Sofia Coppola a consacré son premier documentaire à Marc Jacobs. Marc by Sofia a été présenté hors compétition à la Mostra de Venise en septembre 2025, avant une sortie en salles à New York le 20 mars 2026, avant une sortie nationale américaine le 27 mars 2026. Le film suit le créateur pendant la préparation de sa collection printemps 2024 à New York.
Un documentaire qui arrive par la porte de côté
Le titre dit déjà presque tout. Marc by Sofia reprend la grammaire de la marque, mais déplace le regard. A24 le présente comme un “portrait intime” de Marc Jacobs. La Biennale de Venise parle, elle aussi, d’un portrait “intime” et “non conventionnel”. Sofia Coppola y ajoute une ligne plus précise : montrer le processus créatif de son ami et relier ses inspirations à de nouvelles générations. On est donc loin du film-dossier, du CV filmé et du musée sous verre. Le sujet n’est pas “qui est Marc Jacobs ?” en gros caractères. Le sujet est plutôt : comment il travaille, et ce que ce travail fait encore bouger autour de lui.
La matière du film ? Marc Jacobs et son équipe y préparent le défilé femme printemps 2024 à New York. The Cut parle d’un suivi du studio et de la mise en place du show. L’AFP, reprise par FashionNetwork France, évoque des interviews, des archives, les coulisses de l’atelier et le stress juste avant le défilé. Coppola dit qu’elle ne voulait ni arc dramatique forcé ni intrusion inutile. C’est une promesse de cinéma, mais aussi une petite manière d’esquiver le réflexe documentaire le plus paresseux : chercher la crise comme on cherche la lumière. Ici, la lumière vient plutôt des planches d’inspiration, des silhouettes, des perruques oversize, des cils Twiggy et d’un créateur qui tourne autour de ses idées sans faire semblant d’avoir un plan net dès le départ.
L’ami, l’atelier, et pas beaucoup de garde-fous
Le film repose sur une vieille alliance. On parle d’une amitié d’environ trente ans. Dans The Cut, Marc Jacobs dit clairement qu’il n’aurait accepté le projet que si Sofia Coppola le réalisait. Ce n’est pas un détail. C’est même la clé du dispositif. Coppola connaît les gens du studio, les habitudes, les silences, la circulation des images et des références. Elle peut rester là sans transformer l’atelier en aquarium. Cette proximité donne au film son ton, mais elle pose aussi sa limite d’avance. Un portrait par une amie n’est pas un contre-interrogatoire. Ce n’est pas forcément un problème. C’est juste la règle du jeu.
Les sources concordent sur la méthode. L’AP évoque un tournage sans script, avec peu de contraintes et une forme assez légère. People parle d’une petite équipe et d’un film tourné sur douze semaines avant le défilé printemps 2024. The Cut insiste sur un documentaire sans grand retournement ni breakdown à l’écran. Coppola, elle, explique qu’elle voulait observer un processus, pas fabriquer artificiellement un sommet de tension. Cela donne un film qui regarde les gestes, les retours en arrière, les références, les hésitations et cette manière très Marc Jacobs de laisser une collection arriver par détours. En clair, le documentaire ne cherche pas à “dézipper” le personnage à tout prix. Il reste près de la surface des choses, mais cette surface est travaillée, nerveuse, pleine de signes, de mémoire et de goût.
Une réception partagée, presque logiquement
Sur la réception, les sources ne racontent pas tout à fait la même histoire, et c’est là que le film devient plus intéressant. Vogue voit dans Marc by Sofia un collage vif qui plonge dans l’univers mental, les références et les obsessions de Marc Jacobs. Deadline parle d’une exploration de son art et de sa créativité. The Hollywood Reporter résume le film comme un parcours à travers sa carrière et ses inspirations. Puis Variety refroidit un peu la température : le magazine juge le résultat agréable, mais pas particulièrement révélateur sur l’artiste, l’homme ou l’homme d’affaires. Autrement dit, certains voient un portrait sensible; d’autres, un bel accès qui reste poli. Le désaccord n’est pas un bug. Il décrit assez bien la nature du projet.
C’est peut-être même la vraie ligne du film. Pas une excavation. Pas un règlement de comptes. Pas non plus un objet de communication, si l’on en croit Coppola, qui parle d’un projet personnel et non commercial. Le documentaire avance donc sur une crête étroite : assez proche pour être singulier, pas assez cruel pour satisfaire les amateurs de révélations. On peut y voir une limite. On peut aussi y voir une fidélité de forme au sujet filmé. Marc Jacobs n’y est pas réduit à ses postes passés chez Louis Vuitton ni à sa légende “grunge” chez Perry Ellis, même si ces épisodes affleurent dans les sources et dans les archives mentionnées. Il est montré dans ce qui tient encore debout aujourd’hui : un atelier, des références, des nerfs, une silhouette en train de se faire. Pour un documentaire signé Sofia Coppola, c’est presque une anti-performance. Donc, fatalement, un geste assez cohérent.
Marc by Sofia de Sofia Coppola – Pas de date de sortie en France
Sources :
- A24 – Marc by Sofia
- La Biennale di Venezia – Marc by Sofia – Cinema (2025)
- La Biennale di Venezia – Marc by Sofia – Biennale Cinema 2025
- The Cut – Marc and Sofia on Marc by Sofia
- FashionNetwork France – La « lettre d’amour » de Sofia Coppola à Marc Jacobs présentée à Venise
- Associated Press – Marc Jacobs let Sofia Coppola film with ‘no off limits’ – and didn’t hate himself after
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