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Sorties albums du 14 août 2026 : Phoebe Bridgers, Jungle et James Ellis Ford

Les sorties albums du vendredi 14 août 2026 réunissent Phoebe Bridgers avec Lost Weekend, Jungle avec Sunshine, Becky G avec Baraja Bendita et James Ellis Ford avec Lost In Another World. Carly Simon, Ayra Starr, L’Rain, Laura Veirs et King Gizzard & The Lizard Wizard complètent une semaine partagée entre pop, rap, rock, soul, Afrobeats et électronique. Aucun disque ne résume vraiment ce vendredi. C’est sans doute préférable.

Sorties albums du 14 août 2026 : les retours prennent la tête

Les sorties albums du vendredi 14 août 2026 s’ouvrent avec Lost Weekend de Phoebe Bridgers. Publié par Dead Oceans, ce troisième album solo arrive six ans après Punisher. Entre les deux, Bridgers a enregistré The Record avec boygenius, aux côtés de Julien Baker et Lucy Dacus. Le groupe a remporté trois Grammy Awards en 2024. Lost Weekend ramène pourtant la chanteuse vers une écriture plus solitaire. Le disque traverse le deuil de son père, les relations qui se terminent et les souvenirs qui reviennent sans prévenir. Les guitares et le piano croisent des traitements électroniques, des sons ambiants et des arrangements parfois volontairement instables. C’est la sortie la plus scrutée de la semaine, ce qui ne l’oblige pas encore à devenir « l’album d’une génération ». Restons calmes.

Carly Simon organise un autre retour, avec une tout autre distance au compteur. Comes in Waves est son premier album de chansons nouvelles depuis This Kind of Love, paru en 2008. Les douze titres ont été largement travaillés chez elle, à Martha’s Vineyard. Certains ont été écrits récemment, tandis que d’autres reprennent des fragments plus anciens. Amour, séparation, famille, perte et vieillissement s’y présentent sans ordre bien pratique. Son fils Ben Taylor participe à l’écriture, à l’interprétation et à la production, tandis que sa fille Sally Taylor apporte notamment sa voix. La voix de Carly Simon porte désormais le temps au lieu de chercher à le dissimuler. À 83 ans, elle n’a visiblement aucune envie de jouer à la jeune première. Le poste était déjà très encombré.

Pop, Afrobeats et soul : le vendredi change de langue

La pop internationale occupe une large partie de ce vendredi, mais elle ne parle plus avec un seul accent. Becky G publie Baraja Bendita, son cinquième album studio, chez RCA Records. Ses dix-sept titres arrivent après Encuentros, disque tourné vers la musique régionale mexicaine. Cette fois, Becky G revient davantage vers le hip-hop, la pop urbaine et les rythmes latins qui ont construit sa carrière. Elle chante en espagnol, en anglais et en spanglish. Le jeu de cartes du titre sert de cadre à un album consacré aux choix, aux identités et aux rapports de force.

Ayra Starr publie de son côté Starrgirl, un album de seize titres sorti par Mavin sous licence Republic Records. La chanteuse nigériane y rassemble Afrobeats, R&B et pop internationale. Wizkid, Rema, Zayn, Leon Thomas, Theodora et Danny Ocean figurent parmi les invités annoncés. Le disque prolonge son installation entre Lagos, Londres et les États-Unis, sans réduire l’Afrobeats à une décoration estivale. Jungle choisit une autre forme de mouvement avec Sunshine, son cinquième album, publié par Caiola Records et AWAL. Le groupe britannique fonctionne désormais comme un trio, avec Lydia Kitto aux côtés de J Lloyd et Tom McFarland. En onze morceaux et trente-deux minutes, Sunshine resserre son mélange de soul, de funk, de disco et de rythmes brésiliens. Le titre annonce la couleur.

La soul regarde aussi vers son histoire avec le premier album homonyme des Womack Sisters. BG, Zeimani et Kucha Womack publient ce disque chez Daptone Records. Elles sont les petites-filles de Sam Cooke et les nièces de Bobby Womack. Elles ont également grandi sur les routes avec leurs parents, Cecil et Linda Womack, le duo Womack & Womack. L’album reprend des harmonies de gospel, des arrangements de soul et une certaine netteté héritée des groupes vocaux. Cette filiation est impossible à ignorer. Elle ne suffit pourtant pas à faire un disque. Les Womack Sisters doivent donc transformer l’arbre généalogique en chansons, exercice plus utile qu’une simple visite du musée familial.

De James Ellis Ford au rap abstrait, les sorties à surveiller

Les sorties plus indépendantes du 14 août ne manquent pas de poids. James Ellis Ford publie chez Domino son deuxième album solo, Lost In Another World. Il l’a enregistré en un peu plus de deux semaines, au début de 2025, depuis une chambre du St Bartholomew’s Hospital de Londres. Le producteur suivait alors une chimiothérapie après le diagnostic d’une leucémie aiguë myéloïde. Un ordinateur portable, un micro bon marché, une petite table pliante et quelques synthétiseurs ont constitué son studio. Le personnel venait parfois prendre sa tension pendant les prises de voix. Les douze morceaux gardent la trace de cet espace suspendu, entre pop électronique, peur, ennui et désir de rentrer chez soi. Ford n’a presque pas retouché l’ensemble après sa sortie de l’hôpital. Le disque reste ainsi moins un manifeste qu’une photographie prise dans une lumière très particulière.

Laura Veirs pousse encore plus loin le travail solitaire avec Temple Songs, publié sur son propre label Raven Marching Band Records. Elle a écrit, enregistré, arrangé, produit et interprété presque tout le disque elle-même. Ces onze chansons gardent des aspérités, des bruits de pièce et une folk volontairement peu maquillée. L’Rain choisit au contraire l’empilement avec fata morgana, son quatrième album, sorti chez Mexican Summer. Taja Cheek y mêle enregistrements sur bande, gospel, dancehall, slow jams et guitares lourdes. Le disque est présenté comme le dernier volet d’un cycle commencé avec L’Rain en 2017.

Le rap du vendredi trouve l’un de ses disques les plus précis avec DOOMED!, première collaboration au format album entre Open Mike Eagle et Kenny Segal. Publié par Backwoodz Studioz, le projet examine une rupture amoureuse à travers plusieurs réalités parallèles. Kenny Segal assure toute la production, tandis que billy woods, Hemlock Ernst et Gothic Tropic apparaissent parmi les invités. L’humour sec d’Open Mike Eagle évite au disque de devenir une longue séance de règlement de comptes. King Gizzard & The Lizard Wizard ferme la marche avec Alien Metal, annoncé seulement la veille de sa sortie. Ce vingt-huitième album paraît sur le label du groupe, p(doom) Records. Les Australiens y délaissent largement les guitares pour un synthétiseur modulaire surnommé Nathan, entre techno, house, hardcore et jungle.


Sources

  • Dead Oceans — « Phoebe Bridgers Announces New Album Lost Weekend », 24 juin 2026.
  • Associated Press — « Music Review: Lost Weekend is Phoebe Bridgers’ evocative sonic collage », août 2026.
  • Site officiel de Carly Simon — Présentation de Comes in Waves, août 2026.
  • Billboard — « Becky G’s Baraja Bendita Album Is Here », 14 août 2026.
  • Boutique officielle d’Ayra Starr — Présentation de Starrgirl, août 2026.
  • Official Charts — « New Music Friday — August 14th 2026 », 14 août 2026.
  • Daptone Records — Présentation de l’album The Womack Sisters, 2026.
  • Domino — « James Ellis Ford announces new album Lost In Another World », 6 juillet 2026.
  • Pitchfork — « L’Rain Returns With New Album Fata Morgana », 10 juin 2026.
  • Laura Veirs — Page officielle de Temple Songs, 14 août 2026.
  • Pitchfork — « Open Mike Eagle and Kenny Segal Team for New Album Doomed! », 10 juin 2026.
  • JamBase — « King Gizzard & The Lizard Wizard Announce Official Release Date for Alien Metal », 13 août 2026.

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