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Tissot PRX, l’acier accessible

Relancée en 2021 par la maison suisse Tissot, la Tissot PRX remet dans l’horlogerie contemporaine un design sport-chic né en 1978. Bracelet intégré, quartz ou mouvement automatique Powermatic 80, prix inférieur aux grandes références du luxe : en 2026, son histoire explique encore sa visibilité auprès des jeunes amateurs.

Tissot PRX : une Seastar de 1978 sortie des archives

Cinq ans après son retour, la Tissot PRX occupe toujours une large place dans le catalogue de la maison du Locle. Son point de départ remonte à 1978. Tissot lance alors, dans la famille Seastar, une montre étanche en acier animée par un mouvement à quartz. Elle ne porte pas encore publiquement le nom PRX sous lequel elle sera relue plus tard. Son boîtier plat protège le mouvement contre la poussière, les chocs et l’humidité. Un solide verre minéral complète cette construction pensée pour un usage quotidien. Le bracelet métallique prolonge directement la boîte, selon le langage sport-chic qui traverse alors l’horlogerie suisse.

Le réveil vient avec Sylvain Dolla, nommé à la tête de Tissot en 2020. À son arrivée, il redécouvre le modèle dans les archives, tandis qu’un chef de produit travaille déjà sur sa reconstruction. Il réclame un lancement en six mois. L’équipe en met huit, ce qui reste assez vif pour l’industrie horlogère. La Tissot PRX revient en 2021, d’abord en quartz, dans un boîtier de 40 mm proche des lignes de 1978. Une version automatique Powermatic 80 suit la même année. Tissot rattache les lettres PR aux idées de précision et de robustesse, tandis que le X renvoie aux 10 bars d’étanchéité.

Un bracelet intégré, et presque toute l’affaire

La réussite visuelle de la Tissot PRX tient à la continuité entre sa boîte et son bracelet. La carrure légèrement tonneau reste plate, avec une lunette ronde et fine posée au centre. Autour, l’acier brossé absorbe la lumière, tandis que les arêtes polies la renvoient par éclats. Les larges premiers maillons partent directement du boîtier, puis le bracelet se resserre vers la boucle. Il n’existe donc pas de rupture nette entre la montre et son bracelet. Au poignet, cette ligne donne davantage de présence que le diamètre seul ne le laisse penser. La version de 40 mm peut ainsi occuper franchement un petit poignet, quand la 35 mm retrouve une proportion plus proche du modèle d’époque. Ce n’est pas un défaut caché, simplement une géométrie qu’il vaut mieux essayer avant de payer.

Le rapprochement avec l’Audemars Piguet Royal Oak et la Patek Philippe Nautilus est inévitable. La première apparaît en 1972, la seconde en 1976. Toutes deux installent durablement l’idée d’une montre de luxe sportive en acier, dessinée comme un ensemble continu. Sur la PRX automatique, le cadran gaufré accentue encore cet air de famille. La Tissot ne reprend pourtant ni la lunette octogonale à vis apparentes de la Royal Oak, ni la boîte en forme de hublot de la Nautilus. Elle ne partage pas davantage leurs mouvements, leur niveau de finition manuelle ou leur rareté organisée. Dans le catalogue Tissot, Sylvain Dolla la classe parmi les modèles classiques contemporains, loin du traditionalisme de la Le Locle et de la fonction plongeuse de la Seastar. La PRX vend donc l’idée visuelle du luxe en acier, pas son système de sélection à l’entrée.

Pourquoi la Tissot PRX séduit les jeunes amateurs

En août 2026, la Tissot PRX de 40 mm en acier est affichée à 395 euros en quartz et à 775 euros en automatique sur le site français de la maison. La première donne l’heure avec précision et réclame peu d’attention. La seconde utilise les mouvements du poignet pour remonter son mécanisme. Son Powermatic 80 peut accumuler jusqu’à 80 heures de réserve de marche. Une montre posée le vendredi peut donc encore fonctionner le lundi, sans petite séance de couronne au petit déjeuner. Les deux versions disposent d’un verre saphir et résistent à une pression de 10 bars, soit 100 mètres selon la norme annoncée. L’automatique ajoute un fond transparent et, sur les versions courantes, un cadran à relief carré.

Le prix n’explique cependant pas seul la place prise par la Tissot PRX. Son bracelet intégré offre un signe distinctif visible avant même de lire le nom sur le cadran. Sa silhouette fonctionne en boutique, au poignet et sur une vidéo verticale de quelques secondes. En décembre 2021, Sylvain Dolla affirmait qu’environ 80 % des acheteurs du modèle avaient entre 20 et 25 ans. Ce chiffre reste une déclaration de la maison prise au moment du lancement, pas une étude indépendante décrivant la clientèle actuelle. Dans des entretiens ultérieurs, le dirigeant a également évoqué des ventes vingt fois supérieures aux prévisions initiales et l’arrivée de clients de 18 ou 20 ans en boutique. Tissot a depuis multiplié les dimensions, les couleurs, les matériaux et quelques collaborations, au risque de transformer une référence simple en catalogue dans le catalogue. La PRX conserve pourtant une fonction claire : permettre de commencer dans l’horlogerie suisse avec une montre immédiatement reconnaissable.


Tissot : PRX – Site officiel

Sources :