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Dr. Martens x BEAMS, le noir n’a pas dit son dernier mot

Dr. Martens relance sa conversation avec BEAMS autour d’une paire Lowell noire, présentée début mars 2026. Le projet remet en jeu une vieille méthode de la collaboration mode : prendre un classique, puis le dérégler juste assez pour qu’il regarde de travers. Ici, pas de feu d’artifice chromatique. Juste du noir, beaucoup de noir, et une drôle d’idée du patchwork.

Un classique, puis une torsion

Dr. Martens et BEAMS ne partent pas d’une feuille blanche. Ils repartent d’une forme déjà installée dans le vestiaire de la marque britannique, puis la forcent un peu. La Lowell sert de base. C’est une chaussure à quatre œillets, à l’allure massive, entre soulier de travail et moc toe épaissi. BEAMS y injecte son goût du “crazy pattern”. Le terme n’a rien d’un accident. Il désigne ici un assemblage de textures qui déplacent le regard sans quitter le noir. La paire reste sobre de loin. De près, elle devient beaucoup moins sage.

Le dispositif est simple, presque sec. Cuir lisse, cuir verni, suède, relief embossé façon croco : tout cohabite sur une même chaussure. Et les deux pieds ne se répondent pas tout à fait. L’asymétrie fait le travail. Elle casse l’uniforme sans le saboter. Chez Dr. Martens, ce genre de détail compte plus qu’un logo criard. Chez BEAMS, c’est une vieille habitude. Le résultat tient donc moins de la rupture que du réglage précis. Une sorte de désordre tenu en laisse.

Le noir comme méthode

Le plus intéressant n’est pas la silhouette seule. C’est le choix de ne presque rien concéder au spectaculaire. En 2026, beaucoup de collaborations cherchent encore à hurler avant même d’être portées. Celle-ci préfère le frottement discret. Noir sur noir, couture sombre, semelle épaisse, volume pesant. Il faut regarder deux fois. C’est peut-être le vrai luxe de l’affaire : demander un peu d’attention au lieu de la racketter.

Cette retenue n’empêche pas l’objet d’être très construit. La paire repose sur une semelle BEN à relief marqué, avec montage Goodyear et lignes épaisses bien dans le vocabulaire Dr. Martens. Mais BEAMS évite l’exercice patrimonial, toujours un peu raide quand il se prend trop au sérieux. La collaboration joue plutôt la perturbation légère. Elle garde l’ADN utilitaire de Dr. Martens, puis y glisse une logique de stylisme japonaise faite de décalages, de surfaces et de petits pièges visuels. Le soulier avance comme un bloc. La matière, elle, ne tient jamais en place. C’est là que la paire devient plus intéressante qu’un simple “drop”.

Une vieille alliance qui revient sans nostalgie

Cette collaboration a aussi une petite charge de contexte. Highsnobiety la présente comme un retour entre les deux maisons, six ans après leur dernière rencontre, dans le cadre des 50 ans de BEAMS. L’information compte, mais elle ne transforme pas la chaussure en objet commémoratif. On n’est pas dans la médaille ni dans la vitrine. On est dans une relance pragmatique. Revenir, oui. Se répéter, non. C’est assez rare pour être noté sans tambour.

Dr. Martens avait déjà travaillé avec BEAMS sur d’autres modèles, notamment autour de la 1461, avec zip métallique apparent, cuir lisse noir ou blanc, doublure co-brandée et boîte dédiée. La nouvelle Lowell pousse plus loin une idée déjà là : prendre une forme connue et la faire déraper par la construction, pas par le slogan. C’est souvent là que les collaborations vieillissent le mieux. Quand elles cessent de chercher l’événement et se concentrent sur la coupe, la matière, l’écart. Cette paire n’a rien d’un manifeste. Elle a mieux : une présence. Et ce n’est déjà pas si mal dans un marché qui confond encore souvent bruit et style.


Dr. Martens x BEAMS Lowell : disponible à partir du 5 mars – Site officiel