The Lemon Twigs ont sorti le 11 mars 2026 le single “I Just Can’t Get Over Losing You”, premier éclat de leur nouvel album Look For Your Mind!, annoncé pour le 8 mai chez Captured Tracks. En même temps, le duo a mis en ligne un clip et dévoilé une tournée 2026 en Amérique du Nord, au Royaume-Uni et en Irlande. Le morceau avance en costume pop bien repassé, puis tire sur les coutures. Chez les frères D’Addario, la mélodie arrive rarement seule.
Une chanson qui fait semblant d’être sage
D’abord, il y a ces guitares nettes, presque brillantes, qui installent un décor familier. On croit entrer dans une chanson pop sans piège. Mauvaise habitude. Un pont qui arrive de biais, un refrain coupé en deux, puis une montée des harmonies de Brian D’Addario et d’Eva Chambers jusqu’à un final plus large que le format annoncé. Le morceau dure peu, mais il travaille en travers. C’est une chanson de séparation, oui, mais pas une chanson qui se contente de pleurnicher dans un coin. Elle préfère déplacer les murs pendant qu’on regarde ailleurs.
Brian D’Addario le dit sans trop tourner autour du micro : chaque tentative de faire simple finit chez eux avec un détail imprévu. La formule résume bien le morceau. “I Just Can’t Get Over Losing You” part d’un savoir-faire très ancien, la pop de poche, celle qui tient sur une poignée d’accords et une ligne de chant claire. Puis The Lemon Twigs y glissent un décroché, une cassure, une petite entorse. Rien d’ostentatoire. Juste assez pour éviter la reconstitution de musée, ce qui est toujours préférable quand on flirte avec les formes des années 1960.
Derrière le single, un album moins placide qu’il n’en a l’air
Le morceau ouvre surtout la porte à Look For Your Mind!, sixième album studio du groupe, attendu le 8 mai 2026 sur Captured Tracks. Sous son vernis pop, le disque est présenté par le label comme traversé par une humeur plus trouble, faite de paranoïa et de suspicion. Brian D’Addario résume cela par une phrase assez sèche : nous vivons, selon lui, “une époque de folie”, et il faut s’accrocher à son propre esprit pour ne pas le perdre. Le titre de l’album n’a donc rien d’un slogan décoratif. Il sonne plutôt comme une consigne de survie. Dans le paysage actuel, ce n’est déjà pas si mal.
Il y a aussi un changement concret en studio. Jusqu’ici, Brian et Michael D’Addario assuraient eux-mêmes l’essentiel des parties instrumentales sur leurs albums. Cette fois, le disque intègre des membres du groupe live, Reza Matin à la batterie et Danny Ayala à la basse, ainsi qu’Eva Chambers, du groupe Tchotchke. Un nouveau sentiment de liberté. Le mot n’est pas absurde. Quand un duo habitué au contrôle laisse entrer d’autres mains dans la pièce, cela change forcément la circulation de l’air, le poids des silences, parfois même la manière de finir une chanson.
Après Everything Harmony, l’étape suivante sans grand théâtre
Cette annonce s’inscrit dans la suite directe des deux précédents albums du groupe chez Captured Tracks, Everything Harmony en 2023 puis A Dream Is All We Know en 2024. Michael D’Addario explique que cette période a marqué le moment où le groupe a commencé à faire des disques qu’il avait réellement envie d’écouter lui-même. La phrase a le mérite d’être simple. Elle dit aussi quelque chose d’assez rare : une trajectoire qui se resserre au lieu de s’étaler. Pas de grand virage spectaculaire ici. Plutôt une ligne qui devient plus ferme, plus précise, et peut-être plus difficile à imiter.
The Lemon Twigs : I Just Can’t Get Over Losing You (Captured tracks)
Photo : Eva Chambers






