Sorti le 26 juin 2026 chez Warner Records, The Wow! Signal est le dixième album studio de Muse. Le trio britannique y revient à son terrain favori : science-fiction, riffs massifs, synthés qui ne donne pas dans la dentelle, chœurs, cordes, apocalypse et regards vers l’espace. La presse internationale accueille plutôt bien ce disque, tout en restant divisée sur son goût du trop-plein. L’enjeu critique est simple : Muse a-t-il retrouvé de l’élan, ou seulement repeint sa fusée ?
L’avis de la presse internationale sur Muse et The Wow! Signal
La réception critique de The Wow! Signal est majoritairement favorable. Au 28 juin 2026, Metacritic affiche un score de 76, sur la base de sept critiques recensées, avec six avis positifs et un avis négatif. Le retour est clair : la presse entend un retour en forme, mais pas une révolution. Muse reste Muse.
Le Guardian résume assez bien cette tension. Alexis Petridis parle d’un disque à la fois absurde, spectaculaire et plus nuancé qu’il n’y paraît. Le titre de sa critique annonce la couleur : « stupendous space-rock silliness … yet somehow surprisingly subtle? » — une grandiose absurdité space-rock… et pourtant, d’une manière étrange, assez subtile ? Le journal insiste sur les chœurs latins (!!!), les orgues, les cordes, les guitares prog-metal et la voix de Matt Bellamy en pleine montée dramatique. Kerrang! suit une ligne proche, mais plus enthousiaste. Le média juge l’album « delightfully overblown » — délicieusement excessif — et ajoute qu’il n’est « never stupid » — jamais stupide. Avec Muse, c’est presque une consécration.
NME, d’après sa critique reprise par Metacritic, va plus loin. Le média britannique présente The Wow! Signal comme l’album le plus cohérent du groupe depuis Black Holes and Revelations. AllMusic parle aussi d’un disque solide, construit autour de morceaux plus convaincants que ceux des dernières années. Clash Music estime que Muse sort d’un cycle moins inspiré. musicOMH, toujours via Metacritic, nuance cependant l’accueil : le groupe peut encore fatiguer, et la voix de Bellamy reste une affaire de goût. Là aussi, rien de neuf. On aime ou on sort.
Le vrai contrechamp vient de The Quietus. JR Moores y signe une critique franchement hostile. Le média voit dans The Wow! Signal une nouvelle poussée de grandiloquence et de compression sonore. Far Out Magazine n’est pas tendre non plus. Le site reproche à Muse de continuer à chercher l’ambition partout, au lieu de chercher le retrait, la coupe, le silence. C’est le vieux débat autour du groupe. Muse construit des immeubles. Certains critiques demandent une tiny house.
Un disque Muse The Wow! Signal taillé pour le grand écran sonore
Sur le son, les médias s’accordent sur un point : The Wow! Signal ne fait pas petit. Le disque ouvre avec The Dark Forest, morceau décrit par plusieurs critiques comme un condensé du vocabulaire Muse. On y trouve chœurs, cordes, basse électronique, guitare en apesanteur et montée (très) dramatique. Louder parle d’un disque dense, resserré, dix titres en quarante-cinq minutes. C’est court pour Muse, ce qui ne veut pas dire discret.
Kerrang! entend dans The Dark Forest une sorte de thème de James Bond rétro-futuriste, avec synthés arpégés et chant massif. Le même média souligne le virage disco de Nightshift Superstar, porté par des synthés très années 80. Louder rapproche ce morceau d’un croisement entre Daft Punk et Hall & Oates. Le Financial Times s’y met aussi, dans une critique quatre étoiles, le média économique parle aussi d’un disque de grand rock théâtral, avec Queen, Pink Floyd et Justice dans le rétroviseur. Mais, ça, c’était déjà assumé par le groupe.
Les critiques repèrent aussi le retour de certains vieux gestes. Cryogen et Hexagons ramènent des riffs et des envolées qui rappellent le Muse des années 2000. VISIONS, média allemand, rapproche certains mouvements de Plug In Baby, Knights of Cydonia ou The Resistance. La presse entend un groupe qui revisite son propre musée, avec quelques nouvelles machines. Le disque ne gomme pas les tics. Il les organise mieux.
La présence d’Ellie Goulding sur Hush sert aussi de point d’accroche. Warner présente le morceau comme une recherche de connexion au milieu d’un événement apocalyptique. Louder y entend un duo mélodique et musclé. Kerrang! insiste sur ses riffs lourds, proches de la veine rock du groupe. VISIONS note que le morceau apporte un synth-pop plus expérimental dans l’album. Là encore, le contraste joue. La voix de Goulding apporte une lumière plus froide. Bellamy, lui, continue de chanter comme d’habitude.
Production, collaborateurs et cosmos très organisé
Warner indique que The Wow! Signal inclut l’écriture et la production de Dan Lancaster, connu notamment pour son travail avec Bring Me The Horizon et Blink-182. Lancaster joue aussi claviers et guitare additionnelle. Warner mentionne également une production additionnelle d’Aleks Von Korff et BloodPop, des voix de chœur, ainsi que des cordes du London Metropolitan Orchestra.
PM Studio reprend de son côté une déclaration de Matt Bellamy sur Dan Lancaster. Le chanteur explique que Lancaster est un ami du groupe, qu’il joue avec Muse en live depuis plusieurs années et qu’il connaît bien la réaction du public. Cette proximité semble compter dans le résultat. Le disque vise clairement l’impact en concert, pas seulement le concept. Les riffs doivent passer dans les stades. Les refrains doivent faire lever les bras. Les textures électroniques doivent tenir face aux guitares. C’est un album pensé pour être vu et vécu autant qu’écouté.
Le thème du disque part du Wow! Signal, signal radio détecté en 1977 et longtemps associé, dans l’imaginaire populaire, à l’hypothèse d’une origine extraterrestre. Pitchfork avait déjà relevé en mars 2026 que Muse avait annoncé l’album en envoyant une tablette à près de vingt miles d’altitude avec Sent Into Space. Le groupe y dévoilait le clip de Be With You. L’opération avait quelque chose de très Muse. Un autre groupe aurait publié une photo en studio. Muse regarde le ciel, loue une capsule, puis appelle cela une annonce. Au moins, la cohérence marketing n’est pas un problème. Le ridicule est maîtrisé, ce qui est presque une compétence.
Le contexte personnel de Matt Bellamy entre aussi dans plusieurs lectures critiques. The Sun rapporte que le chanteur a relié certains thèmes de l’album à une période intime plus difficile, après sa séparation avec Elle Evans et une expérience de parent seul. Cela éclaire la place de morceaux comme Be With You ou Space Debris, souvent lus par la presse comme des ballades de rupture cachées sous la mécanique cosmique.
Dans la discographie de Muse, un retour plus qu’un déplacement
The Wow! Signal arrive quatre ans après Will of the People, paru en 2022. La presse le lit souvent comme une correction. Simulation Theory avait tiré Muse vers un imaginaire rétro-80s très marqué. Will of the People avait été perçu par plusieurs critiques comme un disque de gestes déjà connus, presque un faux best-of de morceaux neufs. The Wow! Signal ne rompt pas avec cette logique de rappel. Et pourtant, les références internes sont nombreuses.
Le parallèle avec Black Holes and Revelations revient souvent. NME en fait le repère principal. The Guardian parle aussi d’une mise à jour du son de 2006. VISIONS entend plusieurs échos des grands albums de la période 2001-2009. Ce n’est pas innocent. C’est la zone où Muse a fixé son identité publique : riffs en spirale, voix au bord de l’opéra, science-fiction politique, rythme de cavalerie, romantisme de fin du monde.
Bref. La division critique tient donc moins à la qualité des chansons qu’à l’idée même de Muse. Pour Kerrang!, Louder, AllMusic ou NME, l’excès redevient une force parce qu’il paraît mieux tenu. Pour The Quietus ou Far Out, l’excès reste le problème, même mieux aligné. Les deux camps parlent du même groupe. Simplement, l’un voit une cathédrale électrique. L’autre voit un centre commercial avec orgue gothique. Les deux images ne sont pas incompatibles. Muse a toujours habité cet endroit bizarre, entre opéra spatial et salle de sport du rock progressif. Muse a juste repris le contrôle de son propre son. Le groupe ne s’allège pas. Il se concentre. Le vaisseau n’est pas neuf. Il a simplement cessé de perdre des boulons en plein décollage.
Muse : The Wow Signal ! (Torpack Ltd / Warner records) – Sorti le 26 juin 2026
Sources :
- The Guardian – Muse: The Wow! Signal review – stupendous space-rock silliness … yet somehow surprisingly subtle? – 2026
- Louder / Classic Rock – Muse: The Wow! Signal album review – 2026
- Kerrang! – Album review: Muse – The WOW! Signal – 2026
- Metacritic – The Wow! Signal by Muse Reviews and Tracks – 2026
- The Quietus – Muse – The Wow! Signal – 2026
- Warner Music Ireland – MUSE release tenth album The Wow! Signal out today – 2026
- Pitchfork – Muse Launch New Album The Wow! Signal in Space – 2026
- PM Studio – Muse Announces New Album “The Wow! Signal”, Shares New Song “Be With You” – 2026
- Far Out Magazine – Muse – The Wow! Signal album review – 2026
- VISIONS – Muse: The Wow! Signal (Review) – 2026






















