MUNA revient avec Dancing on the Wall, quatrième album annoncé pour le 8 mai 2026. Le trio de Los Angeles, formé par Katie Gavin, Naomi McPherson et Josette Maskin, poursuit un parcours commencé à l’université de Californie du Sud en 2013. Depuis About U, Saves the World et MUNA, le groupe a transformé la synth-pop en espace de désir, de réparation et de foule.
MUNA, trois musiciennes et une pop qui tient debout
MUNA naît à Los Angeles, en 2013, quand Katie Gavin, Naomi McPherson et Josette Maskin se rencontrent à l’université de Californie du Sud. Le groupe se construit d’abord comme une affaire de chambre, de répétition, de machines, de guitares et d’amitié. Les trois musiciennes avancent vers une pop électronique très dessinée, avec des synthés nets, des batteries programmées et des refrains qui ne cherchent pas l’abstraction. About U, leur premier album, sort en 2017 chez RCA. Le disque installe déjà ce mélange de tension sentimentale et de précision pop. Chez MUNA, la chanson d’amour n’arrive presque jamais sans arrière-goût. Elle garde la trace d’un message envoyé trop tard, d’une fête ratée, d’une honte qui colle encore au col… moins décoratif que beaucoup de pop dite intime, et c’est tant mieux.
Avec Saves the World, sorti en 2019, MUNA durcit son écriture sans perdre le goût de l’élan. L’album paraît toujours chez RCA, avec “Number One Fan”, “Stayaway” ou “Taken”. Les morceaux parlent de désir, d’évitement, d’ego, de dépendance affective, de cette petite comptabilité nerveuse que chacun fait après une rupture. La production reste brillante, mais le brillant ne sert pas à cacher. Il sert à mieux montrer les angles. Pitchfork notait alors une pop plus large, traversée par des récits de crise personnelle et de reconstruction. MUNA comprend vite une chose simple : on peut écrire une chanson triste qui donne envie de bouger. Ce n’est pas contradictoire. C’est même souvent plus honnête.
De RCA à Saddest Factory, le virage MUNA
Le vrai tournant arrive quand MUNA quitte le cadre d’une major. Le groupe est lâché par RCA autour de 2020. Normalement, c’est le genre de moment où une carrière peut s’éteindre sans grand bruit. Dans les faits, MUNA signe ensuite chez Saddest Factory Records, le label fondé par Phoebe Bridgers. En 2021, “Silk Chiffon”, avec Phoebe Bridgers, arrive comme une chanson plus lumineuse, plus directe, presque insolente dans son plaisir. Le morceau garde une écriture précise, mais il ouvre les fenêtres. On entend moins la stratégie que le soulagement. C’est rare, donc visible.
Le troisième album, MUNA, sort en juin 2022 chez Saddest Factory et Dead Oceans. Il marque une bascule nette vers une pop plus affirmée, plus joueuse, moins embarrassée par son propre plaisir. Pitchfork y voit le groupe entrer pleinement dans un rôle de pop stars et de guides, avec des chansons sur l’amour, la reprise de soi et la joie. Il faut se méfier du mot joie, souvent utilisé comme un autocollant. Chez MUNA, elle reste travaillée, parfois cabossée, jamais posée comme une solution magique. “What I Want” pousse le corps vers la piste. “Kind of Girl” baisse le volume et regarde ailleurs. “Silk Chiffon” donne au public un refrain qu’il peut porter sans notice. MUNA trouve là son meilleur format : assez large pour rassembler, assez personnel pour ne pas sonner creux.
MUNA sur scène, une communauté qui chante fort
MUNA est souvent décrit comme un groupe de pop queer. L’étiquette est juste, mais elle devient vite courte si elle remplace l’écoute. Le trio écrit des chansons qui donnent une forme sonore à des sentiments très concrets : vouloir être vu, vouloir disparaître, désirer trop, rentrer seul, revenir danser quand même. Sur scène, cette matière change d’échelle. Les refrains deviennent des phrases partagées. Les corps se rapprochent. Les téléphones s’allument, les bras montent, les voix couvrent parfois Katie Gavin. Ce n’est pas seulement une preuve de popularité. C’est une manière de transformer l’intime en espace commun, sans le rendre propre ni neutre. La pop adore parler de communauté ; MUNA, au moins, la laisse faire du bruit.
“I Know a Place” a cristallisé très tôt cette relation avec le public LGBTQ+. La chanson, sortie dans le sillage de About U, a été largement associée à l’idée d’un lieu sûr après la tuerie du Pulse à Orlando en 2016, même si certaines sources rappellent qu’elle n’a pas été écrite directement comme réponse à l’attaque. Cette nuance compte. Elle évite de transformer une chanson en communiqué, ce qui ne rend service ni aux victimes, ni à la musique. “I Know a Place” fonctionne parce qu’elle reste une chanson, avec sa promesse de refuge, son rythme, sa voix qui avance sans trop appuyer. MUNA ne fabrique pas un sanctuaire blanc et silencieux. Le groupe imagine plutôt une pièce où l’on respire mieux, avec des basses, des regards, des épaules qui se touchent. Ce n’est pas un paradis. C’est déjà beaucoup.
Dancing on the Wall, la fête avec le mur en face
Dancing on the Wall est annoncé comme le quatrième album studio de MUNA, attendu le 8 mai 2026 chez Saddest Factory Records et Secretly Group. Pitchfork le présente comme le premier album du trio en quatre ans, après MUNA en 2022. Le disque est porté par le single titre, “Dancing on the Wall”, et par un thème annoncé autour du risque émotionnel, de la solitude et de la catharsis collective. Le titre de l’album résume bien l’affaire : danser, oui, mais contre une surface dure. MUNA ne vend pas une fête sans lendemain. Le groupe sait très bien que le lendemain existe, et qu’il arrive souvent trop tôt.
MUNA : Dancing on the Wall – (Saddest Factory Records) – Sortie le 8 mai 2026
Sources
- Pitchfork – Muna Announce First Album in Four Years, Share Song – 2026
- Pitchfork – MUNA – 2022
- Pitchfork – The Radical Joy of MUNA’s Queer Pop – 2022
- NME – MUNA: “We believe in taking moments of freedom and love” – 2022
- i-D – MUNA created their own safe space, and want you to join them there – année non disponible
- NYLON – MUNA Are The Queer Icons Today’s Youth Deserves – 2017
- DIY – All about MUNA – 2017
- Associated Press – Q&A: Muna’s Katie Gavin on comfort music, creative freedom and her debut solo record – 2024
- Bandcamp – Dancing On The Wall by MUNA – 2026

















