Fondée en 2023 sous la direction artistique d’Ahmed Hassan, KML est une maison de mode masculine conceptuelle qui aborde le vêtement comme un champ de recherche. En explorant l’histoire de l’habillement humain et les principes traditionnels qui le structurent, la marque propose une lecture contemporaine du vestiaire masculin, pensée comme un geste culturel et collectif.
KML apparaît en 2023 comme une maison de mode masculine qui se définit d’abord par une méthode plutôt que par un style immédiatement reconnaissable. Sa création ne répond pas à une urgence commerciale ni à une réaction esthétique ponctuelle, mais à une volonté de recherche structurée autour du vêtement comme fait humain. Sous la direction artistique d’Ahmed Hassan, KML se construit sur une interrogation précise : comment l’habillement s’est constitué historiquement, comment il a accompagné les transformations des corps, des sociétés et des rites, et comment ces strates successives peuvent encore produire du sens aujourd’hui.
Le point de départ de KML n’est pas la tendance contemporaine, mais l’observation du temps long. La marque s’inscrit dans une lecture de l’histoire du vêtement masculin qui dépasse la mode occidentale moderne pour s’intéresser aux principes fondamentaux : protection, distinction, fonctionnalité, symbolique. Le geste fondateur consiste à considérer le vêtement comme un langage accumulé, fait de règles héritées, de gestes transmis, de fonctions parfois oubliées. Cette approche place la maison dans une position analytique : KML ne cherche pas à réinventer la forme par rupture, mais à la déplacer par interprétation.
Ahmed Hassan, au coeur de la communauté
Le travail d’Ahmed Hassan repose sur l’exploration des principes traditionnels, non comme des références décoratives, mais comme des systèmes porteurs de significations. Les constructions, les volumes, les usages sont abordés comme des archives vivantes. Chaque pièce est pensée comme le résultat d’un processus de recherche : comprendre d’où vient une forme, pourquoi elle existe, ce qu’elle produisait sur le corps et dans l’espace social, avant d’en proposer une lecture contemporaine. Cette méthode confère au vêtement une densité conceptuelle, sans le détacher de sa fonction première : être porté.
À ses débuts, KML s’adresse à un vestiaire masculin envisagé comme terrain d’expérimentation intellectuelle autant que physique. Le vêtement n’est pas conçu pour s’imposer visuellement, mais pour engager une relation consciente avec celui qui le porte. Il appelle une posture attentive, presque réflexive, où l’acte de s’habiller devient un geste de connexion à une mémoire collective plus large. Dans ce cadre, la silhouette n’est jamais spectaculaire ; elle agit par retenue, par précision, par charge symbolique discrète.
Ainsi, la naissance de KML marque l’émergence d’une maison qui considère la mode comme un champ de recherche culturelle. Son rôle fondateur n’est pas de proposer une nouvelle image de la masculinité, mais d’interroger les structures profondes qui ont façonné le vêtement masculin au fil du temps, et de rappeler que s’habiller reste, avant tout, un acte profondément humain.










