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Rose Belmont : le costume gothique de la nouvelle héroïne de Castlevania

Rose Belmont, cheveux blonds et yeux bleus, porte un costume gothique au grand col turquoise bordé d'or.

Sorti le 15 octobre 2026, Castlevania: Belmont’s Curse installe Rose Belmont dans un Paris de 1499 envahi par les monstres. La fille de Trevor Belmont hérite du fouet familial, mais pas de son uniforme. Cuir, sangles, ceintures, foulard bleu et bras marqué par une malédiction : son costume gothique raconte une chasseuse de vampires qui tente de maîtriser ce qui lui échappe.

Paris en 1499 : une chasseuse de vampires habillée pour un autre siècle

Paris brûle, les cathédrales dominent les rues et les monstres surgissent de l’obscurité. Dans Castlevania: Belmont’s Curse, développé par Konami et Evil Empire avec le concours de Motion Twin, le Moyen Âge sert de décor à une guerre fantastique. Rose Belmont, la nouvelle héroïne du jeu, ne ressemble pourtant pas à une Parisienne de 1499. Sa tenue emprunte quelques éléments aux équipements anciens, sans chercher à reproduire un vêtement de la fin du XVe siècle. Les sangles rappellent les attaches militaires, les pièces ajustées évoquent une protection et les bordures dorées introduisent une touche presque héraldique. Mais l’ensemble appartient davantage au dessin animé d’action qu’à l’histoire du costume. Le buste est près du corps, les bras restent largement dégagés et plusieurs pans de tissu prolongent la silhouette. Rose n’est pas habillée pour représenter une époque : elle est dessinée pour traverser celle-ci à toute vitesse.

Sa silhouette repose sur une opposition entre des vêtements ajustés et des éléments beaucoup plus libres. Le haut clair contraste avec les pièces sombres qui enveloppent sa taille et structurent son buste. Des lanières brunes traversent la tenue, tandis que plusieurs ceintures et boucles métalliques occupent les hanches. Le bleu apparaît autour du cou, se prolonge sur les épaules et revient dans les longs pans de tissu bordés d’or. À cela s’ajoutent des bottes hautes, des accessoires de combat et une chevelure rousse dont une longue tresse accompagne les mouvements. Rien n’est parfaitement symétrique, ni dans les couleurs ni dans la répartition des détails. Cette accumulation pourrait donner l’impression d’un costume surchargé, mais elle organise au contraire le regard autour du torse, du bras et de la taille. Rose présente ainsi deux images simultanées : celle d’une combattante équipée pour survivre et celle d’une figure gothique dont chaque détail doit rester identifiable.

Rose Belmont en tenue de combat turquoise et noire, le visage marqué de rouge, entourée de fumée violette.
Rose Belmont apparaît au milieu de la fumée, son costume de chasseuse de vampires révélant sangles, brassards et ornements dorés.

Rose Belmont : le cuir, les sangles et la malédiction sous le costume

Chez Rose Belmont, les ceintures ne servent pas seulement à porter des accessoires. Elles découpent le corps en plusieurs zones et donnent au costume une structure presque contraignante. Une partie des attaches traverse le haut du vêtement, tandis que d’autres soulignent la taille et maintiennent visuellement l’équipement à sa place. Les matières à l’apparence de cuir apportent une épaisseur que ne possèdent pas les étoffes bleues. Les boucles et les garnitures métalliques renforcent cette impression de solidité. Pourtant, Rose ne porte pas une véritable armure intégrale : son costume protège autant son image qu’il suggère une protection physique. Le corps doit rester souple, disponible pour les sauts, les esquives et les attaques rapides. Cette tension entre maintien et liberté donne au personnage son allure particulière, comme si elle devait constamment tenir ensemble un équipement prêt à se disperser.

Mais le détail le plus révélateur de Rose Belmont n’est pas une pièce de vêtement. C’est son bras droit, marqué de rouge par la malédiction de Dracula. La couleur remonte de la main vers le coude et rompt brutalement avec le bleu, le blanc et les tons sombres du costume. Elle pourrait passer pour un gant spectaculaire, mais il s’agit bien d’une altération du corps, inscrite dans l’histoire du personnage. Voilà une différence essentielle : les ceintures peuvent se resserrer, les armes se ranger, mais cette marque ne s’enlève pas comme un accessoire. Rose porte également un jeu de tarot dont les pouvoirs occupent une place importante dans le récit et les combats. Ces cartes renvoient à un autre héritage, celui de sa mère Sypha Belnadès, morte après avoir été frappée par la malédiction de Dracula. Entre le fouet transmis par son père, les cartes liées à sa mère et le bras marqué par l’ennemi familial, Rose avance avec trois héritages qui ne s’accordent pas vraiment. Son costume donne une forme visible à cette contradiction : l’équipement semble maîtrisé, alors que le corps échappe en partie à son contrôle.

Un foulard bleu, un fouet et trois héritages : le costume à l’épreuve du mouvement

Le foulard bleu de Rose Belmont joue un rôle plus important qu’il n’y paraît. Avec son ample col et son étoffe déployée sur les épaules, il tient presque de la courte cape, sans en adopter complètement la forme. Sa couleur tranche avec le noir des pièces ajustées et les bruns de l’équipement. Elle devient encore plus visible devant les ciels rouges, les façades sombres et les intérieurs éclairés par les flammes. Lorsque Rose court, saute ou se balance grâce à son fouet, l’étoffe suit une trajectoire différente de celle du corps. La longue tresse rousse participe au même principe, dessinant une ligne supplémentaire derrière la combattante. Ces éléments ne sont pas nécessaires pour expliquer comment fonctionne une arme, mais ils rendent les déplacements immédiatement lisibles. Le costume dépasse alors son rôle décoratif : il accompagne l’animation et donne une présence à Rose, même lorsqu’elle n’occupe qu’une petite partie de l’écran.

Cette lisibilité devient essentielle dans un jeu où le fouet sert aussi bien à combattre qu’à franchir des obstacles. Le Vampire Killer, arme emblématique des Belmont, prolonge le bras de Rose en une chaîne mobile, tandis que les étoffes et la tresse amplifient visuellement ses déplacements. Tout paraît conçu pour produire une silhouette reconnaissable en plein mouvement, quitte à sacrifier une certaine vraisemblance vestimentaire. Les nombreuses sangles seraient probablement encombrantes dans un véritable affrontement, et les longs pans de tissu peu pratiques pour escalader des murs. Mais Castlevania ne cherche pas à habiller une combattante réaliste. Il cherche à dessiner une héroïne dont le joueur puisse lire instantanément la position, l’élan et les gestes. Le costume fonctionne précisément parce qu’il accepte cette contradiction entre apparence fonctionnelle et invention graphique. Le foulard n’est pas seulement là pour faire joli : il transforme chaque déplacement en image.

Les costumes alternatifs proposés dans certaines éditions du jeu ajoutent une autre lecture, plus directement liée à l’identité de Rose. Konami a prévu des tenues inspirées de Trevor Belmont, de Sypha Belnadès et d’Alucard. Ces variations ne constituent pas des étapes obligatoires de son évolution dans le scénario, mais elles permettent de confronter visuellement l’héroïne à trois figures importantes de l’univers Castlevania. Porter le style de Trevor revient à afficher l’héritage du chasseur, tandis que celui de Sypha rapproche Rose de la figure maternelle. La référence à Alucard introduit une autre esthétique, associée à un personnage situé entre l’humanité et le monde vampirique. Dans chacun de ces cas, Rose peut emprunter une apparence déjà chargée d’histoire. Son costume original conserve pourtant quelque chose que ces références ne peuvent lui donner : une identité construite autour de ses propres contradictions. C’est en ce sens que son vestiaire accompagne sa transformation, moins par une succession de nouvelles tenues que par une autre manière d’habiter celle qu’elle porte.

Rose Belmont ne cache pas sa malédiction sous une armure. Elle expose son bras rouge, serre ses ceintures et laisse flotter son foulard bleu. Le costume prétend tout organiser, mais son corps raconte déjà le désordre. C’est là que commence son histoire.


Castlevania : Belmont’s Curse (Konami / Evil Empire / Motion Twin) – Prix : 29,99 euros (version numérique) et 39,99 (version Physique) – Sorti le 15 octobre 2026 – Site officiel

Sources :

  • Konami — L’heure est venue de traquer les ténèbres : Castlevania: Belmont’s Curse est disponible dès aujourd’hui — 15 octobre 2026.
  • Konami — Characters, Castlevania: Belmont’s Curse Official Website — Date non indiquée.
  • PlayStation Blog — Castlevania: Belmont’s Curse – Compte rendu — 20 juillet 2026.
  • Creative Bloq — Castlevania: Belmont’s Curse review: a gorgeous return that plays it safe — 13 octobre 2026.
  • The Guardian — Castlevania: Belmont’s Curse review – every fantastical vampire-hunting vision is fulfilled — 13 octobre 2026.
  • The Metropolitan Museum of Art — Fashion in European Armor, 1400–1500 — Octobre 2004.