MUNA a fait paraître Dancing On The Wall le 8 mai 2026. Quatrième album studio du trio de Los Angeles (Katie Gavin, Naomi McPherson et Josette Maskin), il arrive quatre ans après l’éponyme MUNA et marque, aux yeux de la presse musicale, un tournant vers une pop plus tendue, plus politique, débarrassée de la légèreté qui avait fait le charme de l’ère Silk Chiffon.
Ce qu’en dit la presse
Pitchfork est le premier à situer le nouvel album de MUNA dans un registre plus sombre. Le média rappelle l’image lumineuse longtemps associée au groupe : celle d’une pop queer solaire et festive, avant de noter que ce nouveau disque travaille une palette résolument plus anxieuse. Mais il se garderait bien de réduire Dancing On The Wall à une œuvre austère : le sexe, le désir, la communauté y demeurent présents, obstinément. C’est le décor qui a changé. Les synthés brillent autrement, moins miroir de boule à facettes. Dans cette lecture, l’album répond à un durcissement politique tangible, notamment autour des droits LGBTQ+. Vous avez compris, on est loin de la fête insouciante.
NME résume quant à lui le disque comme une rencontre entre légèreté, désir et malaise, un objet plus épineux que les précédents, traversé de glam rock et de courants indie. Slant Magazine perçoit un album propulsif, certes, mais insiste davantage sur son intimité : sous les beats et les refrains, une demande simple se formule, presque murmurée, celle d’accepter le risque du lien. Associated Press abonde dans ce sens, décrivant un disque électrique et urgent, où les hauts et les bas du désir se jouent sous le poids du moment politique. Far Out Magazine, plus réservé, reconnaît un disque honnête sans y voir un véritable pas en avant. La presse, on le voit, hésite.
Une pop de club, les murs en sueur
Le son de Dancing On The Wall reste celui d’un groupe qui maîtrise parfaitement la mécanique pop. Les refrains s’élèvent vite et haut. Les batteries sont rondes, nettes, presque trop disciplinées. Les synthés progressent par nappes, par pulsations, par petites alertes feutrées. La voix de Katie Gavin conserve ce mélange singulier de précision et de fatigue affective : elle chante souvent comme quelqu’un qui sait déjà que la scène va mal tourner.
Le titre d’ouverture, It Gets So Hot, installe d’emblée une chaleur physique et opaque. Associated Press y entend des corps en mouvement, le bitume brûlant de Los Angeles, des claviers lumineux et des synthés qui rampent en dessous comme une menace douce. La presse s’accorde surtout sur ce basculement : là où MUNA, en 2022, offrait une euphorie portée par Silk Chiffon aux côtés de Phoebe Bridgers, Dancing On The Wall garde la danse mais retire un peu l’oxygène.
Eastside Girls est présenté par Associated Press comme une relecture lesbienne et ancrée de We Didn’t Start the Fire de Billy Joel, profondément enracinée dans Los Angeles. Wannabeher penche vers un désir frontal et assumé. On Call revient à l’humiliation douce des relations bancales. Big Stick, plus tranchante, pose un regard politique sur le pouvoir, les médias, la guerre et la fabrication du consentement. L’album avance donc, mais les épaules sont crispées.
Sous tension, entre Los Angeles et le monde
L’œuvre navigue sur une palette sombre et anxieuse, nourrie par la chaleur de Los Angeles, les turbulences politiques mondiales et les inquiétudes d’une génération millennial qui n’a plus vraiment l’âge de feindre l’insouciance. Le groupe formule sa propre ambition en une phrase : « Perhaps it’s a call to step outside the algorithm and into the richness of our lives. » — un appel à sortir de l’algorithme pour entrer dans la richesse de nos vies. Énoncée ainsi, la formule flirte avec le slogan. Sur disque, elle sonne plus nerveuse.
Dans ELLE, le trio décrit une fabrication plus collective, Katie Gavin servant souvent de point de départ aux chansons avant que le groupe ne les mène à leur terme ensemble. Naomi McPherson évoque des idées qui arrivent par chemins divers, puis sont portées au bout à trois. Josette Maskin, elle, résume l’ambiance de l’album avec une image qui a au moins le mérite de l’honnêteté : « It’s like a summer record, but in hell’s club. » Un disque d’été, mais dans le club de l’enfer. Pour une fois, la formule marketing est à la hauteur.
Un pas de côté, pas une rupture
Dancing On The Wall s’inscrit dans une discographie qui compte désormais quatre chapitres : About U en 2017, Saves the World en 2019, MUNA en 2022, et cet album. Depuis MUNA, le groupe est devenu plus visible, plus identifié, plus attendu et Silk Chiffon a solidement ancré MUNA dans l’imaginaire d’une pop queer joyeuse. Le nouveau disque refuse de rejouer exactement cette image. Il conserve les refrains, dépose juste une part du vernis.
MUNA: Dancing on the Wall (Saddest factory records) – Sortie le 8 mai 2026
Sources :
- Pitchfork – MUNA: Dancing on the Wall Album Review – 2026
- NME – MUNA – ‘Dancing On The Wall’ review: euphoric pop, political dread – 2026
- Slant Magazine – Muna ‘Dancing on the Wall’ Review: Big Feelings on the Dance Floor – 2026
- Associated Press – Music Review: On Muna’s ‘Dancing On The Wall,’ desire and dread meet on the dance floor – 2026
- ELLE – Welcome to Muna’s Hottest Era Yet – 2026
- The Line of Best Fit – “A call to step outside the algorithm”: MUNA reveal new record Dancing On The Wall alongside London and NY residencies – 2026
- The Line of Best Fit – MUNA share new track, “So What” – 2026
- Northern Transmissions – Muna – Dancing On The Wall – 2026
- Far Out Magazine – MUNA – ‘Dancing On The Wall’ album review: A stagnant party – 2026
- Bandcamp – Dancing On The Wall by MUNA – 2026

















