Louise XIV dévoile “Café latte”, nouveau single indie où le lait mousse à peine avant l’orage. Le trio strasbourgeois y aborde la pression sexuelle subie par les femmes dans le couple. Le morceau avance entre pop rock psyché, basse cold wave, guitare brillante et batterie disco. Sous le titre doux, le fond est beaucoup moins sucré.
Louise XIV Café latte : un single indie sous pression
“Café latte” démarre dans une respiration haletante, presque coincée. Le décor est posé sans grandes phrases. Le corps féminin y apparaît objectifié, ramené au désir masculin, enfermé dans une mécanique étouffante. Louise XIV ne polit pas le sujet pour le rendre aimable. Le morceau dit la pression, la répétition, l’épuisement. Les mots sont samplés, comme des mantras de défense. Ou comme un hymne digital, plus froid, plus inquiétant. Le café est servi, mais il brûle.
Musicalement, le trio joue la tension plutôt que le confort. La basse cold wave installe une ligne sombre. La guitare scintille au-dessus, presque trop nette pour être innocente. La batterie disco pousse le morceau vers la danse, mais une danse avec les dents serrées. Des échos de La Femme et Fontaines D.C. traversent l’ensemble. La voix devient riff. Puis les instruments s’embrasent dans un final explosif. Pas vraiment le moment de demander un supplément chantilly.
Pop psyché, rage féministe et paillettes de travers
Louise XIV a pris racine à Strasbourg au printemps 2024. Le trio réunit trois musicien.nes, compositeur.ices et multi-instrumentistes aux parcours et esthétiques différents. Leur terrain commun tient dans une électro-pop colorée, traversée par une poésie féministe et incisive. Les références citées vont de Mylène Farmer à Sexy Sushi, d’Indochine à La Femme, jusqu’aux Yeah Yeah Yeahs. Le mélange annonce la couleur : fête en surface, nerfs à vif dessous. Les kicks techno cognent. Les synthés 80’s dansent. Les mots, eux, ne sourient pas toujours.
Avec “Café latte”, Louise XIV resserre son geste. Le titre garde l’énergie disco et les éclats pop, mais les met au service d’un coup de gueule précis. Il y a du brillant, oui. Mais pas de vernis rassurant. Le morceau parle de désir, de domination, de fatigue, d’un rapport de force très concret. Le trio transforme la douceur du titre en piège sonore. Un nuage de lait, puis la pression monte. On appelle ça une boisson chaude. Ici, elle réveille surtout les angles morts. A découvrir évidemment en concert au festival Le Cabaret vert le 22 août 2026.
Louise XIV : Café latte (Zouz / Roy Music) – Sortie le 24 avril 2026






