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In Spite of Everything : les Boo Radleys entre deuil et pop cabossée

The Boo Radleys ont publié In Spite of Everything le 1er mai 2026, nouvel album du groupe britannique revenu en activité depuis 2021. Neuvième album studio, après Keep On With Falling et Eight dans cette seconde vie sans Martin Carr. Le son reste pop, psychédélique, parfois râpeux. Le sujet, lui, pèse plus lourd : l’album a été conçu après la mort du fils aîné du bassiste Tim Brown.

L’avis presse sur The Boo Radleys In Spite of Everything

La réception de In Spite of Everything dessine une ligne assez claire. La presse qui accompagne le retour des Boo Radleys salue d’abord un disque plus tendu que les deux précédents albums de reformation. Sur le site officiel du groupe, Classic Pop parle du « troisième et meilleur album depuis la reformation en 2021 », en notant une urgence plus dure, proche de l’époque C’mon Kids. Uncut, de son côté, retient l’énergie psych-punk de Affected / Rejected et le charme britpop de King Budgie, avec l’idée que le disque cherche de la lumière sans nier les dégâts. Hot Press va plus loin dans l’enthousiasme, avec une note de 8,5/10 et l’image d’un groupe qui traverse les genres avec aisance. Le consensus est donc assez lisible : les Boo Radleys n’ont pas seulement remis la machine en marche. Ils l’ont un peu cabossée, et c’est plutôt une bonne nouvelle.

Un disque pop, mais avec les angles sortis

Le disque travaille une pop britannique reconnaissable, mais pas lisse. Les voix restent claires, les harmonies cherchent l’accroche, les guitares gardent une friction. Des claviers et des couleurs pop apparaissent avec cette manière de polir la mélodie tout en laissant une poussière dans les coins. Ce n’est pas exactement une opération nostalgie.

La critique la plus sévère vient d’Audiophix, à propos du single Solarcide. Le site juge le morceau agréable mais peu mémorable, et critique notamment une rupture à deux minutes qu’il trouve trop brusque et inutile. Ce reproche dit quelque chose du disque, même quand on ne le partage pas entièrement. Les Boo Radleys aiment encore changer d’ambiance au milieu d’une chanson. Et ça, on aime bien.

Deuil, studio domestique et chansons de survie

Le contexte de la création de l’album donne au disque son poids. In Spite of Everything a été enregistré après la mort du fils aîné de Timothy Brown. L’album aborde le deuil et l’impuissance qui l’accompagne, la mémoire et l’impossibilité de revenir en arrière. Song for Natalie tient presque du message nu. Wasn’t I Enough? avance avec une phrase simple : les souvenirs ne disparaissent pas. Le disque ne transforme pas tout cela en grand théâtre. Il garde souvent une forme pop, ce qui rend l’affaire plus raide.

Maintenant, cette période des Boo Radleys n’est plus celle de Giant Steps, ni celle de la célébrité accidentelle de Wake Up Boo!. Bandcamp présente le groupe comme reformé en trio en 2021, avec Simon “Sice” Rowbottom, Tim Brown et Rob Cieka, et évoque un processus d’écriture plus démocratique appuyé par l’enregistrement à la maison. Pitchfork rappelait déjà que Keep On With Falling, sorti en 2022, était le premier album du groupe depuis 1998 et le premier sans Martin Carr. C’est le point sensible de toute lecture critique actuelle. Les Boo Radleys existent encore, mais autrement.

Les Boo Radleys après Giant Steps et Wake Up Boo!

Pour comprendre la réception de In Spite of Everything, il faut garder en tête l’ombre longue de Giant Steps et de Wake Up Boo!. Pitchfork, dans sa chronique récente de Giant Steps, rappelait combien les Boo Radleys ont été mal servis par les cases médiatiques des années 1990, coincés entre shoegaze, Britpop, psychédélisme et pop grand public. Le site décrit Giant Steps comme un disque où shoegaze, Britpop et psychédélisme fusionnaient dans une version alternative des années 1990. Cette histoire pèse sur les nouveaux albums. Elle crée une attente parfois injuste. Elle explique aussi pourquoi la presse écoute chaque nouveau morceau avec une question sous la table : est-ce encore un vrai déplacement, ou seulement une bonne copie d’un vieux geste ?

MusicRadar, dans un entretien récent avec Sice autour de Wake Up Boo!, replace aussi le groupe dans une situation étrange : tout le monde connaît la chanson, pas toujours le nom du groupe. Sice y dit que le morceau reste joué à chaque concert, parce que le public le veut et parce que c’est « a good song ». Il ajoute aussi : « Wake Up Boo! is a great throwaway pop song, but it was never meant to define who we are. » « Wake Up Boo! est une grande chanson pop jetable, mais elle n’a jamais été censée définir qui nous sommes. » Cette phrase éclaire In Spite of Everything. Le nouvel album cherche encore à sortir de cette carte postale trop lumineuse. Il y met des guitares, des chœurs, de la peine, des refrains qui tiennent debout. C’est déjà pas si mal.


The Boo Radleys : In Spite of Everything (Boostr music) – Sortie le 1er mai 2026

Sources :

  • Bandcamp – In Spite of Everything – 2026
  • The Boo Radleys – Official Website, Music & Tour Dates – 2026
  • The Boo Radleys – Album Reviews – 2026
  • Louder Than War – The Boo Radleys return with new album In Spite Of Everything – 2026
  • Sun Burns Out – The Boo Radleys – In Spite Of Everything – 2026
  • Sound of Violence – Chronique album : The Boo Radleys – In Spite Of Everything – 2026
  • Pitchfork – The Boo Radleys Announce First Album in Over 20 Years, Share New Song: Listen – 2021
  • Pitchfork – The Boo Radleys: Giant Steps Album Review – 2025
  • MusicRadar – How the Boo Radleys wrote one of the most optimistic radio hits of the ’90s – 2026
  • Audiophix – New Boo Radleys single: Revival or disappointment? – 2026
  • Tinnitist – Albums Of The Week: The Boo Radleys | In Spite of Everything – 2026

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