Les Oliver Peoples O’Malley sont des lunettes de vue en acétate lancées en 1988, inspirées des montures portées par Peter O’Malley, ancien dirigeant des Dodgers de Los Angeles. Leur design aux lignes arrondies raconte une histoire singulière dans l’optique américaine. Entre archives, culture californienne et style quotidien, cette paire de lunettes a conservé une place particulière dans le catalogue de la maison.
Oliver Peoples O’Malley : une histoire qui commence avec les Dodgers
En 1988, Oliver Peoples lance une monture qui emprunte son nom à Peter O’Malley. L’homme n’est ni acteur, ni musicien, ni créateur de mode. Il dirige alors les Dodgers de Los Angeles, franchise majeure du baseball américain, dont il est président depuis 1970. Son père, Walter O’Malley, avait joué un rôle déterminant dans l’installation du club en Californie. Peter appartient donc à une famille bien connue des amateurs de baseball. Mais ce n’est pas son palmarès qui intéresse Oliver Peoples. Ce sont ses lunettes de vue, classiques, arrondies, sans effet spectaculaire. La maison s’en inspire pour créer une monture dont le dessin reste proche de celui d’un objet quotidien.
Cette origine correspond à la manière dont Oliver Peoples construit son identité à la fin des années 1980. La maison californienne, fondée notamment par les frères Larry et Dennis Leight, s’intéresse aux anciennes montures américaines. Ses premières collections puisent dans les formes du début et du milieu du XXe siècle. Le marché de l’optique propose alors de nombreuses lunettes imposantes, souvent très visibles. Oliver Peoples privilégie une autre approche, nourrie par des modèles anciens et des proportions plus contenues. La O’Malley s’inscrit dans cette recherche, sans être une simple reproduction historique. Larry Leight joue un rôle central dans les orientations créatives de la maison, mais celle-ci ne désigne pas officiellement un créateur unique pour ce modèle. L’idée reste suffisamment simple pour traverser les époques : observer une paire portée par quelqu’un, plutôt que fabriquer un personnage autour d’une monture.

Une monture en acétate qui dessine le regard
La O’Malley se reconnaît d’abord à sa forme presque ronde, légèrement étirée sur les côtés. Les verres sont entourés d’un cerclage en acétate dont l’épaisseur reste visible sans dominer tout le visage. La partie supérieure dessine une ligne souple, interrompue par un pont en trou de serrure. Ce terme désigne la découpe caractéristique située au-dessus du nez, dont la forme rappelle une ancienne serrure. Sur les côtés, de petits rivets métalliques marquent la jonction entre la face et les branches. La monture combine ainsi des courbes douces et quelques points de construction clairement identifiables. Les versions écaille font apparaître différentes nuances brunes, tandis que les acétates translucides jouent davantage avec la lumière. Le résultat n’est pas une paire qui cherche à disparaître, mais une monture qui encadre le regard sans l’enfermer.
Les versions contemporaines de la O’Malley conservent cette construction en acétate. La référence optique OV5183 est notamment proposée avec des verres de 47 mm de large, un pont de 22 mm et des branches de 145 mm, selon la taille choisie. Ces chiffres donnent une idée des proportions, mais ne remplacent évidemment pas un essayage. La maison indique une fabrication japonaise pour cette référence. Elle propose aussi une version solaire, la O’Malley Sun, dotée de verres teintés. La différence avec l’OP-505, autre modèle historique d’Oliver Peoples, permet de mieux comprendre son dessin. L’OP-505 associe l’acétate à un pont métallique travaillé et à des détails filigranés, alors que la O’Malley privilégie une face entièrement dessinée par l’acétate. L’une expose davantage son travail de construction, l’autre concentre son caractère dans une forme et quelques détails.

Pourquoi les Oliver Peoples O’Malley restent reconnaissables
Une paire de lunettes de vue change la manière dont un visage est perçu. Elle peut souligner les yeux, durcir une expression ou adoucir des traits. Avec la O’Malley, les contours arrondis apportent une structure sans imposer une géométrie trop sévère. Le pont en trou de serrure attire légèrement l’attention vers le centre du visage. Les deux cercles imparfaits donnent aussi une présence particulière au regard, surtout avec un acétate foncé. Cette silhouette évoque certaines lunettes américaines d’autrefois, sans se réduire à un costume rétro. Elle se porte comme une monture ordinaire, avec ce léger supplément de caractère qui rend le modèle identifiable. Et c’est précisément ce qui distingue la O’Malley de certaines lunettes conçues avant tout pour attirer l’attention.
Son histoire ne s’arrête d’ailleurs pas à la fin des années 1980. En 2010, Oliver Peoples annonce la réédition limitée de trois modèles de ses premières collections, dont la O’Malley. Cette relance comprend des versions optiques et solaires, proposées dans plusieurs coloris historiques. La monture retrouve ainsi une place dans le catalogue sans nécessiter une transformation radicale. Elle existe toujours sous ces deux formes, avec différentes finitions et teintes de verres. Son intérêt culturel tient moins à une célébrité qu’à la circulation d’une forme entre plusieurs générations. Un dirigeant de baseball a servi de référence à des lunettes devenues un élément durable du vocabulaire de l’optique contemporaine. Peter O’Malley n’avait pas besoin de devenir une figure de mode pour que ses lunettes finissent par raconter autre chose que son métier.

Oliver Peoples : O’Malley OV5183 — 355 € la monture optique Cocobolo, hors verres correcteurs, prix affiché sur le site français lors de la consultation.
Sources :
- Oliver Peoples — O’Malley OV5183 : description, caractéristiques, fabrication et prix. oliverpeoples.com
- Vision Monday — Oliver Peoples to Re-Release Three Vintage Classics — 6 septembre 2010. visionmonday.com
- Los Angeles Dodgers / MLB — Walter O’Malley to Join Dodgers Ring of Honor — 3 juillet 2024. mlb.com
- Walter O’Malley Official Website — O’Malley “Retro Specs” Eyeglass Frames a Big Hit. Walter O’Malley : Official Website
- Oliver Peoples — OP-505 : description et caractéristiques du modèle historique.














