Avec Le Parfum, lancé en août 2026, Max Mara transpose l’univers de ses manteaux dans une fragrance florale boisée. Tubéreuse, vanille, santal et cèdre composent cette création de Marie Salamagne et Fabrice Pellegrin. Une certaine idée de l’élégance italienne, désormais enfermée dans un flacon ceinturé.
Max Mara Le Parfum : du manteau au flacon
Chez Max Mara, le manteau est une affaire sérieuse. Depuis sa création en 1951 par Achille Maramotti, la maison italienne cultive une élégance construite sur les matières, les proportions et la coupe. Son modèle 101801, dessiné en 1981 par Anne-Marie Beretta, en reste l’expression la plus connue. Un long manteau camel aux volumes généreux, capable de traverser les décennies sans changer radicalement de silhouette. En 2026, pour ses 75 ans, Max Mara décide de transposer cet univers dans la parfumerie. La référence au 101801 irrigue le discours de lancement, mais c’est plus précisément le manteau portefeuille Ready que la maison désigne comme inspiration du flacon. Le verre se resserre à la taille, maintenu par une ceinture laquée couleur camel. Même les plis du flacon semblent vouloir reproduire le tombé d’un vêtement bien coupé.
Cette arrivée en parfumerie mérite toutefois une précision historique. Max Mara avait déjà commercialisé une première fragrance en 2004, avant de proposer plusieurs déclinaisons au cours des années suivantes. En 2008, un parfum portait même exactement le nom de Le Parfum, présenté dans un flacon orné d’un ruban de tissu. Le lancement de 2026 constitue donc davantage un retour qu’une découverte de la parfumerie. Il s’agit en revanche de la première création développée dans le cadre du partenariat signé avec le groupe japonais Shiseido en 2024. La nouvelle formule reprend un territoire familier à la maison : le confort, la structure et les matières douces. Pour accompagner ce retour, Max Mara choisit Florence Pugh, photographiée par Mario Sorrenti. L’actrice apporte à la campagne une présence moins figée que celle des traditionnelles silhouettes de parfumerie de luxe.

Tubéreuse, vanille et santal : la douceur avec du caractère
Marie Salamagne et Fabrice Pellegrin ont construit Max Mara Le Parfum autour d’une tubéreuse travaillée dans ses facettes les plus crémeuses. La composition réunit une tubéreuse fraîche de Grasse et une absolue de tubéreuse du Guatemala. Deux expressions d’une même fleur, traditionnellement associée à des parfums charnels, parfois franchement envahissants. Ici, l’intention est d’en atténuer les aspects les plus capiteux pour privilégier une sensation florale veloutée. La vanille apporte une chaleur plus ronde, presque lactée. Le santal prolonge cette impression de douceur, tandis que le cèdre introduit une sécheresse boisée qui donne davantage de structure à l’ensemble. Le benjoin renforce le caractère baumé du fond. Sur le papier, la construction évoque davantage la laine chaude et les matières souples qu’un bouquet de fleurs fraîchement coupées.
Reste une question : ce parfum est-il aussi discret que le suggère son discours ? La tubéreuse possède une présence naturelle difficile à effacer, même lorsqu’elle est enveloppée de vanille et de bois. Les premières appréciations publiées par les amateurs de parfumerie témoignent d’ailleurs de perceptions contrastées. Certains décrivent une fleur douce, crémeuse et réconfortante, quand d’autres trouvent le fond boisé trop sucré ou trop insistant. Les retours évoquent généralement une bonne persistance, sans permettre de fixer une durée de tenue valable pour toutes les peaux. Cette fragrance semble donc moins transparente que l’image du « manteau invisible » pourrait le laisser croire. Sa douceur n’exclut ni la densité ni une certaine sensualité. Et finalement, c’est peut-être préférable : à trop vouloir représenter la discrétion, un parfum risque de finir par ne plus raconter grand-chose.

Un parfum pour celles qui préfèrent les belles coupes aux effets de mode
Max Mara Le Parfum appelle un vestiaire assez précis. On l’imagine avec un pantalon droit en laine, une chemise blanche légèrement ouverte, un pull en cachemire ou un manteau porté sans cérémonie. Sa construction florale boisée paraît particulièrement adaptée aux températures fraîches, lorsque la vanille et le santal peuvent accompagner les étoffes épaisses. Il peut aussi trouver sa place le soir, avec une silhouette plus dépouillée, entièrement noire par exemple. L’intérêt réside dans ce contraste entre une tenue sobre et une fragrance plus charnelle qu’elle n’en a l’air. Les personnes qui apprécient les fleurs blanches crémeuses et les fonds boisés chaleureux devraient y reconnaître un territoire familier. À l’inverse, celles qui cherchent une fraîcheur sèche, presque minérale, risquent de trouver cette composition trop enveloppante. Le parfum est officiellement destiné aux femmes, même si rien dans ses matières ne lui impose une frontière de genre.
Il existe aussi une petite contradiction dans cette proposition. Max Mara cultive depuis longtemps une élégance qui semble se tenir à distance des effets spectaculaires. Pourtant, l’association tubéreuse, vanille et bois appartient à une famille de parfums contemporains volontiers sensuels, parfois démonstratifs. La formule ne cherche donc pas une rupture olfactive particulièrement audacieuse. Son intérêt culturel se situe plutôt dans la manière dont elle prolonge l’histoire matérielle de la maison. Le flacon, avec sa taille marquée et sa ceinture camel, exprime cette filiation avec une précision que beaucoup de parfums de mode n’atteignent pas. La fragrance propose, quant à elle, une interprétation chaleureuse et relativement consensuelle de cet univers. Le manteau Max Mara a appris à durer sans faire de bruit ; son équivalent parfumé devra encore prouver qu’il possède la même endurance.
Max Mara : Le Parfum, eau de parfum 50 ml — 120 € sur le site officiel — Voir Le Parfum chez Max Mara.
À qui s’adresse ce parfum ? Femme dans son positionnement officiel, mixte dans l’usage.
Sources :
- Max Mara — Le Parfum : la fragrance d’une icône.
- Max Mara — Manteau 101801 : histoire et création d’Anne-Marie Beretta.
- Max Mara — Ready : le manteau ayant inspiré le flacon.
- Max Mara — The Fragrance, composition et parfumeurs — 3 septembre 2026.
- Shiseido — Shiseido Launches Max Mara Le Parfum — 31 août 2026.
- OSMOZ — Les parfums de la maison Max Mara, historique des créations de 2004 et 2008.
- Parfumo — Le Parfum 2026, composition et avis des utilisateurs.














