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Ouest Park 2026 : les concerts à voir au Havre

Le groupe de Pete Doherty, Babyshambles en 2026.

Le festival Ouest Park a dévoilé sa programmation complète pour les 16 et 17 octobre 2026 au Fort de Tourneville, au Havre. Babyshambles, Kery James, Médine, Daniel Avery, 2ManyDJs et BCUC dominent une affiche qui passe du rock au rap sans oublier les machines. Voici les concerts à retenir, avant que les horaires ne transforment les choix en problème de géométrie.

Ouest Park 2026 : un vendredi sous tension

Babyshambles constitue l’attraction évidente du vendredi 16 octobre. Le groupe mené par Peter Doherty reprend du service après treize années d’absence. Trois albums, une réputation turbulente et quelques refrains cabossés suffisent à réveiller l’attention. Ouest Park présente ce retour comme une escale presque naturelle au Havre, ville familière de Peter Doherty. Sur le papier, le mélange de garage rock, de pop, de reggae et de dub n’a rien perdu de son désordre. Reste à savoir dans quel état cette matière arrivera sur scène. C’est aussi ce qui rend le concert intéressant. Avec Babyshambles, la promesse d’une soirée parfaitement rangée serait de toute façon assez suspecte.

Kery James apporte au même vendredi une tension plus frontale. Son nouvel album, R.A.P. – Résistance Amour Poésie, marque son retour à la musique après des projets menés au cinéma et au théâtre. La plume reste au centre. Le discours aussi. Daniel Avery choisira une autre forme de pression, faite de nappes ambient, de saturation shoegaze et de pulsations techno. Son sixième album, Tremor, regarde vers les années 1990 et accueille notamment Alison Mosshart, bdrmm et Walter Schreifels. Temples travaille également cette mémoire de la décennie avec BLISS, entre électronique, psychédélisme et mélancolie. Flora Fishbach complète ce versant nocturne avec une rencontre de rock, de disco et de sons électroniques. Le vendredi ne choisit donc pas entre la guitare, les mots et le club : il laisse les trois régler leurs comptes.

Portrait de la chanteuse Flora Fishbach en 2026.
Flora Fishbach – ®Yann Morrison – 2026

Le samedi, Médine joue à domicile

Le samedi 17 octobre possède son rendez-vous local. Médine revient devant le public du Havre avec Stentor, son dernier album annoncé. Le titre convoque le crieur de guerre de la mythologie grecque. Le rappeur havrais y poursuit un travail fondé sur le récit, les contradictions sociales et la force du texte. Après plus de vingt ans de carrière, sa présence dépasse ici le simple nom placé en haut d’une affiche. Le lieu compte. Le public aussi. Cette proximité promet une écoute différente de celle d’une date ordinaire. Quand un artiste joue chez lui, les paroles n’arrivent jamais tout à fait seules.

BCUC pourrait pourtant produire le choc scénique de cette deuxième soirée. Le groupe de Soweto avance avec une basse appuyée, des percussions traditionnelles, des sifflets zoulous, des chœurs et des poussées psychédéliques. La formule paraît construite pour le mouvement, mais elle évite le confort du morceau prévisible. Acid Arab emprunte une autre route vers la danse. Guido Minisky et Hervé Carvalho font dialoguer électronique, raï, dabkeh, house et derboukas. Les voix de Rachid Taha, Sofiane Saidi et Cem Yildiz apparaissent dans leur répertoire présenté par le festival. Les machines ne servent donc pas à lisser les différences. Elles les font entrer en collision. Entre BCUC et Acid Arab, le samedi devrait rappeler qu’un festival peut encore faire danser sans programmer la même basse pendant six heures.

Le groupe de Soweto, BCUC, en 2026
BCUC – © Kasper Bechsgaard – 2026

2ManyDJs représente le choix le plus immédiatement festif. Les frères Dewaele, également fondateurs de Soulwax, mélangent rock, disco, électro et hip-hop dans un DJ set fondé sur le télescopage des morceaux. Leur présence garantit au moins une chose : les frontières musicales seront surtout décoratives. Suzane propose une énergie plus chorégraphiée, entre chanson, électro et textes engagés. Sam Sauvage joue pour sa part la carte du costume, des lunettes noires et du chant grave. Ses références vont de Bob Dylan à Taxi Girl, avec un goût affirmé pour l’autodérision. Ce trio offre trois manières très différentes d’occuper une scène et de faire bouger une salle. La programmation complète d’Ouest Park ne manque donc pas de têtes d’affiche. Son intérêt se trouve surtout dans les détours qu’elle autorise entre elles.


Ouest Park Festival : vendredi 16 et samedi 17 octobre 2026 – Fort de Tourneville, au Havre – tarif : 70€ (deux jours) et 42€ (un jour) – Site officiel