Prada a mis en ligne en mars 2026 sa campagne Prada Re-Nylon 2026, portée par Benedict Cumberbatch et Letitia Wright. Le projet accompagne la capsule Prada Re-Nylon for SEA BEYOND, présentée par la maison comme une capsule de cinq pièces en matériaux recyclés, avec la mer comme décor central et sujet assumé.
Une campagne qui sort du studio
Cette fois, Prada ne se contente pas d’aligner des silhouettes nettes et des sacs bien tenus. La campagne 2026 place l’océan au centre du cadre, au sens propre. Sur sa page officielle, la maison explique que la mer devient la protagoniste d’un dialogue entre action humaine et environnement naturel. Le vocabulaire est celui de la responsabilité, évidemment. Mais l’image ne repose pas seulement sur un slogan proprement repassé. Prada rattache le projet à SEA BEYOND, son initiative consacrée à la préservation des océans par l’éducation. Et elle ajoute à la campagne une série de documentaires produits avec National Geographic CreativeWorks. Le dispositif est plus narratif qu’un simple défilé de visuels publicitaires.
Le premier film, confirmé par Prada, suit Benedict Cumberbatch au large de la péninsule d’Izu, au Japon. La maison situe cet épisode dans un écosystème marin façonné par les courants et une géologie particulière. Cumberbatch y rencontre la photojournaliste Elisabetta Zavoli ainsi que l’ichtyologiste et pédagogue Sakana-kun, lié à un programme éducatif destiné à rapprocher des élèves du monde marin. La campagne a aussi été tourné entre Oahu, Hawaï, la péninsule d’Izu et Kamakura. L’écologie a aussi ses limites.
Motifs, matières, objets : la capsule garde les codes Prada, puis injecte de la couleur
Le nerf du sujet reste la capsule Prada Re-Nylon for SEA BEYOND. Prada parle d’une capsule de cinq pièces, présentée comme faite à 100 % de matériaux recyclés, hors étiquettes et éléments de construction comme les fils de couture et les élastiques. La maison précise aussi que ces pièces sont pensées pour être recyclables en fin de vie, sous certaines conditions techniques et via reprise en boutique. C’est du Prada : le discours est cadré, la note de bas de page est presque plus longue que la promesse. Mais au moins, le périmètre est écrit noir sur blanc.
Sur les pages produits et collections visibles en ligne, le vocabulaire concret apparaît vite. On retrouve des backpacks, des bucket hats, des pouches pliables, un rain jacket, ainsi que des vestes légères ou bomber selon les pages consultées. Prada insiste cette saison sur une palette plus vive que d’habitude. La presse évoque des tons allant du jaune canari au bleu ciel, au vert et à l’orange ; Prada parle, plus sobrement, d’une palette Re-Nylon élargie par des teintes plus intenses. Le matériau, lui, reste le pivot : un nylon régénéré issu de plastiques recyclés et, selon les pages explicatives de la marque, de déchets plastiques collectés notamment dans l’environnement marin, puis retraités. Ce n’est pas un renversement esthétique complet. C’est plutôt le même alphabet Prada, avec un marqueur chromatique plus appuyé.
L’objet qui aimante les images est sans doute là : le sac à dos Re-Nylon. Il résume toute la capsule. Fonctionnel, immédiatement lisible, assez technique pour tenir le discours outdoor, assez urbain pour rester Prada. Le bucket hat suit de près, parce qu’il fait exactement ce que Prada sait faire avec le nylon depuis longtemps : prendre une forme simple, presque banale, et la rendre emblématique par la matière, la ligne et le contexte. La pouch pliable ajoute le geste du départ, du rangement, du déplacement. Le rain jacket apporte la météo au récit. Et le tout dessine moins une garde-robe qu’un petit kit de circulation : on transporte, on couvre, on plie, on repart. Rien de très lyrique. C’est même l’intérêt.
Quand, où, comment porter : dehors, en ville, sans jouer au marin
Porter Prada Re-Nylon 2026, ce n’est pas forcément singer une expédition au large. La capsule semble plutôt pensée pour cet entre-deux que les maisons adorent : la ville qui veut garder l’air de pouvoir partir tout de suite. Le backpack fonctionne pour un trajet quotidien, un week-end court, un bureau sans costume strict, ou une journée de déplacements où l’on préfère un vrai sac à une idée abstraite du style. Le bucket hat tient mieux en vacances urbaines, en bord de mer, en trajet estival, ou pendant une journée dehors où la lumière tape franchement. La pouch et le sac pliable relèvent du même réflexe : garder l’essentiel à portée, sans surcharger la silhouette. Prada ne vend pas un uniforme de plage. La maison vend une mobilité très contrôlée.
Le bon usage, ici, tient à une règle simple : laisser une pièce parler, calmer le reste. Un rain jacket ou un backpack vif peut tenir seul sur un pantalon sobre, un tee-shirt sec, une chaussure sans commentaire. Les couleurs plus franches signalées par la presse et les pages produits appellent justement ce dosage. Trop d’accents, et la silhouette vire brochure technique. Une seule pièce forte, et Prada retrouve ce qu’elle sait faire depuis longtemps avec le nylon : installer une tension entre utilité et netteté. Pour un dîner informel, une traversée de ville, un départ de gare, un vernissage un peu debout, cela tient. Pour un bureau très codifié, le backpack ou la pouch passeront mieux que le total look Re-Nylon. Ce n’est pas une capsule pour jouer au héros écologique. C’est une capsule pour avoir l’air prêt, ce qui, chez Prada, est déjà tout un décor.





Prada : Site officiel
Sources :
- Prada — Prada Re-Nylon 2026
- Prada — Prada Re-Nylon collection / sustainability page
- 10 Magazine USA — Prada Re-Nylon Returns With Benedict Cumberbatch and Letitia Wright
- HERO — Benedict Cumberbatch and Letitia Wright front Prada Re-Nylon
- Jing Daily — Prada’s Re-Nylon 2026 collection spotlights marine biodiversity
- Fucking Young! — Prada Re-Nylon 2026 Campaign






