À Paris, la créatrice mexicaine Erika Alvarez présente La Ofrenda, une collection capsule de KOUA México inspirée du Día de Muertos. Un hommage à Frida Kahlo, Leonora Carrington, Vivienne Westwood et Coco Chanel, entre artisanat mexicain et textiles issus de stocks dormants. La collection sera accompagnée d’une exposition ouverte au public du 31 octobre au 2 novembre.
KOUA México : quatre femmes derrière La Ofrenda
Dans La Ofrenda, les quatre noms ne forment pas une famille artistique très homogène. Erika Alvarez retient de Frida Kahlo sa manière d’affirmer l’identité mexicaine et de transformer la souffrance en expression artistique. Le choix de Leonora Carrington répond à une autre proximité, géographique cette fois. La peintre surréaliste, née en Angleterre, a vécu en France avant de s’établir au Mexique. Erika Alvarez a effectué le chemin inverse. Née au Mexique, elle a passé douze ans en Angleterre avant de s’installer en France. Dans son communiqué, elle insiste sur la manière dont ces déplacements entre plusieurs cultures ont façonné leurs parcours respectifs. L’hommage dépasse ainsi les influences purement esthétiques pour toucher à des expériences personnelles.
Vivienne Westwood apparaît pour son militantisme et sa volonté de bousculer les conventions de la mode. Erika Alvarez souligne notamment son engagement environnemental, qu’elle relie à sa propre approche de la création. Coco Chanel occupe une place différente dans cet ensemble. La fondatrice de KOUA México s’intéresse à son indépendance, à sa détermination et à sa capacité de réinvention. Quatre femmes, donc, mais quatre héritages qui ne racontent pas la même histoire. L’une incarne l’identité mexicaine, une autre le passage entre les cultures, les deux dernières une certaine idée de la liberté dans la mode. Leur réunion tient davantage de l’hommage personnel que de la leçon d’histoire. Et c’est précisément ce qui donne son sens au titre de la collection.

Du Chiapas à Paris, le Día de Muertos dans les étoffes
Le textile constitue l’autre point central de La Ofrenda. Certaines pièces intègrent des étoffes réalisées à la main par des artisanes du Chiapas et d’Oaxaca, dans le sud du Mexique. Les tissus sont fabriqués sur des métiers à tisser à ceinture et à pédales, selon des techniques traditionnelles. Ces outils nécessitent une maîtrise précise du geste et des matières. La création contemporaine ne remplace donc pas ici le travail artisanal : elle l’intègre directement au vêtement. À ces textiles mexicains s’ajoutent des matières provenant de Nona Source, plateforme spécialisée dans la valorisation des stocks dormants de l’industrie de la mode. Le principe consiste à utiliser des tissus déjà existants plutôt que de produire systématiquement de nouvelles matières. Erika Alvarez associe ainsi deux démarches distinctes : préserver des savoir-faire textiles et limiter le recours à des matières neuves.
Le calendrier de présentation n’est pas choisi au hasard. Du 31 octobre au 2 novembre 2026, une exposition ouverte au public prolongera cette présentation. Une installation artistique inspirée du Día de Muertos accompagnera les créations. Au Mexique, l’ofrenda désigne l’autel dressé pendant cette fête pour honorer la mémoire des défunts. On y dispose traditionnellement des photographies, des fleurs, des bougies, de la nourriture et des objets personnels. Erika Alvarez reprend cette idée de mémoire pour célébrer quatre femmes dont les œuvres et les parcours continuent de nourrir sa création. Dans La Ofrenda, les vêtements deviennent à leur tour des objets de transmission, entre traditions mexicaines, influences européennes et matières réemployées.

KOUA México – Site officiel




















