Le Cabaret Vert fêtera ses 20 ans du 20 au 23 août 2026 à Charleville-Mézières, dans les Ardennes. La programmation 2026 est presque bouclée, avec une quarantaine de nouveaux noms annoncés ces derniers jours et un dernier suspense réservé au Zion Club. Le festival reste fidèle à sa formule : plusieurs scènes, des styles qui se croisent sans demander pardon, et une ligne durable martelée depuis ses débuts. En clair, le Cabaret Vert souffle ses bougies sans ranger les amplis.
Un festival né dans les Ardennes, pas dans un moodboard
Le Cabaret Vert est né en 2005, porté par l’association FLaP, créée en 2003 par des Ardennais qui voulaient faire exister un événement culturel d’envergure sur leur territoire. Le rendez-vous s’est installé à Charleville-Mézières, au Square Bayard, à deux pas de La Macérienne et au bord de la Meuse. Ce décor compte. Ici, le festival ne joue pas à la carte postale champêtre ni au grand barnum hors-sol. Il pousse dans une ville, avec son passé industriel, sa géographie frontalière et sa circulation de publics venus des Ardennes, de Belgique, du Luxembourg et d’un peu plus loin. Le site officiel le présente comme un temps fort culturel de la fin d’été dans le nord-est de la France. Pour un festival qui s’appelle Cabaret Vert, la formule a au moins le mérite d’éviter le vert fluo.
Ce qui distingue le Cabaret Vert, ce n’est pas seulement l’empilement de concerts. Le festival revendique depuis sa première édition une identité d’« éco-festival » qui mêle protection de l’environnement, développement économique local et utilité sociale. Sur son site, l’organisation détaille une série d’engagements très concrets : restauration durable, mobilité douce, réemploi, recyclage, biodiversité, accessibilité, lutte contre les discriminations, soutien à la diversité culturelle. Elle met aussi en avant son programme DECARB-ON!, lancé pour structurer la réduction des émissions et partager des pistes de décarbonation à l’échelle des grands festivals. Le durable, ici, n’est donc pas un sticker collé sur un gobelet. C’est un argument de structure, répété, documenté, presque obsessionnel. Et pour une fois, l’obsession a l’air de servir à quelque chose.
Une programmation 2026 qui préfère les collisions aux chapelles
Pour son édition anniversaire, le Cabaret Vert 2026 aligne une programmation presque complète, avec le Zion Club encore à venir. L’affiche fait cohabiter Deftones, Turnstile, Body Count ft. Ice-T, Nick Cave and the Bad Seeds, Underworld, Feu! Chatterton, Kygo, Charlotte Cardin, GIMS, Josman ou encore Ofenbach. À cela s’ajoute la nouvelle vague d’annonces : Speed et Basement le jeudi, Sparks et Cat Power le vendredi, Brutalismus 3000 le samedi, puis Noga Erez, Girls Don’t Sync, Urumi ou Todiefor le dimanche. Le principe reste le même : faire circuler le public du rock au rap, de la pop à la techno, de la soul à l’électro, sans transformer l’ensemble en foire au grand écart. L’éclectisme est souvent un mot pratique pour masquer le bazar. Ici, il ressemble plutôt à une méthode.
La répartition des journées dit beaucoup du ton 2026. Le jeudi attaque franchement aux guitares avec Ultra Vomit, Last Train, Rise of the Northstar, Basement, Speed, Delilah Bon et Théa. Le vendredi mélange monuments, écritures et détours de style avec Nick Cave and the Bad Seeds, Underworld, Sparks, Cat Power, Feu! Chatterton, Sébastien Tellier, Gringe, Isha & Limsa d’Aulnay, Timar, 2L ou Pale Jay. Le samedi fait monter la pression plus électronique avec Kygo, Brutalismus 3000, Marcel Dettmann, Lessss, Kimberlaid, tout en gardant Charlotte Cardin, Faye Webster, Marguerite et Theodora dans le champ. Le dimanche ferme la marche avec GIMS, Josman, Ofenbach, Noga Erez, Girls Don’t Sync, Todiefor et Urumi. Quatre jours, donc, et plusieurs façons de transpirer. Le Cabaret Vert aime les familles nombreuses, y compris celles qui ne se parlent pas d’habitude.
Vingt ans, et toujours l’art de brasser large
L’édition 2026 joue clairement la carte intergénérationnelle. Sparks et Underworld ramènent des décennies de scène. Cat Power revient avec The Greatest, album qui a eu 20 ans en 2026. À côté, le festival installe des artistes plus récents ou en pleine accélération, comme 2L, Timar, Marguerite, Delilah Bon, Théa, Jeune Morty, Huntrill ou Linlin. Ce mélange n’a rien d’innocent. Il raconte une manière de faire festival où la nostalgie sert d’aimant, mais pas de programme politique. Le Cabaret Vert préfère les croisements aux commémorations en costume.
Il faut aussi regarder ce qui se passe à côté des têtes d’affiche. Le festival continue de réserver une place aux groupes du Grand Est, avec Amper, Goya, Aibohphobia, Navyblu, Heb, Louise XIV, Damaghead, Thomas Schmahl et Jeri annoncés pour cette 20e édition. Cette présence locale colle à sa logique territoriale : grand rendez-vous, oui, mais sans couper le câble avec les scènes voisines. Le Zion Club, encore absent de la liste complète au moment de l’annonce, rappelle aussi que le Cabaret Vert garde une part de programme en suspens, comme pour éviter la sensation de dossier clos trop tôt. Au fond, ses vingt ans ne sont pas traités comme un anniversaire patrimonial. Plutôt comme une bonne occasion d’en remettre une couche.
Le Cabaret vert – du 20 au 23 août 2026 – Charleville-Mézières – Site officiel
Photo : R.Chanteloup






