Dior et Chanel présenteront leurs collections printemps-été 2027 pendant la Paris Fashion Week 2026, le 29 septembre pour Jonathan Anderson et le 5 octobre pour Matthieu Blazy. Un an après leurs débuts féminins dans les deux maisons, l’effet de surprise ne suffit plus. Le rendez-vous doit montrer si leurs premières intuitions forment désormais une direction. Héritage, vêtement quotidien, accessoires et cohérence commerciale : les deux créateurs entrent dans le temps moins confortable de la confirmation.
Dior Chanel Paris Fashion Week 2026 : le deuxième chapitre commence
La Paris Fashion Week printemps-été 2027 se tiendra du 28 septembre au 6 octobre 2026. Dior défilera le 29 septembre à 14 h 30, selon le calendrier de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode. Chanel présentera sa collection le 5 octobre à 20 heures, avec une diffusion du film annoncée à 21 heures. Jonathan Anderson et Matthieu Blazy arrivent donc presque exactement un an après leurs premiers défilés féminins, montrés en octobre 2025. Ce simple décalage change le regard porté sur eux. Le premier passage autorisait les déclarations, les citations d’archives et quelques gestes très appuyés. Le suivant doit transformer ces gestes en langage. Une maison peut vivre d’un lancement spectaculaire ; une direction artistique, beaucoup moins.
Chez Dior, Jonathan Anderson avait ouvert son premier défilé féminin par un film en noir et blanc, presque horrifique, installé aux Tuileries. La collection opposait la veste Bar remaniée à la minijupe plissée, le manteau strict au denim, la maille légère à des volumes plus construits. Le principe était clair : traiter l’histoire de Dior comme un répertoire à déplacer, pas comme un règlement intérieur. Chez Chanel, Matthieu Blazy avait choisi le Grand Palais et un décor planétaire pour organiser son entrée. Son défilé avançait en trois chapitres, du tailleur aux vêtements de jour, puis aux robes du soir. Les tailles descendaient, les tweeds perdaient leur raideur et certains sacs semblaient déjà portés. Anderson procédait par collision ; Blazy par altération de la matière et de l’usage. Deux méthodes assez nettes pour séduire au premier regard, mais encore trop jeunes pour constituer une évidence.
Deux politiques de l’héritage, deux risques de répétition
La collection Dior automne-hiver 2026-2027 a commencé à préciser la méthode Anderson. Aux Tuileries, une structure vitrée entourait un bassin couvert de nénuphars artificiels, tandis que la lumière et les promeneurs restaient visibles. La veste Bar revenait plus longue et plus souple. Des cardigans froissés, des jupes asymétriques, des robes en spirale et des jeans brodés prolongeaient le vocabulaire floral sans se limiter à l’imprimé. Associated Press y voyait la proposition féminine la plus cohérente du créateur pour Dior à ce stade. Le compliment fixe aussi l’enjeu de septembre : la cohérence doit désormais survivre au changement de thème. Anderson ne manque ni d’images ni de références. Il lui reste à prouver que le manteau, la veste, la maille et la robe peuvent porter Dior sans dépendre chaque fois d’un décor qui leur explique leur rôle.
Chez Chanel, le deuxième prêt-à-porter de Matthieu Blazy a poursuivi un travail plus tactile. Les pantalons se sont élargis, les tailles ont glissé, les gilets de maille se sont allongés et les jupes plissées ont pris davantage d’espace. Le tweed, les broches, les camélias et le sac matelassé étaient toujours là. Ils paraissaient moins convoqués pour faire foi que remis en circulation dans un vestiaire. W Magazine relevait d’ailleurs que les sacs volontairement usés ou traversés de fils du premier défilé cédaient alors la place à des versions plus nettes. Ce changement est modeste, mais il indique une méthode capable de corriger ses propres effets. Blazy semble partir de la façon dont une pièce tombe, bouge et vieillit avant de lui demander de représenter Chanel. Son risque n’est pas la dispersion, comme chez Anderson, mais une virtuosité si bien polie qu’elle pourrait finir par rendre toute contradiction aimable.

Le vêtement quotidien face au verdict du marché
Cette confrontation ne se déroule pas dans une bulle de tulle. Reuters a rapporté que Chanel avait retrouvé la croissance en 2025, avec un chiffre d’affaires en hausse de 2 %, à 19,3 milliards de dollars, et un résultat opérationnel en progression de 5 %, à 4,7 milliards. Le média reliait cette reprise à l’accueil des premières créations de Matthieu Blazy, notamment auprès de nouveaux clients. Chez LVMH, la division mode et maroquinerie a renoué avec une croissance organique de 1 % au deuxième trimestre 2026, à 8,9 milliards d’euros. Le Financial Times associait ce redressement à une demande renouvelée pour Dior sous Jonathan Anderson, notamment aux États-Unis et au Japon. Ces chiffres ne disent pas si une veste est juste. Ils disent en revanche que chaque choix de coupe doit rapidement devenir un produit, une image et une raison de revenir en boutique. Le défilé reste un spectacle, mais la facture arrive désormais très vite.
La comparaison de septembre devra donc éviter le petit jeu du gagnant et du perdant. Dior sera jugé sur la capacité d’Anderson à ordonner ses contrastes sans les assagir. Chanel devra montrer si Blazy peut faire évoluer ses volumes et ses matières sans simplement raffiner une formule déjà bien reçue. Dans les deux cas, le vêtement quotidien sera le meilleur révélateur. Une veste, un pantalon ou un sac doivent rester identifiables sans réclamer une explication d’archives. Les signes de maison comptent, mais leur répétition automatique ne produit qu’un uniforme coûteux. Le 29 septembre, Dior devra établir une grammaire au-delà du choc initial. Le 5 octobre, Chanel devra introduire un vrai déplacement dans une méthode désormais installée. Après un an, l’excuse du commencement a disparu ; c’est généralement là que le travail devient intéressant.
Sources :
- Fédération de la Haute Couture et de la Mode – Provisional Calendar – 2026
- Vogue – Paris Fashion Week Unveils Spring/Summer 2027 Schedule – 2026
- Reuters – Jonathan Anderson debuts Dior womenswear on Paris runway – 2025
- Vogue – What’s It Like to Debut at Chanel? Four Months in the Life of Matthieu Blazy – 2025
- Dior – Autumn Winter 2026-2027 Show – 2026
- Associated Press – Dior’s Jonathan Anderson finds his stride with a garden of earthly delights at Paris Fashion Week – 2026
- W Magazine – At Chanel Fall 2026, Matthieu Blazy Leans Into the Butterfly Effect – 2026
- Reuters – Chanel returns to growth as Blazy’s designs win over new shoppers – 2026
- Financial Times – Dior rebound helps LVMH’s fashion business return to growth – 2026




















