Le 13 février 2026, une chanson sort discrètement sur les plateformes. Pas de fanfare, pas de machine promotionnelle visible. Juste un titre, « Moroccan Cinderella », et un nom de scène : Tilila. Derrière, une femme : Ghita Marrakchi, née à Casablanca, formée au Berklee College of Music à Boston (ce que certains appellent le Harvard de la musique), et passée par Los Angeles, Miami, l’Espagne, la Suisse. Une biographie qui ressemble moins à un CV qu’à une carte du monde.
Le morceau ne s’excuse de rien. Anglais, français, darija : les langues se succèdent sans crier gare, comme autant de pièces d’une identité qu’on ne cherche plus à simplifier. Casablanca est citée. Coachella aussi. Entre les deux, il y a une déclaration : celle d’une femme nomade qui a décidé d’écrire sa propre histoire plutôt que d’attendre qu’on la lui raconte. Ce titre est, selon ses propres mots, une réponse à ceux qui ont parfois douté : la fille marocaine qui revendique ses origines sans permission.
Le choix du prénom de scène n’est pas anodin. C’est pendant le Covid, sur suggestion de sa mère, qu’elle découvre « Tilila » — un prénom berbère ancien qui signifie liberté. Le mot s’impose immédiatement, comme une évidence. Il marque aussi une ligne de partage nette entre la vie privée et la vie d’artiste, entre Ghita Marrakchi et celle qu’elle devient sur scène.
Le clip, lui, fait son chemin sans bruit et sans budget colossal apparent : plusieurs centaines de milliers de vues en quelques jours sur YouTube, portées par une pop courte, dense, construite pour tourner en boucle.
« Moroccan Cinderella » est le troisième single d’une artiste qui construit son répertoire avec méthode. Après « Beaucoup », pop suave et élégante, puis « Cabaret », plus intense et frontal, ce nouveau titre s’impose comme le plus personnel. Il interroge aussi, en filigrane, la place des femmes dans la société marocaine. Dans le conte originel, Cendrillon attend son prince et sa pantoufle de verre. Ici, elle parle, elle bouge, elle vise loin… et elle garde la porte ouverte. Son premier album est attendu pour 2026. On commence à comprendre ce que ça promet.
Tilila : Morrocan Cinderella (Ghita Marrakchi) – Sortie le 13 février 2026






