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Ibiza ’87 de Horace : la fête finit dans le maquis

Lancé en juin 2026, Ibiza ’87 de Horace est un parfum aromatique et boisé composé par Meabh McCurtin. Inspiré par le 41e anniversaire de Freddie Mercury au Pikes Hotel d’Ibiza, il mêle champagne, liège, thym, cyprès et labdanum. Les bulles ouvrent la soirée. Les herbes sèches la terminent.

Ibiza ’87 de Horace, un anniversaire sous pression

Ibiza ’87 est la nouvelle eau de parfum de Horace, lancée en juin 2026. Elle a été composée par la parfumeuse Meabh McCurtin. Horace la présente comme sa septième fragrance, après avoir construit son nom dans les soins pour hommes. La parfumerie n’est donc plus un rayon ajouté au fond de la salle de bains. Elle devient un territoire à part entière pour la maison française. La formule revendique 90,7 % d’ingrédients d’origine naturelle. Le concentré est fabriqué à la main à Grasse, selon Horace. Mais l’intérêt du parfum ne tient pas à cette comptabilité très contemporaine : il tient à la scène choisie.

Cette scène se déroule au Pikes Hotel, à Ibiza, le 5 septembre 1987. Freddie Mercury, chanteur du groupe Queen, y fête ses 41 ans, lors d’une soirée devenue l’un des grands récits du lieu. Horace utilise cet anniversaire comme point de départ d’Ibiza ’87. La marque retient le champagne, le liège, la chaleur, les plantes de l’île et l’idée d’une liberté nocturne. Elle évite, au moins dans la formule, le raccourci plage, noix de coco et crème solaire. Le décor appartient davantage à la pierre chaude et aux jardins secs qu’au transat. Mercury porte ce soir-là une chemise à manches courtes couverte de motifs vivement colorés, depuis entrée dans les souvenirs de Pikes. Ibiza ’87 ne cherche heureusement pas à sentir la chemise : il en garde l’aplomb.

Du champagne au maquis

L’ouverture d’Ibiza ’87 repose sur un accord champagne, accompagné de liège et d’aldéhydes. Ces derniers installent une fraîcheur vive, presque métallique. Ils donnent l’impression de bulles qui éclatent rapidement à la surface. Le champagne apporte une facette fruitée, légèrement sucrée et fermentée. Le liège coupe cet élan par une odeur plus sèche, chaude et boisée. La première minute ne ressemble donc ni à une eau d’agrumes ni à un parfum marin. Elle pétille, mais avec un peu de poids. La fête commence au moment précis où le bouchon vient de tomber, pas trois heures plus tard près des enceintes.

Le cœur change rapidement de paysage. Le genièvre, la sauge sclarée et le thym remplacent les bulles par un relief vert, aromatique et légèrement camphré. Le parfum sort de la coupe et prend le chemin du maquis. Le baume de sapin rejoint le labdanum et le cyprès dans le fond. Cette trame balsamique et résineuse épaissit l’ensemble sans le transformer en parfum d’hiver. Le labdanum ajoute une chaleur ambrée, avec une nuance presque cuirée. Le cyprès maintient une ligne plus sèche et plus verticale. Une fois posé sur la peau, Ibiza ’87 conserve finalement moins de la fête que du paysage.

Un parfum pour la nuit chaude

Ibiza ’87 semble conçu pour une soirée chaude davantage que pour le plein soleil. Sa tenue se place dans un registre moyen à soutenu, avec une projection plus forte au départ. Un dîner dehors, un bar après la plage ou un concert en plein air lui donnent un contexte naturel. Dans un bureau à neuf heures du matin, l’accord champagne risque de paraître… déplacé ?. Il vaut mieux le porter légèrement, surtout lorsque la chaleur persiste. Horace le classe parmi ses parfums pour hommes, mais sa construction ne réclame aucune virilité obligatoire. Il accompagne plus facilement un pantalon sombre, une chemise ouverte ou une veste légère. Inutile d’ajouter des palmiers sur le tissu : le parfum s’occupe déjà du décor.

La promesse d’une fête à Ibiza en 1987 aurait pu produire un cliché assez bruyant. Ibiza ’87 l’évite en grande partie en laissant les plantes prendre le dessus. Le champagne apporte le récit et l’effet immédiat. Le thym, la sauge et le labdanum apportent la matière et la durée. L’accord de liège lui donne un angle reconnaissable, même s’il peut s’effacer derrière les bois selon les peaux. Ce parfum ne reproduit pas les excès de Freddie Mercury, et c’est préférable. Il transforme une image en odeur sèche, chaude et nocturne, sans la noyer dans le sucre tropical. La fête finit dans le maquis : c’est là qu’Ibiza ’87 devient crédible.


Horace : Ibiza 87 – Site officiel

Sources :