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Wicker : les secrets du costume en osier d’Alexander Skarsgård

Alexander Skarsgård dans Wicker, le visage recouvert d’un masque en osier tressé, vêtu d’un costume sombre.

Sorti au cinéma en France le 21 octobre 2026, Wicker réunit Olivia Colman et Alexander Skarsgård dans une romance fantastique où le costume devient un véritable corps. Pour fabriquer cet homme en osier, le studio néo-zélandais Wētā Workshop a travaillé pendant 18 mois. Entre prothèses, impression 3D et travail des fibres, le film montre une autre manière de créer un personnage à l’écran.

Wicker : un costume en osier qui doit donner envie de tomber amoureux

Dans Wicker, Alexander Skarsgård ne joue pas un homme ordinaire dissimulé sous un déguisement. Il incarne un être fabriqué de toutes pièces, dont la peau semble entièrement tressée en osier. Réalisé par Alex Huston Fischer et Eleanor Wilson, le film adapte The Wicker Husband d’Ursula Wills-Jones. Olivia Colman y interprète une pêcheuse solitaire, rejetée par les habitants de son village. Lassée des moqueries, elle demande à un vannier, joué par Peter Dinklage, de lui fabriquer un mari. L’homme prend vie et se révèle bien plus sensible que ne l’imaginaient les villageois. Leur relation suscite rapidement fascination, désir et jalousie. Au centre de cette histoire, le costume en osier d’Alexander Skarsgård doit accomplir une tâche peu commune : rendre séduisant un corps qui n’a rien d’humain.

À l’écran, la transformation est presque totale. Le visage de l’acteur disparaît sous une structure qui reproduit les entrecroisements de fibres végétales. Le front, les joues, le menton et les lèvres semblent appartenir à une même surface tressée. Les cheveux et la barbe prolongent cette matière, tandis que les yeux restent visibles derrière le réseau de brins. Par moments, une chemise ou un gilet viennent habiller ce corps étrange comme celui de n’importe quel habitant du village. Ce contraste entre vêtements familiers et anatomie impossible donne au personnage son apparence particulière. Il ne s’agissait pas de fabriquer un monstre destiné à provoquer la peur, mais un personnage capable de susciter une véritable attirance. Toute la difficulté consistait à préserver les mouvements et les expressions d’un acteur sous une matière qui, dans la réalité, serait beaucoup trop rigide.

Peter Dinklage dans Wicker, coiffé d’un chapeau brun et vêtu d’un manteau épais, travaillant un panier en osier.
Peter Dinklage manipule des brins d’osier dans une scène de Wicker, où la vannerie occupe une place centrale.

Wētā Workshop : 18 mois pour fabriquer un corps en 50 pièces

Le studio Wētā Workshop, installé en Nouvelle-Zélande et connu notamment pour son travail sur Le Seigneur des anneaux, a consacré environ 18 mois à la conception du personnage. Les équipes ont dû résoudre un problème de fabrication assez particulier. Un véritable tressage d’osier ne possède ni la souplesse ni la liberté de mouvement nécessaires à une interprétation cinématographique. Les artistes ont donc commencé par numériser le corps d’Alexander Skarsgård afin de développer un costume adapté à sa silhouette. Ils ont ensuite conçu des prothèses dont les motifs de tressage étaient intégrés directement à la modélisation numérique. Ces éléments ont été imprimés en 3D, sans passer par les moules traditionnels habituellement employés pour ce type d’effets. Les surfaces ont été polies puis peintes pour reproduire l’apparence de l’osier. Chaque brin a reçu un traitement coloré particulier, afin d’éviter l’aspect uniforme d’une matière industrielle.

Le costume définitif rassemble environ 50 éléments qui s’emboîtent les uns dans les autres. Sur le corps, plusieurs pièces ont été cousues à une combinaison extensible permettant à l’acteur de bouger. Le visage exigeait un travail encore plus minutieux, avec près de treize éléments distincts, accessoires compris. Les lèvres, les oreilles, les zones sous les yeux et certaines parties du menton ont été traitées séparément. À chaque pose, les artistes devaient parfaitement aligner les motifs pour conserver la continuité du tressage. Pour la chevelure, Wētā Workshop a également utilisé des fibres naturelles issues du harakeke, une plante de Nouvelle-Zélande, travaillées puis fixées à la main. Joe Dunckley, responsable de la conception des prothèses, et Sarah Rubano, chargée de leur application, ont dirigé cette transformation. Malgré la complexité de l’ensemble, leur équipe est parvenue à réduire le temps quotidien d’habillage et de maquillage à moins de deux heures.

Olivia Colman et Alexander Skarsgård s’enlacent dans Wicker, lors d’une fête de village, le visage de l’acteur tressé d’osier.
Olivia Colman et Alexander Skarsgård partagent une danse dans Wicker, malgré l’apparence singulière du personnage en osier.

Quand le costume devient le corps de l’acteur

L’une des particularités de Wicker tient au choix de conserver un personnage physiquement présent sur le plateau. Alexander Skarsgård porte réellement le costume conçu par Wētā Workshop, face à Olivia Colman et aux autres comédiens. Le studio précise que la plupart des plans montrant l’homme en osier ne nécessitent aucune création numérique du personnage. Les effets visuels interviennent seulement pour certains détails, notamment des points de lumière visibles à travers le tressage, qui soulignent le caractère creux de ce corps. Le son participe lui aussi à cette illusion. Pour Skarsgård, la difficulté venait surtout de la manière de jouer sous les prothèses. L’acteur a expliqué avoir dû accentuer ses mouvements pour transmettre ses expressions à travers les différentes pièces fixées sur son visage. Le moindre changement d’attitude devait rester perceptible derrière cette surface fabriquée.

Ce travail dépasse la simple recherche d’un effet spectaculaire. Dans Wicker, l’apparence de l’homme en osier constitue une partie essentielle du récit. La pêcheuse tombe amoureuse d’un être dont le corps ne correspond à aucune norme physique connue. Les villageois, d’abord hostiles, finissent par regarder cet étranger autrement, jusqu’à éprouver de la jalousie. Elizabeth Debicki incarne notamment la femme du tailleur, qui participe à la contestation de cette union. Le costume devient ainsi le point de départ d’une réflexion sur l’attirance, la différence et le regard des autres. Le personnage existe grâce à une rencontre entre des techniques récentes, des gestes artisanaux et le jeu d’un acteur. Dans Wicker, l’habit ne se contente plus de définir une silhouette : il lui donne littéralement un corps.


Wicker Réalisé par Alex Huston Fischer et Eleanor Wilson avec Olivia Colman, Peter Dinklage et Alexander Skarsgård – Sorti le 21 octobre 2026

Sources :

  • Wētā Workshop — Wicker — Présentation officielle des effets pratiques et des prothèses du personnage. Date non indiquée.
  • Entertainment Weekly — How Wicker’s special effects team turned Alexander Skarsgård into a sexy man-basket — 13 octobre 2026.
  • Reuters — Woven costume in offbeat ‘Wicker’ movie is a ‘masterpiece,’ says actor Skarsgard — 20 octobre 2026.
  • Première — Alexander Skarsgård devient l’homme d’osier d’Olivia Colman : bande-annonce de Wicker — 31 juillet 2026.
  • AlloCiné — Wicker — Fiche du film, distribution et date de sortie française.