Dans Dix pour cent, le film, disponible sur Netflix depuis le 10 septembre 2026, Andréa Martel quitte l’agence ASK pour réaliser son premier long métrage. Camille Cottin retrouve un personnage dont les costumes sombres ont longtemps servi d’armure. Le vestiaire conçu pour le film par Matthieu Camblor et Marion Moulès accompagne ce déplacement du pouvoir, des bureaux parisiens vers un plateau nettement moins docile.
Andréa Martel : le costume sombre comme droit de passage
Dans la série Dix pour cent, Andréa Martel entrait rarement dans une pièce : elle la traversait. Son vestiaire suivait la même logique. Vestes sombres, chemises nettes et pantalons étroits dessinaient une silhouette sans temps mort. Rien ne flottait vraiment, rien ne demandait à être remis en place. Les couleurs restaient près du noir, du gris ou du bleu profond. Elles la détachaient peu des bureaux d’ASK, faits de verre, de métal et de conversations pressées. Andréa pouvait ainsi surgir derrière une porte, couper une phrase et repartir avant que les autres aient trouvé leur manteau. Le costume ne décorait pas son autorité : il lui ouvrait le passage.
Cette rigueur n’avait pourtant rien d’un uniforme administratif. Camille Cottin portait ces vêtements légèrement en avant, le buste lancé avant le reste du corps. Une veste boutonnée aurait ralenti le mouvement ; elle restait souvent ouverte. La chemise claire apportait une ligne franche, mais rarement une douceur. Les chaussures et les pantalons autorisaient les escaliers, les couloirs et les changements de direction. Même les pièces plus souples gardaient une structure sèche. Andréa représentait des acteurs, négociait leur place et encaissait leurs paniques. Son vestiaire disait qu’elle n’avait pas besoin d’être la personne la plus célèbre de la pièce pour en régler la température.

Dans Dix pour cent, le film, le vestiaire d’Andréa Martel quitte ASK
Cinq ans après la fermeture d’ASK, Andréa prépare son premier film. Le changement de fonction ne provoque pas une métamorphose. Les images du long métrage conservent les vestes sombres, les épaules dessinées et une gamme de couleurs contenue. Sur l’affiche, Andréa porte encore le tailleur-pantalon comme une position de repli parfaitement connue. Mais le plateau introduit des vêtements moins fermés. Une veste kaki se pose sur une couche rouge, un blouson brun accompagne un jean, les volumes deviennent plus pratiques. La réalisatrice doit rester dehors, attendre, observer et recommencer. Le pouvoir ne se tient plus derrière un bureau ; il prend le vent, la poussière et les retards.
Ce déplacement change surtout la manière dont Andréa habite ses vêtements. À l’agence, la coupe droite prolongeait une certitude professionnelle, même lorsqu’elle était largement jouée. Sur le tournage, les couches se superposent et la silhouette paraît moins tranchante. Le jean ne signifie pas qu’Andréa devient soudain décontractée, ce serait lui prêter un talent qu’elle n’a jamais beaucoup exercé. Il indique plutôt que son autorité doit désormais fonctionner au milieu des câbles, des feuilles de service et des acteurs et autres techniciens qui attendent. La veste n’est plus seulement une frontière entre elle et les autres. Elle devient une pièce que l’on garde parce que la journée s’allonge. Andréa ne vend plus le pouvoir d’un acteur : elle doit fabriquer le cadre dans lequel il pourra exister.

Une armure conservée, mais devenue visible
Le film ne jette donc pas l’ancien vestiaire à la benne avec les dossiers d’ASK. Il le remet à l’épreuve. Le noir revient dans une tenue du soir plus dégagée, loin de la chemise de négociation. Les épaules restent franches, mais le cou et les bras peuvent apparaître davantage. Dans ces scènes, la tenue expose autant qu’elle protège. Andréa occupe toujours l’espace par sa posture, son regard et sa façon de rester droite lorsque le reste menace de céder. Camille Cottin joue ce maintien sans raideur décorative. Il suffit d’une veste ouverte ou d’une main occupée pour que l’assurance ressemble déjà à une opération de sauvetage.
Le contraste avec les autres personnages rend ce glissement plus lisible. Autour d’Andréa, les couleurs, les imprimés et les effets de présence circulent plus librement. Elle reste attachée aux aplats sombres et aux pièces simples, comme si abandonner l’uniforme risquait de disperser le personnage. Pourtant, le kaki, le brun et le denim introduisent une réalité moins abstraite que celle des anciens bureaux. Son nouveau pouvoir laisse des plis. Il dépend d’une équipe, d’un acteur principal et d’un tournage qui peut s’arrêter. Le vestiaire d’Andréa Martel ne raconte donc pas une émancipation par la couleur. Il montre une armure descendue sur le terrain : toujours sombre, toujours précise, mais désormais impossible à confondre avec une garantie.
Sources :
- Netflix – About Netflix, « Calendrier de sorties (France) », 13 septembre 2026.
- Netflix Media Center, « Call My Agent! The Movie », page officielle du film, consultée le 20 septembre 2026.
- Netflix France, « Dix pour cent : Le film | Bande-annonce officielle VF », 24 août 2026.
- Netflix France, « DIX POUR CENT, LE FILM | Extrait Exclusif », 2026.
- L’Éclaireur Fnac, Agathe Renac, « Dix pour cent : Netflix ressuscite les agents d’ASK le temps d’un film », 25 août 2026.
- L’Éclaireur Fnac, Louise Lepense, « Dix pour cent, le film : le plaisir des retrouvailles suffit-il ? », 10 septembre 2026.
- IMDb, « Dix Pour Cent Le Film — Distribution et équipe technique », consulté le 20 septembre 2026.




















