emprunte à « Pass That Dutch » de Missy Elliott et Timbaland. Tout fonctionne sur l’impact immédiat, parfois au détriment de la nuance.
La seconde moitié du disque joue plus franchement avec le cinéma. « Tarantino » convoque Kill Bill, tandis que « Cut U Off » utilise le célèbre sifflement associé au personnage d’Elle Driver. Le premier titre convainc plusieurs critiques grâce à ses arrangements plus nerveux. Le second promet une tension que sa production ne maintient pas complètement, selon LOS40. Enfin, « Sweat » abandonne une partie de cette agressivité pour une atmosphère électronique plus lente. Les voix se mêlent aux effets sonores et les rythmes deviennent moins frontaux. Ce dernier morceau laisse entrevoir une direction plus souple, moins préoccupée par la démonstration. Dommage que le disque s’arrête précisément au moment où cette piste commence à devenir intéressante.

Après Alter Ego, LISA cherche encore sa place
Avec Press Play, LISA s’éloigne de la construction d’Alter Ego, son premier album studio publié en février 2025. Ce dernier multipliait les personnages et les collaborations pour explorer différentes facettes de sa musique. Le nouvel EP privilégie le rap et des compositions plus courtes. Plusieurs producteurs participent à cette orientation, notamment Thom Bridges, Ojivolta, Dem Jointz et Johnny Goldstein. Kuk Harrell figure également parmi les collaborateurs associés au travail vocal. Dans l’émission de Jimmy Fallon, LISA a présenté ce projet comme une manière de raconter son parcours, de ses racines thaïlandaises à sa carrière internationale. Cette intention donne un cadre au disque, sans nécessairement suffire à relier tous ses morceaux.
La sortie de Press Play précède la résidence Viva La Lisa, annoncée pour novembre 2026 à Las Vegas. Le disque fournit à la chanteuse de nouveaux titres à défendre sur scène, avec des refrains courts et des rythmes immédiatement reconnaissables. Cette efficacité constitue aussi sa principale limite. Les productions occupent beaucoup d’espace, tandis que les compositions n’exploitent pas toujours toutes leurs possibilités. La presse musicale s’accorde largement sur l’assurance de LISA, mais beaucoup moins sur la portée de cette nouvelle étape. Entre le rap de « SaWaDiKa », les références de « Tarantino » et les textures plus retenues de « Sweat », plusieurs directions restent possibles. Pour l’instant, elles cohabitent davantage qu’elles ne se répondent. Seize minutes suffisent pour annoncer un changement, pas toujours pour lui donner corps. De là à penser que cet ep est juste un casting pour trouver un producteur…
LISA : Presse play (RCA records) – Sorti le 23 octobre 2026
Sources :
- LOS40 – Crítica de ‘Press Play’ de LISA: el trono del K-pop está en juego y ella tiene un Ferrari – 23 octobre 2026
- Ratings Game Music – LISA – PRESS PLAY (EP Review) – 23 octobre 2026
- Showbiz by PS – EP Review: Lisa « Press Play » – 23 octobre 2026
- The Kraze – LISA Reintroduces Herself with New EP PRESS PLAY – 24 octobre 2026
- Complex – LISA’s New EP ‘Press Play’: Tracklist, Meaning, and Everything You Need to Know – 20 octobre 2026




















