Hodakova arrive à la Paris Fashion Week avec une méthode suédoise et une manie très concrète : faire entrer la maison dans le vêtement. Le 2 mars 2026, sur un plateau fermé dominé par une longue table sombre, la marque montre une série de silhouettes dos nus, tendues, puis encombrées d’objets assumés : tasses, tapis, chaises, miroirs. Un défilé qui parle d’intime sans lyrisme, et qui teste la portabilité comme on teste une limite.
Hodakova, c’est une marque suédoise fondée en 2021 et portée par la designer Ellen Hodakova Larsson. Elle insiste sur des vêtements fabriqués à partir de matières régénérées, et elle en a fait une méthode, pas un argument. À Paris, le 2 mars 2026, elle montre sa collection femme automne-hiver 2026-2027 au calendrier officiel de la Paris Fashion Week. Le nom circule déjà comme un petit code entre initiés, mais le vestiaire, lui, ne cherche pas à plaire. Il cherche à déplacer. Il prend le quotidien au mot. Et il le rend portable juste assez pour que ça dérange.
La critique de Vogue Runway note que c’est son show le plus “révélateur”, au sens littéral comme au sens intime. La designer parle d’un travail qui “rentre” davantage, jusqu’à l’autobiographie. Le point n’est pas la confession, c’est le contrôle du cadre. On n’est pas dans l’excentricité gratuite, plutôt dans la précision d’un langage qui se serre. La nudité, quand elle arrive, n’a rien d’une promesse. Elle sert à faire ressortir la structure. Et la structure, chez Hodakova, vient souvent d’ailleurs que du vêtement.
Une maison montée sur un plateau
Vogue Runway décrit un décor fermé, des murs, et une longue table en bois sombre que les mannequins longent. La maison est posée comme une idée simple : le bâtiment abrite une personne, le vêtement abrite un corps, et le corps abrite un “soi”. Rien de mystique, juste un enchaînement de contenants. La salle devient alors une pièce à vivre, mais sans chaleur. La table ne sert pas, elle impose une distance. Le défilé ressemble à une circulation contrainte, comme dans un intérieur trop rangé. Et ce choix du “chez soi” coupe court au folklore de la Fashion Week.
Le vêtement s’ouvre sur une ligne que la designer qualifie d’“apron-like”, toujours selon Vogue Runway. Des manteaux et pantalons dos nus laissent apparaître les boxers. Ce n’est pas un strip-tease, c’est une découpe. La silhouette est étroite, tenue, presque sèche. Elle fait penser à une discipline, pas à une fête. Le corps apparaît parce que le vêtement se retire là où on ne l’attend pas. Et ça crée un malaise pratique, très efficace.
Quand l’objet refuse de se faire oublier
Puis Hodakova remet des objets au centre, sans chercher à les maquiller. Vogue Runway cite un petit soutien-gorge fait de tasses à thé. Un tapis devient un petit capelet. Des pièces intègrent des éléments de chaise, avec cette question simple que le texte pose lui-même : qui voudrait s’asseoir derrière une personne coiffée d’un dossier. Les miroirs reviennent comme accessoires, mais le papier insiste sur leur fonction d’introspection plutôt que de décoration. Certaines silhouettes blanches sont faites à partir de draps, comme si le lit venait marcher dehors. Et la scène glisse vers une idée moins “prêt-à-porter”, volontairement.
Le détail le plus parlant, ici, c’est ce qui “attache” le corps. Vogue Runway précise que les fils soyeux qui serpentent et se rejoignent au cou ne sont pas des mèches, mais des cordes de violon en crin de cheval. La référence beauté citée est celle d’un “pianiste en sueur”, bien habillé au départ, puis absorbé par l’action. C’est un fantasme de maîtrise qui finit en perte de contrôle, et on le voit dans les formes voûtées, celles qui serrent le corps au lieu de l’ouvrir. Dans un autre article, Vogue repère aussi, à Paris, une poussée de couvre-chefs très marqués, et y inclut Hodakova avec ses visages-miroirs et ses violons détournés. Là encore, l’accessoire ne décore pas : il masque, il renvoie, il complique. Et le défilé se referme comme il a commencé, avec un intérieur qui reste un peu inhabitable.
Hodakova : Site officiel
Sources :
- FHCM – Titre non disponible – 2025
- FHCM – Titre non disponible – 2026
- Vogue Runway – Hodakova Fall 2026 Ready-to-Wear Collection – 2026
- Vogue – From Hodakova to Vaquera, a Head-Scratching Trend Emerges in Paris – 2026






