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Rock en Seine 2026 : Biffy Clyro, Peaches et Wet Leg sous tension le vendredi 28 août

Vendredi 28 août 2026, Rock en Seine a consacré sa troisième journée aux guitares au Domaine national de Saint-Cloud. Biffy Clyro, La Flemme, Kurt Vile & The Violators, Peaches et Wet Leg ont défendu cinq manières d’occuper un festival. Puissance cadrée, garage marseillais, dérive américaine, electroclash frontal et indie rock désormais taillé pour la Grande Scène.

Rock en Seine 2026 : Biffy Clyro et La Flemme, deux formats de guitare

À 17 h 05, Biffy Clyro prend la scène BoursoBank du Domaine national de Saint-Cloud. Le groupe écossais dispose de cinquante minutes et ne les traite pas comme une simple mise en jambes. « The Captain » et « That Golden Rule » attaquent le concert sans détour. Simon Neil, torse nu et tatoué, conduit le groupe avec une énergie qui reste constamment sous contrôle. « A Little Love », « Hunting Season » et « Goodbye » représentent Futique, paru en septembre 2025. Deux violonistes donnent à « Goodbye » un calme que le reste du set accorde rarement. Un bref extrait de « I Will Always Love You » se glisse même dans « Living Is a Problem Because Everything Dies », parce qu’un peu de Dolly Parton ne fait visiblement peur à personne. « Mountains », « Bubbles » et « Many of Horror » ferment la marche. Tout est cadré, parfois presque trop, mais les guitares gardent assez de relief pour éviter le rock livré en kit.

À 20 h 10, La Flemme récupère un public plus resserré sur la scène Roc-On Volkswagen. En face, The Black Keys occupe la Grande Scène. La concurrence règle brutalement la question du passage et des curieux venus tuer vingt minutes. Ceux qui restent ont choisi leur camp. Loin de la cohue, Jules Massa et Stella Lopez alternent au chant pendant que Ronie Marciano et Charles Priem poussent le garage-punk du quatuor marseillais. Les morceaux de La Fête, premier album paru en avril 2025, frappent vite et court. Quelques détours psychédéliques ouvrent l’ensemble et évitent la répétition du manuel garage. La Flemme ne réinvente pas la guitare, mais elle ne la range pas non plus dans une vitrine vintage.

Kurt Vile & The Violators et Peaches, de la dérive au corps-à-corps

À 18 h 55, Kurt Vile & The Violators s’installent sur la scène AXS. L’entrée paraît légèrement hésitante. Chez Kurt Vile, la frontière entre flottement et méthode reste de toute façon assez mince. « Rock o’ Stone » avance à la guitare acoustique pendant que les têtes commencent doucement à suivre son mouvement. « 99 BPM » pose un groove lent, presque horizontal. « Chance to Bleed », extrait de Philadelphia’s Been Good to Me, resserre soudain le jeu autour d’un riff plus direct. « Pretty Pimpin » déraille un peu lorsque Kurt Vile s’emmêle, détail humain dans un concert qui refuse le vernis. La version finale de « Wakin’ on a Pretty Day » s’étire pendant une dizaine de minutes. La nonchalance était donc bien une construction, même si elle laisse parfois traîner quelques vis.

À 23 h 15, Peaches revient sur cette même scène AXS. Son horaire l’oppose à la seconde moitié du concert de Nick Cave & The Bad Seeds. Le choix proposé est presque caricatural : la grande cérémonie rock d’un côté, le corps, les machines et la collision de l’autre. Peaches défend No Lube So Rude, son premier album depuis 2015. « Hanging Titties » et le morceau-titre installent un vocabulaire sonore qui ne cherche ni l’élégance ni la permission. Les tenues changent, le maquillage devient théâtre et les poses attaquent les conventions avec une méthode désormais bien rodée. Peaches se fait porter par le public jusqu’à l’autre côté de la fosse, près de la régie. Une partie des festivaliers danse, l’autre regarde le spectacle déborder du plateau. Après une journée pleine de guitares, Peaches rappelle assez sèchement que la provocation exige davantage qu’un ampli poussé à onze.

Wet Leg tient enfin la Grande Scène

Plus tôt, à 17 h 55, Wet Leg avait investi la Grande Scène devant un public déjà dense. Le groupe ouvre avec « catch these fists », titre qui annonce assez clairement ses intentions. « Oh No » doit être interrompu après le premier couplet en raison d’un problème technique, puis recommence. L’incident reste bref et ne dérègle pas la suite. « Wet Dream » est repris par une partie du public, preuve que le premier album a eu le temps de s’installer dans les mémoires. La basse d’Ellis Durand reste très en avant. Les guitares de Hester Chambers et Josh Mobaraki sonnent plus agressives que sur les premiers passages du groupe. La machine demande quelques morceaux avant d’atteindre sa bonne vitesse, puis ne ralentit plus.

La setlist partage presque également les deux albums de Wet Leg. Rhian Teasdale reste le centre évident du concert, malgré une fatigue perceptible après une longue série de festivals. Hester Chambers occupe davantage l’espace et ne semble plus reléguée au rôle de silhouette discrète. Le groupe possède peu de morceaux lents et préfère maintenir une tension continue. Sur « Angelica », les lumières réussissent même à exister malgré le jour encore présent. « Chaise Longue », « CPR » et « mangetout » composent une fin sans respiration inutile. Le premier tube n’écrase plus les morceaux récents, ce qui règle une bonne partie du procès en phénomène passager. La Grande Scène ne mange pas Wet Leg. Elle lui va désormais plutôt bien.


Festival Rock en Seine 2026 – à Saint Cloud –  du 26 au 30 août 2026 – Site officiel

Photos : Olivier Hoffschir, Emilie Bardalou et Louis Comar

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