Un coureur noue ses lacets, ajuste, frappe le sol du bout du pied. Pas de scratch ici — seulement de la mousse, du caoutchouc, et ce rituel silencieux qu’on répète matin après matin. La promesse, elle, tient en peu de mots : conserver ses habitudes, mais retrouver quelque chose de vivant sous la semelle.
Le classique qu’on met à jour comme on retouche un texte
La Pegasus occupe une position un peu singulière : chaussure “par défaut” pour des milliers de coureurs, et c’est précisément ce statut qui la rend si exposée. On la croise partout parce qu’elle sert à tout : l’entraînement quotidien, le long dimanche, le footing du mardi soir sans ambition particulière. Nike la présente comme un modèle workhorse, et le mot dit bien ce qu’il veut dire : elle tire, elle travaille, elle ne fait pas la star. Sauf qu’en 2026, même la bête de somme doit donner l’impression d’avoir un peu de ressort.
C’est précisément là que vise cette version 42 : redonner du répondant sans changer de vocation. L’argument principal tourne autour d’une unité Air Zoom incurvée courant sur toute la longueur du pied, là où les versions récentes préféraient des pods plus localisés. Nike évoque une sensation plus propulsive, plus continue, plus fluide dans la transition. Moins de zones, en somme, plus de ligne.
Le chiffre qu’on retrouve partout n’a rien de poétique : +15 % de retour d’énergie par rapport à la Pegasus 41. C’est l’argument le plus martelé dans les textes de lancement, repris fidèlement par la presse spécialisée. Le genre d’annonce qui ne dit pas comment vous courrez, mais comment on souhaite que vous l’imaginiez… avant même le premier trottoir.
Sous la semelle, un détail qui change l’humeur
La mousse ReactX reste au cœur de la construction, comme sur la 41, mais avec une géométrie revue, selon Nike. Il ne s’agit pas de tout reconstruire : c’est un réglage fin, un recalibrage dans la même famille. Et c’est là que la Pegasus joue son numéro favori — faire passer une évolution pour un geste presque discret, presque administratif.
Le détail le plus concret se lit en millimètres plutôt qu’en slogans. Nike annonce trois millimètres de mousse supplémentaires sous l’avant-pied, précisément sous les orteils, sans pour autant modifier la hauteur globale de la chaussure. Tom’s Guide confirme que les cotes mesurées restent à 37 mm au talon et 27 mm à l’avant, comme sur la 41. C’est peu et c’est pour ça que ça compte. C’est exactement cette zone-là qui décide si les derniers kilomètres sont “corrects” ou “encore cinq minutes à grimacer”.
L’autre correction saute davantage aux yeux : la forme. Nike annonce un chaussant revu, une toe box plus généreuse, un toe spring accentué, une courbe d’avant-pied plus prononcée. Le vocabulaire est technique, mais l’intention est simple : laisser le pied respirer, laisser la foulée rouler plutôt que se heurter. On n’est pas dans la révolution — on est dans ce léger frottement qui, soudain, disparaît.
Reste la question de réception, celle qui circule à mi-voix dans les conversations de coureurs. Plusieurs médias avaient noté que la Pegasus, ces dernières années, était devenue fiable sans être désirable : solide, mais un peu sage face à des concurrentes plus nerveuses. La 42 arrive donc comme une réponse à une plainte formulée poliment : ça fait le travail, mais ça ne donne pas envie. En 2026, Nike ne cherche pas à réinventer la Pegasus. Il essaie simplement de lui rendre une humeur.






Nike : Pegasus 42 – Disponible le 9 avril 2026 – Site officiel
Sources :
- Fucking Young! – Nike Updates Its Longest-Running Shoe With the Pegasus 42
- Nike.com – A Powerful Update for the Beloved Nike Road Running Shoe
- NIKE, Inc. Newsroom – A Powerful Workhorse and the Best Pegasus Ride to Date
- WWD – Nike Pegasus 42, ACG Pegasus Trail Release Dates
- Tom’s Guide – Nike’s most popular running shoe is getting a major update – meet the Pegasus 42
- Forbes – Nike Pegasus 42: Major Change For One Of The Most Popular Running Shoes






